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A. Bakiin
exemples de cette variabilité et des mécanismes démographiques sous-jacents. Les
méthodes classiques de la science halieutique se sont révélées impuissantes à prévoir
ces fluctuations et à y ajuster les pêcheries qui reposent sur de tels stocks (chapitre 9).
Cette carence tient essentiellement au fait que les processus à l'origine des variations du
recrutement demeurent une énigme, même après trois quarts de siècle d'investigations.
Le terme "recrutement" désigne ici l'effectif de chaque cohorte qui réussit à franchir
avec succès les différents stades - oeufs, larves et juvéniles - pour atteindre finalement la
phase exploitée et contribuer au renouvellement du stock. Non pas un, mais plusieurs
processus d'interaction entrent en jeu (chapitre 4), au cours desquels un effectif
initialement énorme d'oeufs minuscules diminue de façon considérable pour ne laisser
survivre qu'un nombre très réduit de recrues. Au cours de ces stades successifs,
l'individu change de taille et aussi de forme. De ce fait, un même phénomène externe
peut affecter la survie de la cohorte de manière différente, selon la phase de
l'ontogenèse sur laquelle il porte. C'est la raison pour laquelle, même s'il peut paraître
plus simple, pour des raisons pratiques, de considérer le recrutement comme le bilan
final agrégé de la survie au terme de l'ensemble des phases précoces, durant lesquelles
les organismes ne sont pas visibles à l'oeil nu et échappent à l'échantillonnage par la
pêche, il n'est pas surprenant que cette démarche n'ait pu mettre en évidence jusqu'ici
de relations simples et constantes entre le recrutement final et la taille du stock
parental, ou les conditions du milieu.
Une très grande variété de processus et de conditions entrent en jeu dans
l'environnement océanique. Des anomalies majeures affectant le système de couplage
océan/atmosphère, telles celles associées au phénomène d'El Nino, peuvent avoir une
dimension mondiale (Glantz et al. 1987). A l'autre extrémité du spectre des échelles
spatiales, Rothschild et Osborn (1987) ont suggéré que la turbulence à micro-échelle
pouvait réguler les performances alimentaires du zooplancton. Entre ces deux extrêmes,
toute une série de processus hydrodynamiques sont susceptibles d'affecter fortement, à
des échelles différentes, les populations marines (cf. tabl. 1, IOC 1984).
Dans certains cas, le recrutement de plusieurs populations semble varier, de
façon synchrone, sur des échelles spatiales de grandes dimensions. Koslow et al. (1987)
constatent, dans l'Atlantique nord-ouest, une cohérence, à une échelle de -10 km,
entre le recrutement de la morue et celui de l'églefin, cohérence qu'ils retrouvent dans
les fluctuations de l'environnement. A une échelle encore supérieure (~10
4 km),
Kawasaki (1983) observe une coïncidence entre les cycles d'abondance de différentes
populations de sardine du Pacifique nord, nord-ouest et sud-est. Il avance comme
explication l'existence de variations et d'anomalies liées au climat se manifestant à
l'échelle transocéanique. Il convient toutefois de noter que cette coïncidence,
visuellement frappante, ne porte que sur deux pics d'abondance dans le Pacifique nord
et un dans le Pacifique sud ; c'est pourquoi son caractère fortuit ne peut être exclus.
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A. Bakiin
exemples de cette variabilité et des mécanismes démographiques sous-jacents. Les
méthodes classiques de la science halieutique se sont révélées impuissantes à prévoir
ces fluctuations et à y ajuster les pêcheries qui reposent sur de tels stocks (chapitre 9).
Cette carence tient essentiellement au fait que les processus à l'origine des variations du
recrutement demeurent une énigme, même après trois quarts de siècle d'investigations.
Le terme "recrutement" désigne ici l'effectif de chaque cohorte qui réussit à franchir
avec succès les différents stades - oeufs, larves et juvéniles - pour atteindre finalement la
phase exploitée et contribuer au renouvellement du stock. Non pas un, mais plusieurs
processus d'interaction entrent en jeu (chapitre 4), au cours desquels un effectif
initialement énorme d'oeufs minuscules diminue de façon considérable pour ne laisser
survivre qu'un nombre très réduit de recrues. Au cours de ces stades successifs,
l'individu change de taille et aussi de forme. De ce fait, un même phénomène externe
peut affecter la survie de la cohorte de manière différente, selon la phase de
l'ontogenèse sur laquelle il porte. C'est la raison pour laquelle, même s'il peut paraître
plus simple, pour des raisons pratiques, de considérer le recrutement comme le bilan
final agrégé de la survie au terme de l'ensemble des phases précoces, durant lesquelles
les organismes ne sont pas visibles à l'oeil nu et échappent à l'échantillonnage par la
pêche, il n'est pas surprenant que cette démarche n'ait pu mettre en évidence jusqu'ici
de relations simples et constantes entre le recrutement final et la taille du stock
parental, ou les conditions du milieu.
Une très grande variété de processus et de conditions entrent en jeu dans
l'environnement océanique. Des anomalies majeures affectant le système de couplage
océan/atmosphère, telles celles associées au phénomène d'El Nino, peuvent avoir une
dimension mondiale (Glantz et al. 1987). A l'autre extrémité du spectre des échelles
spatiales, Rothschild et Osborn (1987) ont suggéré que la turbulence à micro-échelle
pouvait réguler les performances alimentaires du zooplancton. Entre ces deux extrêmes,
toute une série de processus hydrodynamiques sont susceptibles d'affecter fortement, à
des échelles différentes, les populations marines (cf. tabl. 1, IOC 1984).
Dans certains cas, le recrutement de plusieurs populations semble varier, de
façon synchrone, sur des échelles spatiales de grandes dimensions. Koslow et al. (1987)
constatent, dans l'Atlantique nord-ouest, une cohérence, à une échelle de -10 km,
entre le recrutement de la morue et celui de l'églefin, cohérence qu'ils retrouvent dans
les fluctuations de l'environnement. A une échelle encore supérieure (~10
4 km),
Kawasaki (1983) observe une coïncidence entre les cycles d'abondance de différentes
populations de sardine du Pacifique nord, nord-ouest et sud-est. Il avance comme
explication l'existence de variations et d'anomalies liées au climat se manifestant à
l'échelle transocéanique. Il convient toutefois de noter que cette coïncidence,
visuellement frappante, ne porte que sur deux pics d'abondance dans le Pacifique nord
et un dans le Pacifique sud ; c'est pourquoi son caractère fortuit ne peut être exclus.
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