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J. Boucher et J.-C. Dao
compensé par un processus d'atrésie (lyse des ovocytes pour récupérer l'énergie
immobilisée pour la reproduction), entraînant l'émission de gamètes de mauvaise
qualité.
Cependant, une variation du taux de viabilité des larves (malformations de la
coquille ou du manteau) était également observée dans les pontes induites, obtenues
après conditionnement des géniteurs à des températures supérieures à 16°C. D'où, une
deuxième hypothèse : le déclenchement de la ponte se produit à des périodes plus ou
moins favorables d'un cycle interne de maturation sexuelle.
Cette interprétation était confortée par l'analyse de l'évolution de l'indice
gonado-somatique des géniteurs de la baie de Saint-Brieuc. Celui-ci présente une série
d'événements reproductibles au cours des années : croissance hivernale et printanière
de la gonade, pontes estivales, et repos automnal. Ce cycle présente deux types de
régulation par la température ambiante : d'une part, la croissance pondérale de la
gonade accompagne le réchauffement printanier ; d'autre part, le déclenchement de la
première ponte coïncide avec l'accession à un seuil de température, de 15,5 à 16,0°C
(Boucher et al. 1985).
Cette double influence de la température explique les délais observés entre la
date à laquelle la gonade atteint son poids maximum et la date d'émission de la
première ponte (fig. 9.9). La durée de ce délai dépend de la température hivernale et de
la vitesse du réchauffement printanier. Les délais de longue durée correspondent à des
recrutements faibles, deux ans plus tard, comme par exemple en 1978 et 1980. A
l'inverse, des délais courts, voire inexistants, s'observent les années de fort recrutement,
comme 1976 et 1982 (Boucher 1985).
Ces observations conduisent à l'hypothèse d'une variation de la fécondité réelle qui
s'exprimerait par la production, en proportion variable selon les années, de larves
incompétentes au développement. Un tel processus est vraisemblable dans une période
où l'organisme doit assumer simultanément sa croissance coquillière et la production
des lignées germinales. Il peut cependant résulter de plusieurs causes :
- un impact direct des conditions externes énergétiques (température, nourriture
disponible), d'autant plus critique que le plateau où la gonade est en état de
repletion est long ;
- une incompatibilité, au cours de cette phase de repletion, entre le stockage des
lignées ovocytaires mûres et la production des lignées suivantes ;
- une interaction des deux causes.
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J. Boucher et J.-C. Dao
compensé par un processus d'atrésie (lyse des ovocytes pour récupérer l'énergie
immobilisée pour la reproduction), entraînant l'émission de gamètes de mauvaise
qualité.
Cependant, une variation du taux de viabilité des larves (malformations de la
coquille ou du manteau) était également observée dans les pontes induites, obtenues
après conditionnement des géniteurs à des températures supérieures à 16°C. D'où, une
deuxième hypothèse : le déclenchement de la ponte se produit à des périodes plus ou
moins favorables d'un cycle interne de maturation sexuelle.
Cette interprétation était confortée par l'analyse de l'évolution de l'indice
gonado-somatique des géniteurs de la baie de Saint-Brieuc. Celui-ci présente une série
d'événements reproductibles au cours des années : croissance hivernale et printanière
de la gonade, pontes estivales, et repos automnal. Ce cycle présente deux types de
régulation par la température ambiante : d'une part, la croissance pondérale de la
gonade accompagne le réchauffement printanier ; d'autre part, le déclenchement de la
première ponte coïncide avec l'accession à un seuil de température, de 15,5 à 16,0°C
(Boucher et al. 1985).
Cette double influence de la température explique les délais observés entre la
date à laquelle la gonade atteint son poids maximum et la date d'émission de la
première ponte (fig. 9.9). La durée de ce délai dépend de la température hivernale et de
la vitesse du réchauffement printanier. Les délais de longue durée correspondent à des
recrutements faibles, deux ans plus tard, comme par exemple en 1978 et 1980. A
l'inverse, des délais courts, voire inexistants, s'observent les années de fort recrutement,
comme 1976 et 1982 (Boucher 1985).
Ces observations conduisent à l'hypothèse d'une variation de la fécondité réelle qui
s'exprimerait par la production, en proportion variable selon les années, de larves
incompétentes au développement. Un tel processus est vraisemblable dans une période
où l'organisme doit assumer simultanément sa croissance coquillière et la production
des lignées germinales. Il peut cependant résulter de plusieurs causes :
- un impact direct des conditions externes énergétiques (température, nourriture
disponible), d'autant plus critique que le plateau où la gonade est en état de
repletion est long ;
- une incompatibilité, au cours de cette phase de repletion, entre le stockage des
lignées ovocytaires mûres et la production des lignées suivantes ;
- une interaction des deux causes.
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