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/. Boucher et J.-C. Dao
- variation des types de cycle sexuel et de gamétogenèse, traduisant une
adaptation au milieu imposée par la localisation géographique (Bayne 1975,
Sastry 1970 et 1979) ;
- différences de fécondité en fonction des conditions thermiques et trophiques
(Mac Donald and Thompson 1985 1986, Barber et al. 1988) ;
- absence de relation entre l'amplitude de la ponte, prise comme estimateur de la
fécondité, et le succès du recrutement, chez la coquille péruvienne (Argopecten
purpuratiis) (Wolff 1988).
Les prémisses d'une généralisation sont contenues dans ces observations. Leur
intégration est difficile parce que chaque étude est limitée, par le choix du processus et
de l'échelle d'analyse, à une perspective particulière. Dans une monographie
remarquable de la biologie de P. maximus, contrairement à Tang qui observe qu'une
ponte massive est déclenchée à la température de 10°C, Mason (1983) souligne que
celle de la ponte varie avec la date de la ponte dans la saison ! L'analyse de ces
phénomènes doit viser à comprendre comment, les divers aspects de la dynamique du
cycle sexuel étant régulés par la température, les écarts par rapport à une trajectoire
thermique centrale sont à l'origine des fluctuations de la fécondité. Le mécanisme agit
au niveau de la gamétogenèse, par conflit entre les effets de la température et un
rythme interne de maturation sexuelle. La photopériode est proposée comme
synchroniseur du rythme interne. L'hypothèse n'est pas nouvelle en physiologie de la
reproduction chez les espèces marines. Suivant les espèces et l'état des connaissances,
elle fait l'objet d'interrogations sur les mécanismes, ou de controverses sur les
déductions tirées d'observations en milieu naturel, particulièrement en zones tempérées
où photopériode et évolution thermique saisonnière se recouvrent. De toute manière, la
coquille Saint-Jacques doit apprécier l'évolution temporelle de la température, et
distinguer des tendances de réchauffement de l'ordre du demi-degré par semaine dans
un milieu où la température fluctue quotidiennement beaucoup plus sous l'effet des
marées, de l'ensoleillement et de l'agitation. A quoi servent les yeux présents sur le
manteau de cette espèce ?
Si l'existence de ce processus peut être, après analyse expérimentale, généralisé à
d'autres espèces du même genre, il ne sera pas forcément, dans d'autres conditions
climatiques ou dans d'autres sites, le principal agent du succès annuel du recrutement
de ces populations. Pour la population briochine, d'autres sources de variation ont été
identifiées : dispersion des larves planctoniques, et mortalité au cours des deux premiers
hivers en fonction du site de fixation. Leur rôle apparaît secondaire dans les conditions
de l'étude, c'est-à-dire pour la série chronologique de onze années et le spectre de
conditions du milieu observées. L'évolution du climat d'abord, et l'effet de la
configuration de la côte et de la bathymétrie sur la courantologie induite par le vent et
la marée ensuite, peuvent modifier les conditions d'application du modèle proposé à
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