4 - La variabilité des écosystèmes halieutiques marins
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populations, un phénomène particulier de coïncidence peut avoir un effet négligeable
ou, au contraire, extrêmement marqué. Le résultat final des phénomènes de
coïncidence ne peut être évalué qu'au niveau de l'ensemble du cycle de vie d'une
cohorte.
4.5. Le transport larvaire
L'idée en revient apparemment à Hjort. Ce mécanisme joue certainement un
rôle important dans la survie des larves. Il doit être rapproché de l'hypothèse de
coïncidence dans la mesure où il tient compte de la séquence d'évolution des conditions
trophiques. L'hypothèse de coïncidence repose sur la chronologie des événements en
général, tandis que celle du transport larvaire considère à la fois la coïncidence
temporelle et spatiale. Le processus dynamique des populations montre que les
phénomènes de coïncidence spatiale et temporelle peuvent jouer à tous les stades
successifs du cycle de vie et qu'ils impliquent les migrations actives aussi bien que les
dérives passives.
4.6. L'hypothèse de rétention et la théorie des "membres/vagabonds"
Sinclair (1988) a récemment proposé une théorie sur les mécanismes de
régulation et de spéciation des populations marines. Chaque population comprendrait
des "membres" qui, en étant retenus par l'effet conjoint de leur présence au sein d'une
structure hydrodynamique particulière et d'un comportement adapté des individus,
boucleraient leur cycle de vie : en venant se reproduire, ils contribuent à la persistance
de la population. En revanche, les "vagabonds" s'égareraient et ne contribueraient pas à
la reproduction de la population. Selon cette théorie, le nombre et la distribution des
populations d'une même espèce dépendrait "du nombre et de la localisation des
structures géographiques, au sein desquelles l'espèce est en mesure de boucler son cycle
de vie". L'abondance absolue de chaque population serait fonction du volume des
structures hydrodynamiques disponibles pour chacun des stades de l'ontogenèse,
notamment les pélagiques. La variabilité dans l'abondance absolue d'une population
refléterait les fluctuations du volume des structures hydrodynamiques correspondant
aux stades les plus vulnérables à la dispersion (chapitre 5).
Cette théorie est compatible avec le processus dynamique des populations en ce
sens qu'elle déduit que, dans la variabilité des populations, les processus spatiaux
l'emportent sur les processus trophiques.
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