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Y. Harache et P. Prouzet
Le saumon atlantique représente la plus faible part de la production globale. En
1986, 11 137 tonnes (Anoa 1986) ont été capturées, dont plus de la moitié dans les eaux
d'origine (fig. 8.1). Les stocks de saumons du Pacifique, beaucoup plus abondants,
alimentent une pêche florissante de plusieurs centaines de milliers de tonnes, en haute
mer ou sur les zones terminales de migration ("terminal fisheries"). Les apports se
situent aux alentours de 700 000 tonnes, ceux-ci représentent plus de 98 % de la
production mondiale de salmonidés migrateurs (ann. 8.1), avec des variations annuelles
importantes.
3. Objectifs
Le pacage en mer correspond à une production extensive à des fins
d'exploitation, par opposition au repeuplement dont la finalité vise à soutenir un stock
naturel dont le potentiel reproducteur a été amoindri. En réalité, la distinction n'est pas
toujours aussi tranchée : les objectifs du pacage en mer varient selon les pays et leurs
contextes socio-économiques ; ils tendent à se confondre avec les finalités du
repeuplement, dans des programmes globaux d'aménagement de la ressource.
3.1. Gestion des populations naturelles et réduction de la variabilité du recrutement
Compte tenu de l'organisation des espèces en populations génétiquement
indépendantes et de la spécificité de leurs migrations, il est possible en théorie de gérer
la ressource naturelle bassin par bassin, en établissant à partir de la relation stockrecrutement de chaque stock, le taux d'échappement nécessaire pour optimiser la
production sur une longue période (Ricker 1980). Cependant, il est difficile en pratique
d'établir précisément ces relations pour chaque stock, car cela demande des statistiques
de pêche fines (Prouzet et Dumas 1987). De plus, la variabilité naturelle des
populations peut être trop importante pour que l'information disponible soit
effectivement utilisée. D'où une vision assez pessimiste des possibilités de prédiction,
sauf à court terme (Scarnecchia 1984, Chadwick 1985) ; même dans ce cas, la liberté de
manoeuvre du gestionnaire est réduite par le court laps de temps dont il dispose entre
l'évaluation, la prise de décision et son application à la pêcherie (Prouzet et Dumas
1987). En augmentant régulièrement, par un apport artificiel de juvéniles, le nombre
d'adultes revenant dans une rivière donnée, le pacage peut faciliter une gestion qui
serait trop restrictive si elle devait se limiter à la population naturelle.
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Y. Harache et P. Prouzet
Le saumon atlantique représente la plus faible part de la production globale. En
1986, 11 137 tonnes (Anoa 1986) ont été capturées, dont plus de la moitié dans les eaux
d'origine (fig. 8.1). Les stocks de saumons du Pacifique, beaucoup plus abondants,
alimentent une pêche florissante de plusieurs centaines de milliers de tonnes, en haute
mer ou sur les zones terminales de migration ("terminal fisheries"). Les apports se
situent aux alentours de 700 000 tonnes, ceux-ci représentent plus de 98 % de la
production mondiale de salmonidés migrateurs (ann. 8.1), avec des variations annuelles
importantes.
3. Objectifs
Le pacage en mer correspond à une production extensive à des fins
d'exploitation, par opposition au repeuplement dont la finalité vise à soutenir un stock
naturel dont le potentiel reproducteur a été amoindri. En réalité, la distinction n'est pas
toujours aussi tranchée : les objectifs du pacage en mer varient selon les pays et leurs
contextes socio-économiques ; ils tendent à se confondre avec les finalités du
repeuplement, dans des programmes globaux d'aménagement de la ressource.
3.1. Gestion des populations naturelles et réduction de la variabilité du recrutement
Compte tenu de l'organisation des espèces en populations génétiquement
indépendantes et de la spécificité de leurs migrations, il est possible en théorie de gérer
la ressource naturelle bassin par bassin, en établissant à partir de la relation stockrecrutement de chaque stock, le taux d'échappement nécessaire pour optimiser la
production sur une longue période (Ricker 1980). Cependant, il est difficile en pratique
d'établir précisément ces relations pour chaque stock, car cela demande des statistiques
de pêche fines (Prouzet et Dumas 1987). De plus, la variabilité naturelle des
populations peut être trop importante pour que l'information disponible soit
effectivement utilisée. D'où une vision assez pessimiste des possibilités de prédiction,
sauf à court terme (Scarnecchia 1984, Chadwick 1985) ; même dans ce cas, la liberté de
manoeuvre du gestionnaire est réduite par le court laps de temps dont il dispose entre
l'évaluation, la prise de décision et son application à la pêcherie (Prouzet et Dumas
1987). En augmentant régulièrement, par un apport artificiel de juvéniles, le nombre
d'adultes revenant dans une rivière donnée, le pacage peut faciliter une gestion qui
serait trop restrictive si elle devait se limiter à la population naturelle.
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