se limitent à une seule espèce, une baisse dans la qualité des données n'affecte que les
avis concernant l'aménagement de ce stock, et non ceux relatifs aux autres espèces pour
lesquelles on possède de bonnes données. Dans les évaluations plurispécifîques, toutes
les imperfections dans les données par espèces se répercutent de manière imprévisible
sur l'ensemble des espèces : la fiabilité des résultats relatifs à plusieurs espèces est
largement déterminée par la qualité de la plus mauvaise série élémentaire de données.
Le passage de la méthode unispécifique à la méthode plurispécifique implique
que l'on modèlise les interactions aussi bien techniques que biologiques, puisque l'on
n'envisage plus un aménagement (par l'adoption de quotas par exemple) stock par
stock. Même avec les évaluations unispécifiques, l'application de quotas par espèces se
heurte à des difficultés logistiques considérables, lorsque ces espèces sont exploitées
simultanément. Dans les pêcheries composites, les quotas correspondants aux plus
fortes réductions de mortalité par pêche seront probablement réalisés les premiers. A
moins d'arrêter alors la pêche jusqu'à la fin de l'année, ce qui aurait pour conséquence
d'entraîner des pertes économiques considérables dans l'exploitation des autres espèces,
un aménagement unispécifique suscitera plutôt une augmentation du taux de rejet des
premières espèces. Puisque le taux de survie des rejets est négligeable, cet
enchaînement conduit à des pertes, et non à un progrès, ce qui n'est pas l'objectif de
l'aménagement. Dans un contexte plurispécifique où l'on vise à peser les gains pour une
espèce par rapport aux pertes pour les autres, une conservation de la ressource par
quotas spécifiques peut aboutir à des résultats très inférieurs aux objectifs
d'aménagement visés. Que la limitation de la pêche se fasse par contingentement des
captures ou des puissances de pêche, le succès de l'aménagement passe par une
approche plurispécifique et la prise en compte des interactions techniques et
biologiques. Plusieurs modèles d'interactions techniques ont été élaborés (IFREMER
1988), mais leur application à la mer du Nord reste limitée, en particulier du fait du
manque de statistiques de capture et d'effort ventilées par flottilles.
Dans l'aménagement par espèces, les objectifs retenus ont privilégié jusqu'ici les
performances pondérales (maximisation ou optimisation de la production annuelle). Un
objectif comparable, portant sur la production globale, toutes espèces confondues,
pourrait être envisagé pour une pêcherie plurispécifique. En réalité, un tel objectif est
économiquement irrationnel : un kilo de sole n'a pas la même valeur qu'un kilo de
lançon. Les résultats des modèles plurispécifîques devraient être traduits en valeurs sur
la base du prix unitaire des espèces. Le besoin de tenir compte des facteurs
économiques ne se limite pas à la production ; il s'applique tout autant au coût de celleci. Les méthodes d'analyse permettant de traduire, en terme économiques et sociaux,
les réponses de la ressource à l'exploitation existent (chapitre 13). Il faut toutefois
reconnaître que les applications pratiques et la prise en compte de leurs résultats dans
l'élaboration des stratégies d'aménagement sont très en retard dans beaucoup de pays
et, particulièrement, en mer du Nord. Ce retard nuit au progrès de la pêche.
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avis concernant l'aménagement de ce stock, et non ceux relatifs aux autres espèces pour
lesquelles on possède de bonnes données. Dans les évaluations plurispécifîques, toutes
les imperfections dans les données par espèces se répercutent de manière imprévisible
sur l'ensemble des espèces : la fiabilité des résultats relatifs à plusieurs espèces est
largement déterminée par la qualité de la plus mauvaise série élémentaire de données.
Le passage de la méthode unispécifique à la méthode plurispécifique implique
que l'on modèlise les interactions aussi bien techniques que biologiques, puisque l'on
n'envisage plus un aménagement (par l'adoption de quotas par exemple) stock par
stock. Même avec les évaluations unispécifiques, l'application de quotas par espèces se
heurte à des difficultés logistiques considérables, lorsque ces espèces sont exploitées
simultanément. Dans les pêcheries composites, les quotas correspondants aux plus
fortes réductions de mortalité par pêche seront probablement réalisés les premiers. A
moins d'arrêter alors la pêche jusqu'à la fin de l'année, ce qui aurait pour conséquence
d'entraîner des pertes économiques considérables dans l'exploitation des autres espèces,
un aménagement unispécifique suscitera plutôt une augmentation du taux de rejet des
premières espèces. Puisque le taux de survie des rejets est négligeable, cet
enchaînement conduit à des pertes, et non à un progrès, ce qui n'est pas l'objectif de
l'aménagement. Dans un contexte plurispécifique où l'on vise à peser les gains pour une
espèce par rapport aux pertes pour les autres, une conservation de la ressource par
quotas spécifiques peut aboutir à des résultats très inférieurs aux objectifs
d'aménagement visés. Que la limitation de la pêche se fasse par contingentement des
captures ou des puissances de pêche, le succès de l'aménagement passe par une
approche plurispécifique et la prise en compte des interactions techniques et
biologiques. Plusieurs modèles d'interactions techniques ont été élaborés (IFREMER
1988), mais leur application à la mer du Nord reste limitée, en particulier du fait du
manque de statistiques de capture et d'effort ventilées par flottilles.
Dans l'aménagement par espèces, les objectifs retenus ont privilégié jusqu'ici les
performances pondérales (maximisation ou optimisation de la production annuelle). Un
objectif comparable, portant sur la production globale, toutes espèces confondues,
pourrait être envisagé pour une pêcherie plurispécifique. En réalité, un tel objectif est
économiquement irrationnel : un kilo de sole n'a pas la même valeur qu'un kilo de
lançon. Les résultats des modèles plurispécifîques devraient être traduits en valeurs sur
la base du prix unitaire des espèces. Le besoin de tenir compte des facteurs
économiques ne se limite pas à la production ; il s'applique tout autant au coût de celleci. Les méthodes d'analyse permettant de traduire, en terme économiques et sociaux,
les réponses de la ressource à l'exploitation existent (chapitre 13). Il faut toutefois
reconnaître que les applications pratiques et la prise en compte de leurs résultats dans
l'élaboration des stratégies d'aménagement sont très en retard dans beaucoup de pays
et, particulièrement, en mer du Nord. Ce retard nuit au progrès de la pêche.
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