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C. Alzieu et G. Ravoux
les effluents directement originaires des zones littorales immédiatement proches,
déversés par les émissaires urbains et industriels. Les difficultés rencontrées dans
l'estimation du bilan des apports par les fleuves du fait de la variabilité temporelle des
débits hydriques et particulates, et dans la maîtrise des sources amont de
contamination ne sont pas étrangères à ce comportement. Pourtant, les travaux
théoriques et les observations directes démontrent que les sources diffuses et multiples,
réparties sur les bassins versants, peuvent contribuer de façon significative à la
dégradation de la qualité des milieux littoraux.
Longtemps négligé, le transport atmosphérique apparaît de plus en plus comme
un vecteur d'émissions d'origine industrielle, urbaine et agricole vers l'océan. Ainsi, Van
Aalst et al. (1982, in Jickells 1988) ont montré, qu'en mer du Nord, les flux d'origine
atmosphérique de certains métaux atteignaient la moitié des apports totaux : le rapport
flux atmosphérique/autres flux est de 0,3 à 2,5 pour le zinc, de 0,3 à 1,3 pour le
cadmium, et de 0,7 à 2,6 pour le plomb. Du fait de l'indivisibilité des relations entre
sources et impacts et de l'extension géographique des transports, ces phénomènes
confèrent une autre dimension technique, et plus encore politique, au contrôle de la
pollution marine et terrestre.
2.3. Les mécanismes de dégradation et d'accumulation
La persistance des polluants en milieu aquatique dépend de leur résistance à la
dégradation par l'action du rayonnement UV (photolyse), de l'eau (hydrolyse), et des
microorganismes (biodégradation aérobie et anaérobie). On distingue ainsi trois types
de biodégradabilité :
- la biodégradabilité facile, qui caractérise les substances qui se décomposent lors
d'essais pratiqués dans des conditions proches de celles régnant dans le milieu
aquatique ;
- la biodégradabilité intrinsèque, à laquelle on aboutit lorsque les conditions
d'essai sont optimales (adaptation des organismes, expositions prolongées,...) ;
- la biodégradabilité finale, qui correspond à la transformation en substances
simples : CO , eau, sels minéraux,...
On considère comme facilement biodégradables les substances qui atteignent un
taux de dégradation de 60 % (ligne directrice OCDE) ou de 70 % (norme AFNOR),
au terme d'une période de 28 jours décomptés à partir du moment où la biodégradation
atteint 10 %. Les résultats des tests de biodégradation doivent être utilisés avec
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