Physiologie
Selon l'importance du taux dans le sang de l'hormone d'inhibition de
la mue, la glande Y libérera ou non l'hormone qui déclenchera la mue.
Comment se passe la mue ?
C'est par la "déminéralisation" de l'ancienne carapace et la préparation
des tissus sous-jacents que l'animal va pouvoir se défaire de celle-ci,
puis croître avant la minéralisation de la nouvelle cuticule.
La croissance résulte, à la mue, d'une importante entrée d'eau dans le
corps de l'animal, vraisemblablement par le tube digestif, ce qui a pour
conséquence un accroissement considérable du volume du fluide corporel.
Cette entrée d'eau fait suite à une augmentation de la pression sanguine
(par augmentation des concentrations des constituants sanguins), qui
provoque un appel d'eau de l'extérieur. Cet afflux d'eau provoque un
gonflement des tissus qui, dans les stades suivants, gagneront en poids
à concurrence du volume établi au moment de cette hydratation.
Bien que les raisons n'en soient pas clairement définies, l'augmentation
de l'entrée d'eau durant la mue est vraisemblablement l'une des causes
de l'augmentation de sensibilité de l'animal aux substances toxiques
(pesticides, nitrites, etc.), ainsi qu'à l'hypoxie (concentration d'oxygène
insuffisante). La présence de toxiques dans le milieu entraîne souvent
une mortalité de chevrettes à la mue même en l'absence de modifications
du milieu.
Pendant cette phase, la demande en énergie (donc en oxygène) de
l'animal est importante à un moment où ses surfaces respiratoires sont
dans l'impossibilité de fonctionner : chez de nombreux crustacés, on
note une augmentation de la concentration en pigments respiratoires
avant la phase d'exuviation, ce qui serait une manière de stocker
provisoirement l'oxygène. La demande supplémentaire d'oxygène a été
mise en évidence chez des juvéniles de chevrettes : à 26°C, la consommation
d'oxygène s'accroît à partir du stade d'inter-mue (2 mg 0 2 /g/h), pour
atteindre un pic à la mue (4,4 mg 0 2 /g/h).
D'une manière générale, l'exuviation est un processus stressant et
consommateur d'énergie qui laisse l'animal exposé au cannibalisme et
aux maladies : ainsi, au moment critique de la mue, l'animal cherche
à se réfugier dans une zone sûre. Chez la chevrette, pour qui la
copulation se fait juste après la mue de la femelle, la femelle "molle"
est protégée par un mâle "dur". En élevage, les hautes densités (par
rapport aux densités naturelles) augmentent d'autant les risques de
succomber à une toxicité latente, à une hypoxie ou simplement au
cannibalisme.
Importance de la minéralisation
Durant toute la période où sa carapace n'est pas encore rigide, l'animal
reste très vulnérable. Le processus de gonflement, donc de gain de
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