Physiologie
poids, étant limité à la phase de mue, l'animal doit durcir sa carapace
le plus rapidement possible. Cette carapace est constituée d'un complexe
chitinoprotidique sur lequel se déposent des sels de calcium qui en
assurent la rigidité. Environ un tiers du poids de la carapace est représenté
par le calcium sous forme de carbonate.
La minéralisation de la carapace se produit après l'exuviation, du début
du stade A jusqu'au milieu du stade B. Les minéraux utilisés proviennent
des réserves corporelles de l'animal (10 à 15 %), de la nourriture, et
surtout du milieu extérieur. La chevrette montre en effet, un déficit en
calcium interne représentant en moyenne 43 % du poids de calcium de
sa nouvelle cuticule, déficit qu'elle doit trouver essentiellement dans le
milieu.
La disponibilité du calcium dans le milieu peut être un facteur limitant
de la vitesse de durcissement de la carapace. Si les crustacés marins
peuvent recourir facilement au calcium du milieu, les espèces d'eau
douce, du fait de la faible teneur du milieu en calcium, sont plus
fortement tributaires des réserves, notamment du calcium restocké à
partir de l'ancienne cuticule dans l'hémolymphe et l'hépatopancréas.
Cependant, le mécanisme d'absorption à partir du milieu ambiant est
très efficace même dans des milieux ne contenant que 5 mg de carbonate
de calcium par litre. On note cependant un allongement du temps de
durcissement et même un assouplissement des carapaces aux taux les
plus bas.
Les mortalités observées à la mue sont le plus souvent l'aboutissement
des mauvaises conditions de l'élevage pendant toute l'intermue : pollution
du bassin (pesticides, composés organiques type H 2 S), pH élevé ou
faible taux d'oxygène dissous. Une dureté de l'eau trop basse provoque
l'allongement du temps de calcification ce qui augmente d'autant la
période de vulnérabilité des animaux aux agressions (cannibalisme,
stress dû au passage du filet de pêche ou d'échantillonnage, etc.).
3. Reproduction
Les sexes sont séparés et leur identification peut être faite dès la taille
de 3 à 4 cm (environ 1 g).
Les mâles présentent une tête proportionnellement plus grosse que les
femelles, et la seconde paire de pattes thoraciques se développe en
pinces longues et robustes. Au niveau ventral, les gonopores (ou orifices
sexuels) débouchent à la base de la cinquième paire de péréiopodes
(figure 4.9).
Chez les femelles, la tête et les pinces ont un développement
proportionnellement moindre . Les gonopores sont situés à la base de
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