facteurs qui ne sont pas circonscrits à la phase larvaire, mais portent simultanément sur
les relations entre les stades successifs du cycle de vie et les phénomènes physiques.
Les nouvelles orientations devraient porter sur le problème de stationnarité, celui
des causalités multiples - dont Ricker avait reconnu l'intérêt dès 1972 - les relations
entre les mécanismes de régulation par densité-dépendance et les variations de
l'environnement abiotique. Cette façon de considérer le problème de la variabilité des
écosystèmes exploités met en relief l'intérêt pratique de la théorie : celle-ci permet
d'intégrer des éléments épars et de peser l'intérêt pratique relatif d'essais empiriques à
Finalités différentes.
De quelle théorie avons-nous besoin ? Le processus dynamique des populations
vise à relier toutes les populations à toutes les autres populations par l'intermédiaire de
leurs relations trophiques. Ces relations sont stabilisées par l'effet des interactions
dynamiques entre les populations, et déstabilisées par celui des variations de
l'environnement abiotique.
Les effets de l'environnement physique peuvent s'effectuer par l'intermédiaire de
modifications dans les signaux trophiques. Rothschild (1988) définit un signal trophique
comme le résultat de changements temporels dans la distribution de la nourriture
rencontrée par un prédateur. Dans un environnement homogène, le signal trophique
reflète le ratio entre les abondances respectives des prédateurs et des proies. Un ratio
favorable aux prédateurs conduit au déclin de leur abondance, et vice versa :
l'antagonisme de ces deux ensembles de processus stabilise le système.
Cependant, le changement d'une variable physique quelconque n'affecte, en
général, pas les prédateurs comme leurs proies : les uns ou les autres seront,
comparativement, avantagés. Le ratio prédateur-proie antérieur ne conviendra alors
plus, ni aux prédateurs, ni aux proies. Leurs abondances respectives seront amenées à
changer. Mais ce changement ne peut être que temporaire, car il entraîne lui-même un
déséquilibre. La dynamique non-linéaire inhérente au système conduit à l'apparition de
cycles ou de quasi-cycles dans l'abondance des prédateurs et des proies.
Pour une personne engagée dans les réalités pratiques de l'aménagement, cette
approche théorique pourra paraître abstraite et, même, exagérément compliquée. Mais,
sans une approche basée sur les principes fondamentaux, les bénéfices nets que l'on
peut escompter d'une stratégie d'utilisation et de conservation des ressources qui tienne
compte des différentes échelles et des niveaux d'organisation de la vie dans l'océan (fig.
4.5) ne sauraient être réalisés.
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