7 - La capacité biotique des bassins ostréicoles
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Plusieurs méthodes sont utilisées pour répondre à ce besoin. Une première
démarche empirique est appliquée par les éleveurs de certains pays. Au Japon, les
ostréiculteurs suivent le rendement des élevages. Lorsque celui-ci descend en dessous
d'un seuil déterminé sur la base de critères de rentabilité économique, les coopératives
peuvent décider de réduire les charges en élevage. Toutefois ce mode d'ajustement ne
permet pas de déterminer si les baisses de rendement sont dues à des modifications
environnementales (pollution, baisse des apports trophiques, ...), à des surcharges, ou
encore aux fluctuations des compétitions sauvages (moule, coque, crépidule, ...)
consécutives aux variations naturelles du recrutement de leurs populations. En outre,
l'absence de modèle biologique quantitatif ne permet pas de déterminer les charges
susceptibles d'optimiser les bénéfices économiques et sociaux nets au niveau d'un bassin
conchylicole et, donc, de définir objectivement des critères d'aménagement.
A l'image des méthodes utilisées en halieutique, on peut recourir à un modèle
global de production (chapitres 2 et 13), représentant l'évolution de la production totale
et du rendement (production/biomasse) en fonction de la biomasse présente dans un
bassin donné. Un tel modèle sera construit à partir d'une série historique de données
sur les productions annuelles et les biomasses correspondantes. Il s'agit là d'un
traitement mathématique d'observations empiriques. Cette approche permettra de
vérifier l'existence de phénomènes de densité-dépendance et de définir analytiquement
les termes de la régulation du cheptel : biomasse, durée du cycle d'élevage et taux de
survie. Cette méthode admet que la capacité trophique est restée stable sur la période
considérée, même si elle a pu manifester une certaine variabilité interannuelle.
Toutefois, cette méthode présente deux inconvénients. Premièrement, on doit
disposer d'une série d'observations sur un intervalle de variation du cheptel suffisant
pour déterminer les relations recherchées. Cela n'est pas toujours possible, soit que les
données historiques nécessaires ne soient pas disponibles, soit que l'intervalle de
variation observé ne soit pas suffisant. Ce sera le cas, en particulier, pour des bassins ne
faisant pas encore l'objet d'un élevage important : on ne pourra pas y évaluer longtemps
à l'avance le plafond de production. En second lieu, avec la diversification et
l'intensification des usages concurrentiels de la bande côtière (construction de barrages
et utilisation de l'eau, apports d'engrais, apports terrigènes et sédimentations, ...), il
devient nécessaire de prévoir les effets particuliers de ces usages antagonistes sur la
capacité biotique des bassins conchylicoles et, si possible, d'en anticiper
quantitativement l'impact. De même, on pourra souhaiter savoir si l'on ne peut
améliorer l'utilisation de cette capacité trophique en recourant à la polyculture de façon
à jouer sur l'abondance relative des espèces élevées, ou des classes d'âges d'une même
espèce (prégrossissement, grossissement). Pour répondre à ces questions, le recours à
des modèles analytiques est nécessaire. On mettra alors en relation la demande
nutrilionnelle des cheptels cultivés et la nourriture disponible, dans le but d'établir des
relations biomasse-production.
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