7 - La capacité biotique des bassins ostréicoles
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La difficulté que pose la régulation de l'exploitation d'un bassin conchylicole se
situe au niveau des mécanismes d'allocation des droits d'usage. L'insuffisance des
institutions à cet égard se traduit par la divergence bien connue entre la motivation
immédiate des entreprises individuelles et leur propre intérêt collectif ; en accroissant
son propre cheptel chaque entreprise cherche à s'approprier une part accrue de la
capacité biotique limitée du bassin et du surprofit (rente économique) qui s'y attache.
Jusqu'ici la régulation de l'accès à l'utilisation de cette ressource naturelle s'est faite par
l'allocation des concessions, mais celles-ci ne sont qu'une matérialisation très imparfaite
de la ressource naturelle disponible : une biomasse très supérieure à celle que peut
supporter la capacité biotique du bassin peut être ensemencée sur la surface totale des
concessions allouées, elle-même inférieure à l'aire du bassin. Le partage d'une biomasse
maximale prédéterminée permettrait un bien meilleur ajustement à la capacité
trophique. Ceci pose la question des mesures techniques de surveillance sur lesquelles
l'expérience manque encore. Cela pose aussi le problème du choix des mécanismes
d'allocation, de transfert et de retrait de droits individuels quantitatifs d'exploitation
(chapitre 15). Jusqu'à récemment ceux-ci étaient attribués par décisions de commissions
dites des cultures marines, présidées par l'administration et opérant au niveau de
chaque bassin. Depuis 1986, le principe du recours à des mécanismes économiques (prix
et marché) a été admis, entérinant ainsi des pratiques occultes antérieures.
Même si l'adoption de solutions adéquates à ces question difficiles sur les plans
écologique, économique et légal demandera nécessairement du temps, les recherches
sur la capacité biotique des bassins ont déjà contribué à faire émerger au sein de la
profession un accord sur la nécessité d'une régulation du cheptel. En effet, la surcharge
actuelle a déjà des conséquences sérieuses sur la survie des entreprises. Cette charge
induit dès à présent les temps de croissance les plus longs de France, voire du monde,
pour l'huître japonaise (Héral et Deslous-Paoli 1985). Si la tendance à l'augmentation
des stocks, favorisée par les forts captages de 1982 à 1985, se poursuit, les conditions
seront réunies pour une nouvelle crise. Les coûts d'exploitation déjà élevés sont encore
alourdis par le morcellement des exploitations, le faible développement de la
mécanisation et la durée des temps d'accès aux parcs.
Comme dans la pêche, la régulation des cheptels nécessite un suivi régulier des
biomasses, des cheptels et des productions. Le droit à l'exploitation d'une ressource
collective devrait impliquer pour les ostréiculteurs la responsabilité de fournir des
données (déclaration de production, des rendements) indispensables à la maîtrise des
dimensions collectives de l'exploitation du bassin. La participation directe des
ostréiculteurs à cet aménagement au sein d'une commission chargée, avec
l'administration, de définir et d'appliquer des plans de gestion du bassin devrait faciliter
leur participation au suivi des cheptels, aux analyses d'optimisation et à l'application des
plans d'aménagement (chapitres 11 et 15).
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