12 - La conservation de la qualité des milieux littoraux
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Les usages récréatifs de la mer, dont la baignade, sont surtout contrariés par les
nuisances liées aux macro-déchets (goudrons, matériaux plastiques, ...) et par
l'insalubrité de l'eau et du sable imputable à des microorganismes (bactéries,
champignons,...).
L'antagonisme des différents usages ne s'exprime pas de façon équilibrée. Les
impératifs de santé publique, comme les performances de la pêche et des cultures
marines, dépendent directement de la qualité des milieux littoraux, alors que les
activités polluantes ne sont pas directement affectées par les effets de leurs propres
émissions dans l'environnement. La définition des normes de conservation de la qualité
du milieu doit donc prendre en compte, prioritairement, les exigences sanitaires et la
conservation de la productivité des ressources vivantes.
Ainsi, définit-on la pollution marine comme "l'introduction par l'homme,
directement ou indirectement, de substances ou d'énergie dans l'environnement marin
(y compris les estuaires) ayant pour conséquence des effets néfastes, tels que nuisances
pour les ressources vivantes, risques pour la santé humaine, entraves aux activités
maritimes (y compris la pêche), altérations de la qualité de l'eau de mer et réduction
des agréments" (GESAMP 1986). La protection de la qualité des eaux littorales visera à
prendre les mesures nécessaires pour assurer la compatibilité des différentes activités
maritimes et terrestres. Elle met en oeuvre des stratégies de conservation des milieux
ou de reconquête de leur qualité, basées sur la définition d'objectifs et de critères de
qualité, établis à partir des connaissances nécessaires aux diagnostics sur la nature et les
flux des différents altéragènes et leurs effets sur les écosytèmes et, donc, leurs usages.
A une exception près, ce chapitre aborde ces différents aspects. Les effets des
aménagements physiques sur les stocks naturels et cultivés en sont exclus. Non pas que
ceux-ci soient négligeables, bien au contraire ; mais l'analyse de ces impacts fait
essentiellement appel à l'écologie et à la dynamique des populations. D'autres chapitres
(4, 7, 18 et 19) abordent ces aspects et fournissent de bons exemples des problèmes
posés.
La rédaction de ce chapitre s'appuie largement sur l'expérience française qui
nous est plus familière. Dans la mesure où la pollution dépend de la nature et du niveau
de développement des activités humaines, en amont comme en aval, la présentation qui
suit est marquée par les traits de ce contexte. Comme dans tous les pays industrialisés,
les problèmes de conservation de l'environnement peuvent y être aigus, mais les moyens
d'action y sont aussi supérieurs. La situation française se caractérise, en outre, en aval,
par le développement de la conchyliculture et les habitudes alimentaires de consommer
crus les coquillages. Les exigences que ces particularités imposent accentuent
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