8 - Repeuplement et pacage marin des salmonidés migrateurs
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- mise en valeur de la ressource par divers moyens : repeuplement, recolonisation
d'habitats dépeuplés ou pacage, de façon à atténuer les effets négatifs de mesures de
gestion rigoureuses (par exemple, la réduction du nombre de licences destinée à réduire
le taux d'exploitation) ;
- conservation de l'habitat de manière à maximiser la production naturelle ;
actuellement, le nombre d'adultes issus du milieu naturel est estimé à 350 000 dans les
Provinces Maritimes (Farmer, cité par Saunders 1982) ; il pourrait être porté à 600 000
par des mesures adéquates d'aménagement (Ritter and Carey 1980) ; cela implique leur
prise en compte dans les schémas de développement industriel et urbain ;
- conservation de la ressource à un niveau qui permette une production optimale
soutenue (correspondant à la quantité annuelle qui peut être prélevée en maintenant la
productivité du stock par référence à une courbe stock-recrutement) ;
- priorité à l'exploitation fluviale afin de minimiser les pêches d'interception
côtières qui, parce qu'elles exploitent des stocks mélangés, peuvent menacer les stocks
les moins productifs ;
- partage de la ressource entre les divers usagers selon des critères propres à
chaque secteur de gestion et/ou système fluvial, et selon des critères socio-économiques
et biologiques (tantôt prépondérance de l'exploitation commerciale, tantôt du tourisme
halieutique) ;
- système de limitation de l'accès à la ressource, afin de réserver les bénéfices de
la pêche commerciale aux personnes qui vivent de la pêche.
Ce programme est freiné par le manque de smolts. La production des
salmodicultures privées est réservée à l'aquaculture intensive. Les smolts destinés au
pacage marin (500 000 à 1 000 000 par an) proviennent exclusivement de piscicultures
fédérales ou provinciales. S'ils permettent d'accroître parfois considérablement les
stocks, ces lâchers ne portent que sur quelques rivières. Mais, parce que ce programme
à long terme est coûteux, un développement rapide de la ressource est nécessaire. C'est
à cette condition que son intérêt socio-économique sera démontré. Aussi, les autorités
gouvernementales cherchent à intéresser le secteur privé au développement du pacage
et de l'aquaculture. Celui-ci pourrait se faire selon un schéma analogue à celui de la
figure 8.3 (Prouzet 1984).
Le développement du pacage privé se heurte également à un manque de sites
favorables, par suite de l'extension des activités de pêche côtière et de loisir. Dans les
zones où ces activités sont intenses, il est peu probable que la rentabilité économique
puisse être jamais atteinte pour un entrepreneur privé (un taux de retour voisin de 5 %
est nécessaire, Anderson et al. 1980). Ces auteurs concluent qu'en l'absence d'aides
gouvernementales ou d'une forte réduction du nombre de licences (passage d'une
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