12 - La conservation de la qualité des milieux littoraux
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2.1.3. Les rejets agricoles
Les activités agricoles sont par nature ubiquistes. Les apports sont diffus et
véhiculés par le réseau hydrologique. Ils consistent en matières organiques, éléments
nutritifs, charge microbienne et polluants chimiques (herbicides, pesticides). S'agissant
d'effluents diffus, il est ici aussi difficile, notamment pour la matière organique et les
nutrients, d'établir des bilans distinguant, dans les apports fluviaux, la part exacte
imputable aux activités agricoles, de celle provenant des agglomérations, des rejets des
industries agro-alimentaires, ainsi que des apports d'origine naturelle.
Une partie des flux de sels nutritifs donnés dans le tableau 12.2 pour quelques
grands fleuves européens est imputable aux activités agricoles des bassins versants, plus
précisément, à l'utilisation intensive d'engrais et aux produits du lessivage des lisiers.
L'intensification régulière de l'agriculture au cours des dernières années a eu pour
conséquence incontestable un fort accroissement des teneurs en sels nutritifs (nitrates)
dans les eaux souterraines (nappe phréatique). Cette intensification des pratiques
culturales arrive, dans certaines régions, à limiter la potabilité des réserves d'eau douce,
y compris vis-à-vis des activités d'élevage, et à perturber sérieusement le milieu marin et
les cultures marines.
Au cours des dernières années, l'intensification des élevages dans certaines
régions (Danemark, Pays-Bas, Bretagne) a conduit à de très fortes concentrations des
production "hors sol", particulièrement de porcs et de volaille. Les exploitations de ce
type produisent des volumes considérables de lisiers (déjections solides et liquides) qui
sont épandus sur les sols, fréquemment en excès par rapport à leur capacité de
rétention. Il en résulte, soit par déversement direct ou indirect, soit par lessivage lors
des précipitations, des apports très importants dans le milieu marin côtier.
Les principaux constituants du lisier (tabl. 12.3) proviennent des éléments non
assimilés de la ration alimentaire et des déchets des réactions métaboliques. Les urines
sont riches en azote issu de la dégradation des protéines ; les fèces sont constitués de
solides non digérés et de minéraux agglomérés par une substance colloïdale. Les lisiers
véhiculent par ailleurs de fortes charges microbiennes. Ainsi, les matières fécales d'un
porc renferment de 10
7 à 10
12 bactéries par gramme. La plupart sont sans pathogénécité
présumée pour l'homme. Néanmoins, il existe toujours un risque potentiel de présence
d'une flore pathogène associée (streptocoques, staphylocoques, salmonelles, Vibrio,
virus, ...).
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