DOM-TOM
5. La Réunion
5.1. Historique
Le développement de l'aquaculture de la chevrette a été initié en 1985
par le Conseil général de la Réunion. Ce projet avait pour objet d'introduire
cet élevage au titre d'activité complémentaire dans le cadre d'une politique
de diversification agricole et de valorisation de zones humides. Cet
élevage paraissait d'autant plus prometteur que les réunionnais avaient
déjà une tradition de consommation d'une espèce proche, le camaron,
M. lar, espèce très prisée et devenue rare dans les cours d'eau de
l'île.
Toutefois, la Réunion a une contrainte spécifique par rapport aux Antilles :
l'existence d'une saison fraîche marquée. Il convenait d'en évaluer
l'importance dans le cadre d'un projet de démonstration confié à Nfremer
en 1985.
La faisabilité de l'élevage devait être démontrée sur 3 hectares
d'exploitations privées. Pour cela, il fallait introduire l'espèce M. rosenbergii
à partir de l'île Maurice, créer un stock de géniteurs, construire une
écloserie pilote, susciter la création de bassins et encadrer les nouveaux
éleveurs pour la construction des bassins et les premières productions.
Ce programme a été mené de 1985 à 1987.
A l'issue de cette phase, les premiers résultats technico-économiques
étaient jugés suffisamment intéressants pour envisager un développement
à plus grande échelle de l'activité. L'objectif était d'approvisionner le
marché réunionnais évalué entre 50 et 100 tonnes. Une extension de
la surface des bassins jusqu'à 30 hectares était ainsi envisagée, avec
la mise en place d'aides publiques très incitatives.
La responsabilité du développement est alors confiée à une Sica, créée
fin 1986 avec pour mission la construction puis la gestion d'une écloserie
et l'encadrement technique des éleveurs. Comme aux Antilles, la mise
en place de cette structure devait permettre un développement
d'exploitations de taille modeste pour répondre au souci de diversification
agricole. Malheureusement, la Sica a pratiquement cessé toute activité
depuis fin 1988.
Fin 90, la moitié des 12 hectares de bassins construits est en production
(figures 1.34 et 1.35) grâce à un maintien en activité de l'écloserie
d'incitation de l'Ifremer jusqu'en 1989, à des importations de postlarves
de l'île Maurice et à l'appoint de deux petites écloseries privées. Les
restockages des bassins sont cependant faibles et irréguliers, ce qui,
allié à un manque d'encadrement des exploitants, n'a permis qu'une
production de l'ordre de 2 tonnes en 1989.
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