pour déchiffrer la dynamique des populations halieutiques, même s'ils ne fournissent
pas de réponses définitives.
Les résultats obtenus autorisent quelques conclusions d'ordre plus général. Dans
les mers tempérées, la prédation des poissons juvéniles a été jusqu'ici nettement sousestimée ; elle contribue au contrôle fin de la régulation des populations à la fin de la
phase de recrutement des cohortes. Les relations trophiques entre les stocks de
poissons exploités de la mer du Nord ont des effets limités lorsque les conditions
écologiques et halieutiques restent relativement stables, comme ce fut le cas au cours de
la dernière décennie. Les variations annuelles de la mortalité par prédation subies par
les poissons juvéniles sont faibles comparativement aux variations du recrutement des
cohortes. C'est pourquoi les projections à court terme déduites des évaluations uni - et
plurispécifiques concordent généralement bien.
Si l'on considère que la forte exploitation qui prévaut à l'heure actuelle en mer
du Nord a réduit la biomassc de poissons adultes nettement en dessous de la capacité
biotique de l'écosystème, les effets liés à la densité sur leur croissance et leur
reproduction devraient être minimes. Des changements dans la taille moyenne aux
différents âges, la maturité et la fécondité des populations de la mer du Nord ont bien
été observés au cours des quatre dernières décennies (Daan 1986). Cependant, une
analyse récente (Daan et ai. sous presse) conclut, qu'en fait, les phénomènes de densitédépendance n'ont pas eu d'effets significatifs. Les variations observées sont
vraisemblablement dues, pour l'essentiel, à des effets de l'environnement sur des phases
particulières de l'ontogenèse des organismes.
Ainsi, la variabilité des conditions qui déterminent la survie des oeufs et des
larves apparaît comme le facteur affectant de façon cruciale la stabilité des populations.
En l'absence d'exploitation, la variabilité du recrutement est probablement bien
équilibrée par la longévité propre de chaque espèce : intégrant un nombre élevé de
cohortes, la biomasse est un puissant facteur de conservation. En revanche, la réduction
de longévité qui accompagne l'intensification de la pêche accroît l'instabilité des stocks,
même lorsque la variabilité du recrutement n'est pas modifiée.
Le modèle d'évaluation plurispécifique élaboré pour la mer du Nord porte sur
des phénomènes distincts du recrutement. Le déterminisme de la variabilité de ce
dernier constitue le défi majeur pour la science halieutique aujourd'hui. Pour celle-ci,
en effet, il est devenu critique de déterminer le rôle respectif des phénomènes "naturels"
(c'est-à-dire, directement ou indirectement causés par les fluctuations naturelles de
l'environnement abiotique) et des phénomènes "artificiels" (c'est-à-dire modulés
directement ou indirectement par l'exploitation de l'écosystème tout entier).
L'environnement abiotique de la mer du Nord est peut-être moins susceptible de
modifications à long terme de grande amplitude que celui des zones côtières, mais
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pas de réponses définitives.
Les résultats obtenus autorisent quelques conclusions d'ordre plus général. Dans
les mers tempérées, la prédation des poissons juvéniles a été jusqu'ici nettement sousestimée ; elle contribue au contrôle fin de la régulation des populations à la fin de la
phase de recrutement des cohortes. Les relations trophiques entre les stocks de
poissons exploités de la mer du Nord ont des effets limités lorsque les conditions
écologiques et halieutiques restent relativement stables, comme ce fut le cas au cours de
la dernière décennie. Les variations annuelles de la mortalité par prédation subies par
les poissons juvéniles sont faibles comparativement aux variations du recrutement des
cohortes. C'est pourquoi les projections à court terme déduites des évaluations uni - et
plurispécifiques concordent généralement bien.
Si l'on considère que la forte exploitation qui prévaut à l'heure actuelle en mer
du Nord a réduit la biomassc de poissons adultes nettement en dessous de la capacité
biotique de l'écosystème, les effets liés à la densité sur leur croissance et leur
reproduction devraient être minimes. Des changements dans la taille moyenne aux
différents âges, la maturité et la fécondité des populations de la mer du Nord ont bien
été observés au cours des quatre dernières décennies (Daan 1986). Cependant, une
analyse récente (Daan et ai. sous presse) conclut, qu'en fait, les phénomènes de densitédépendance n'ont pas eu d'effets significatifs. Les variations observées sont
vraisemblablement dues, pour l'essentiel, à des effets de l'environnement sur des phases
particulières de l'ontogenèse des organismes.
Ainsi, la variabilité des conditions qui déterminent la survie des oeufs et des
larves apparaît comme le facteur affectant de façon cruciale la stabilité des populations.
En l'absence d'exploitation, la variabilité du recrutement est probablement bien
équilibrée par la longévité propre de chaque espèce : intégrant un nombre élevé de
cohortes, la biomasse est un puissant facteur de conservation. En revanche, la réduction
de longévité qui accompagne l'intensification de la pêche accroît l'instabilité des stocks,
même lorsque la variabilité du recrutement n'est pas modifiée.
Le modèle d'évaluation plurispécifique élaboré pour la mer du Nord porte sur
des phénomènes distincts du recrutement. Le déterminisme de la variabilité de ce
dernier constitue le défi majeur pour la science halieutique aujourd'hui. Pour celle-ci,
en effet, il est devenu critique de déterminer le rôle respectif des phénomènes "naturels"
(c'est-à-dire, directement ou indirectement causés par les fluctuations naturelles de
l'environnement abiotique) et des phénomènes "artificiels" (c'est-à-dire modulés
directement ou indirectement par l'exploitation de l'écosystème tout entier).
L'environnement abiotique de la mer du Nord est peut-être moins susceptible de
modifications à long terme de grande amplitude que celui des zones côtières, mais
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