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J.-P. Troadec
Pour les pays en développement, la réduction du déficit alimentaire, l'insuffisance
des ressources halieutiques (pays enclavés, fermeture des secteurs traditionnels de
pêche hauturière), les effets induits sur l'économie, ... figuraient parmi les justifications
avancées. La croissance était recherchée par le progrès technique et la formation.
Pourtant, compte tenu de l'importance de la farine de poisson entrant dans la
fabrication des aliments, et du coût des produits, il est improbable que les modes
intensifs d'aquaculture (aquaculture de transformation) puissent combler le déficit
mondial en produits de la mer ; ciblés sur des espèces chères, il ne pourra satisfaire les
besoins spécifiques de la demande moins solvable des pays en développement (OCDE
sous presse). Pourtant, les modes extensifs de production n'ont pas toujours bénéficié
du même intérêt, alors qu'ils présentent plusieurs avantages pour les pays en
développement : ils sont plus consommateurs de main d'oeuvre ; plus simples à mettre
en oeuvre, leurs techniques sont plus facilement assimilables ; l'alimentation des
cheptels étant d'origine naturelle (aquaculture de production), leur potentiel physique
d'expansion n'est pas limité par la production de la pêche.
Plus généralement, ce n'est que tardivement que l'on s'intéressa aux contraintes
externes des différents modes de production aquacole. Celles-ci sont pourtant évidentes
au niveau des disparités qui séparent les productions et les taux de croissance de
l'aquaculture dans les principales régions du monde. Ces écarts révèlent l'existence
d'atouts et de contraintes, déterminants pour le progrès des aquacultures. Ainsi, le
premier bilan mondial (Anon. 1987) est révélateur (tabl. 1) :
- de la forte prédominance des formes extensives, des systèmes dulçaquicoles et
des modes artisanaux de production ;
- du poids des traditions et du savoir-faire accumulé : ainsi, l'écart entre les
productions de l'Afrique et de l'Asie ne peut s'expliquer seulement par des différences
dans les conditions naturelles ;
- d'une progression graduelle, allant du simple au complexe, par incréments
assimilables par l'ensemble des filières de production.
Tableau 1 - Production aquacole mondiale (1983, en millions de tonnes ; source : Anon.
1987).
Algues
2,4
Afrique
0,04
Crustacés
0,1
Amérique
du nord
0,3
Mollusques
3,2
Amérique
du sud
0,2
Poissons
4,4
Asie
8,4
Europe et
Proche Orient
1,2
Total
10,2
36
J.-P. Troadec
Pour les pays en développement, la réduction du déficit alimentaire, l'insuffisance
des ressources halieutiques (pays enclavés, fermeture des secteurs traditionnels de
pêche hauturière), les effets induits sur l'économie, ... figuraient parmi les justifications
avancées. La croissance était recherchée par le progrès technique et la formation.
Pourtant, compte tenu de l'importance de la farine de poisson entrant dans la
fabrication des aliments, et du coût des produits, il est improbable que les modes
intensifs d'aquaculture (aquaculture de transformation) puissent combler le déficit
mondial en produits de la mer ; ciblés sur des espèces chères, il ne pourra satisfaire les
besoins spécifiques de la demande moins solvable des pays en développement (OCDE
sous presse). Pourtant, les modes extensifs de production n'ont pas toujours bénéficié
du même intérêt, alors qu'ils présentent plusieurs avantages pour les pays en
développement : ils sont plus consommateurs de main d'oeuvre ; plus simples à mettre
en oeuvre, leurs techniques sont plus facilement assimilables ; l'alimentation des
cheptels étant d'origine naturelle (aquaculture de production), leur potentiel physique
d'expansion n'est pas limité par la production de la pêche.
Plus généralement, ce n'est que tardivement que l'on s'intéressa aux contraintes
externes des différents modes de production aquacole. Celles-ci sont pourtant évidentes
au niveau des disparités qui séparent les productions et les taux de croissance de
l'aquaculture dans les principales régions du monde. Ces écarts révèlent l'existence
d'atouts et de contraintes, déterminants pour le progrès des aquacultures. Ainsi, le
premier bilan mondial (Anon. 1987) est révélateur (tabl. 1) :
- de la forte prédominance des formes extensives, des systèmes dulçaquicoles et
des modes artisanaux de production ;
- du poids des traditions et du savoir-faire accumulé : ainsi, l'écart entre les
productions de l'Afrique et de l'Asie ne peut s'expliquer seulement par des différences
dans les conditions naturelles ;
- d'une progression graduelle, allant du simple au complexe, par incréments
assimilables par l'ensemble des filières de production.
Tableau 1 - Production aquacole mondiale (1983, en millions de tonnes ; source : Anon.
1987).
Algues
2,4
Afrique
0,04
Crustacés
0,1
Amérique
du nord
0,3
Mollusques
3,2
Amérique
du sud
0,2
Poissons
4,4
Asie
8,4
Europe et
Proche Orient
1,2
Total
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