8 - Repeuplement et pacage marin des salmonidés migrateurs
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Pyefinch (1966) signale que les individus lâchés en mer (estuaires ou zones
côtières) donnent lieu à de meilleurs taux de recapture que ceux qui sont lâchés en
rivière. En Suède, Peterson (1973), Larsson (1979), Larsson et Larsson (1979), Eriksson
et al. (1982), ainsi qu'Isaksson (1982) en Islande, confirment cette observation, dont
l'origine serait principalement due à la diminution de la prédation des smolts durant
leur migration rivière-mer, à condition toutefois que les animaux soient relâchés une
fois leur comportement migratoire acquis. Isaksson (1980) montre, par ailleurs, l'intérêt
des méthodes de libération sans manipulation, à partir de bassins pouvant être
directement ouverts sur le milieu naturel.
5.5. Adaptation à la vie sauvage
Pour Piggins (1982), les causes physiologiques et comportementales invoquées
pour expliquer les performances inférieures des smolts d'élevage dans le milieu naturel
ne sont pas à mettre sur le même plan. Les résultats des élevages en mer montrent que
les smolts de "qualité" ne présentent pas de faiblesse physiologique particulière et
supportent sans difficultés majeures un transfert direct en eau de mer. Il conclut à la
prépondérance de déficiences comportementales vis-à-vis de la prédation et de
l'alimentation. Dans la nature, l'alevin, puis le "parr", acquièrent vite un comportement
de défense, notamment contre les prédateurs. N'étant pas soumis aux mêmes
contraintes, les poissons d'élevage ne connaissent pas cet apprentissage. Le réflexe
contre la prédation aviaire serait rapidement acquis par les smolts d'élevage (Larsson
and Larsson 1979) du fait, peut être, des interventions humaines fréquentes sur les
bassins qui induisent un comportement de fuite. Les diverses populations ou souches
réagissent d'ailleurs différemment aux contraintes de l'élevage et s'apprivoisent plus ou
moins rapidement.
La méconnaissance de l'environnement aquatique, en dehors des limites du bac
et de leurs propres congénères, rend les sujets d'élevage très vulnérables à la prédation
par les autres poissons pendant les semaines qui suivent leur libération, que ce soit en
rivière (autres salmonidés, brochets, anguilles) ou en mer. Bakshtansky (1980) signale la
forte prédation en zone côtière des alevins de saumon "pink" par les morues et les lieux
noirs (Pollachius virens). Il trouve une relation entre le taux de retour des saumons et la
densité de harengs adultes (Clupea liarengus) présents dans la zone côtière lors de la
migration de dévalaison.
Les diverses espèces présentent naturellement des comportements alimentaires
spécifiques, avec des préférences propres pour des proies qui ont été identifiées pour les
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