Structure de la population
• Grands mâles à pinces bleues
Ces gros mâles sont au sommet de la structure sociale. C'est le stade
terminal et irréversible du développement des mâles. Dominants, agressifs
et sexuellement actifs, ils ont un comportement territorial très marqué.
Ils possèdent de longues et puissantes pinces bleues, mesurant une
fois et demi à deux fois la longueur de leur corps, qui leur servent à
délimiter et défendre leur territoire.
Les femelles prêtes à s'accoupler recherchent ces mâles qui les protègent
pendant la période vulnérable de mue qui précède l'accouplement et la
ponte. Huit à dix femelles peuvent ainsi être associées à chaque mâle
à pinces bleues.
Ces mâles utilisent leur énergie pour la reproduction, la protection des
femelles, le développement et la régénération éventuelle de leurs longues
pinces et pour la défense de leur territoire. Leur croissance est très
ralentie et la fréquence des mues très diminuée. La carapace de ces
animaux se couvre souvent d'algues épibiontes qui leur donnent une
teinte verdâtre.
On observe fréquemment dans les bassins d'élevage des mâles à pinces
bleues de petite taille (70 à 100 mm), verts et très agressifs. Ce sont
les premiers mâles passés dominants lors de la structuration de la
population et qui ne grandissent plus.
Ainsi dans une population sexuellement mature, les proportions des trois
morphotypes de mâles se stabilisent autour d'un point d'équilibre déterminé
par des facteurs sociaux essentiellement liés à la reproduction. Le
schéma de croissance pour un mâle est donc :
pinces claires —> pinces orange —> pinces bleues
3. Origine et nature de la dominance
L'origine de la croissance individuelle hétérogène et des phénomènes
de dominance est-elle génétique ou sous la dépendance de facteurs
comportementaux et environnementaux ?
La diversité de tailles et de morphotypes observée chez les mâles de
M. rosenbergii existe souvent dans le règne animal chez les espèces
polygames. Les mâles de ces espèces ont des comportements associés
à la reproduction (parades sexuelles, combats, etc.) et développent des
signes extérieurs de leur rôle dans la hiérarchie sociale. Ces rôles ne
sont pas figés puisque des changements physiologiques ou sociaux
peuvent leur permettre de gravir cette hiérarchie.
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