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B. J. Rothschild
de la croissance et de la reproduction, et l'augmentation de la prédation entraînent une
baisse d'abondance de la population en question. Pour de faibles niveaux d'abondance,
l'opposition entre les mécanismes qui augmentent, et ceux qui réduisent la densité
conduit à un effet inverse : la population tend à croître.
On peut concevoir que ce processus puisse ne pas fonctionner de façon parfaite
au sein d'un même module. Mais les imperfections qui doivent exister au niveau d'un
module sont compensées par leurs répercussions sur les modules suivants. Comme les
mécanismes de densité-dépendance n'agissent pas de façon linéaire - leurs effets sont
plus marqués pour les abondances supérieures et inférieures des populations - une
défaillance au niveau d'un module provoquera une intensification des mécanismes
compensateurs dans les modules suivants. Ainsi, les relations de compensation entre les
modules successifs, fonctionnant de façon partiellement autonome, viennent accroître la
stabilité propre de la population considérée.
Enfin, comme dans n'importe quelle population le fonctionnement de chaque
module semi-autonome est dépendant de l'abondance des proies et des prédateurs, la
régulation d'une population est sous la dépendance de plusieurs populations de proies
et de prédateurs. Il s'ensuit que toute variation extrême d'une population quelconque de
proies ou de prédateurs tendra à être contre-balancée par l'ensemble des populations
de proies et de prédateurs avec lesquelles la population en question est trophiquement
liée.
Ainsi, les trois mécanismes présentés séparément ne contribuent pas seulement à
la stabilisation de chaque population, mais de toutes les populations simultanément :
chaque communauté ou écosystème représente un ensemble de processus dynamiques
interdépendants.
3.2. Les composantes déstabilisatrices
Deux ensembles de facteurs déstabilisateurs interviennent : ceux qui jouent au
niveau de la population considérée, et ceux qui s'expriment à partir de
P"environnement" de cette population.
Les premiers posent une énigme sémantique, car si les mécanismes sous-jacents
sont de toute évidence déstabilisateurs à court terme, ils sont aussi stabilisateurs à plus
longue échéance. Alors que ces composantes déstabilisatrices représentent une
variabilité, cette variabilité émane de la structure génétique de la population et
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