4 - La variabilité des écosystèmes halieutiques marins
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intérêt majeur. Vérifier si le comportement temporel d'une population est conforme à
une définition du concept de stationnarité, qui requiert la conservation dans le temps de
la structure fonctionnelle et des moments de sa distribution, est une tâche complexe. A
défaut, on pourra se contenter d'une définition moins stricte ne requérant, si la
distribution est normale, que la conservation de la moyenne et de la variance de cette
distribution.
Pour comprendre si une population reste dans un état stationnaire, par rapport
aux définitions stricte et moins stricte de cet état, une inference est nécessaire. Mais
cette inference n'est pas fournie par les données empiriques disponibles. En général, on
ne peut, en effet, déterminer, à partir d'une seule observation apparemment aberrante,
si une population a quitté ou non son état stationnaire antérieur. Une information
extérieure aux données est indispensable. Pour prendre un exemple : alors qu'on s'est
surtout préoccupé jusqu'ici de formuler des hypothèses sur les causes d'effondrement
de stocks, ce n'est que plus tardivement que l'on a réalisé que les stocks pouvaient
rester déprimés pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies, après que leur
pêche eut été interrompue, et sans qu'aucune variation synchrome ne soit décelée dans
leur environnement. Cury (1988) a avancé l'idée selon laquelle la dynamique propre du
patrimoine génétique de la population, en réponse aux stimuli de son environnement,
pourrait être à l'origine des déphasages et de phénomènes de type catastrophe, observés
entre l'abondance d'une population ainsi que les caractéristiques de sa pêche et de son
environnement.
Ainsi, la détermination de la stationnarité d'une population dépend de la
compréhension des principes fondamentaux associés :
- aux mécanismes de densité-dépendance propres à chaque population ;
- aux variables de l'environnement qui affectent la fidélité des processus de
régulation de la population.
Sans la compréhension de ces principes fondamentaux, on ne peut escompter
appréhender, et donc distinguer, les facteurs naturels ceux induits par l'homme, à
l'origine des fluctuations des populations. La qualité de la compréhension de ces
interactions affecte donc directement tout un ensemble de processus de décision qui
interviennent dans des questions d'intérêt majeur pour la société, comme
l'aménagement des pêches, le contrôle de la pollution, ou l'évaluation des effets
possibles du réchauffement global sur les pêches. Vu sous cet angle, le concept de
stationnarité prend un intérêt pratique direct.
Les explications avancées juqu'à présent des fluctuations de populations
particulières reposaient souvent sur des interprétations corrélatives ; en outre, elles ne
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intérêt majeur. Vérifier si le comportement temporel d'une population est conforme à
une définition du concept de stationnarité, qui requiert la conservation dans le temps de
la structure fonctionnelle et des moments de sa distribution, est une tâche complexe. A
défaut, on pourra se contenter d'une définition moins stricte ne requérant, si la
distribution est normale, que la conservation de la moyenne et de la variance de cette
distribution.
Pour comprendre si une population reste dans un état stationnaire, par rapport
aux définitions stricte et moins stricte de cet état, une inference est nécessaire. Mais
cette inference n'est pas fournie par les données empiriques disponibles. En général, on
ne peut, en effet, déterminer, à partir d'une seule observation apparemment aberrante,
si une population a quitté ou non son état stationnaire antérieur. Une information
extérieure aux données est indispensable. Pour prendre un exemple : alors qu'on s'est
surtout préoccupé jusqu'ici de formuler des hypothèses sur les causes d'effondrement
de stocks, ce n'est que plus tardivement que l'on a réalisé que les stocks pouvaient
rester déprimés pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies, après que leur
pêche eut été interrompue, et sans qu'aucune variation synchrome ne soit décelée dans
leur environnement. Cury (1988) a avancé l'idée selon laquelle la dynamique propre du
patrimoine génétique de la population, en réponse aux stimuli de son environnement,
pourrait être à l'origine des déphasages et de phénomènes de type catastrophe, observés
entre l'abondance d'une population ainsi que les caractéristiques de sa pêche et de son
environnement.
Ainsi, la détermination de la stationnarité d'une population dépend de la
compréhension des principes fondamentaux associés :
- aux mécanismes de densité-dépendance propres à chaque population ;
- aux variables de l'environnement qui affectent la fidélité des processus de
régulation de la population.
Sans la compréhension de ces principes fondamentaux, on ne peut escompter
appréhender, et donc distinguer, les facteurs naturels ceux induits par l'homme, à
l'origine des fluctuations des populations. La qualité de la compréhension de ces
interactions affecte donc directement tout un ensemble de processus de décision qui
interviennent dans des questions d'intérêt majeur pour la société, comme
l'aménagement des pêches, le contrôle de la pollution, ou l'évaluation des effets
possibles du réchauffement global sur les pêches. Vu sous cet angle, le concept de
stationnarité prend un intérêt pratique direct.
Les explications avancées juqu'à présent des fluctuations de populations
particulières reposaient souvent sur des interprétations corrélatives ; en outre, elles ne
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