Production et commercialisation
La demande grandissante associée à la baisse des stocks naturels par
surexploitation, la détérioration du milieu naturel par l'activité humaine
(rejets industriels, modification des cours d'eau par la construction de
barrages et de systèmes d'irrigation empêchant les migrations) ou la
perspective de faire entrer des devises en exportant des produits à
forte valeur commerciale, ont suscité l'intérêt de l'élevage de cette
espèce dans leur zone d'origine mais aussi dans le monde entier.
La production aquacole mondiale de M. rosenbergii dépasse aujourd'hui
25 000 tonnes (figure 1.4).
Selon le degré de contrôle de l'élevage (milieu et cheptel) et au vu des
rendements obtenus, on distingue trois modes de production :
- l'élevage extensif et la polyculture
- l'élevage semi-intensif
- l'élevage super-intensif
• Elevage extensif et polyculture
Cette catégorie comprend les pratiques traditionnelles qui consistent à
capturer des juvéniles dans le milieu naturel et à les élever jusqu'à
taille adulte dans des bassins. Il n'y a pas d'apport d'aliment ou d'engrais,
la survie et la croissance ne dépendant que de la productivité naturelle.
Il n'y a ni contrôle du milieu, ni du cheptel. Les juvéniles peuvent encore
être élevés en polyculture avec des espèces de poissons herbivores.
Les principaux pays pratiquant ce type d'élevage sont le Bangladesh,
la Chine, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, le Pakistan et le Vietnam.
Dans tous les cas les rendements sont faibles, ne dépassant pas
1 tonne par hectare et par an (abrégé dans la suite du texte en
T/ha/an).
Au Bangladesh, les juvéniles entrent naturellement dans les bassins et
rizières lors des crues ou sont achetés aux pêcheurs qui les piègent
dans des filets tendus le long des berges des estuaires. La fertilité
naturelle des bassins permet des rendements de l'ordre de 450 kg/ha/an.
En Chine, la polyculture est pratiquée avec des carpes et tilapias depuis
1975, date de l'introduction de M. rosenbergii. En Indonésie, des rendements
de 600 kg/ha/an sont obtenus en polyculture avec 1 à 3 espèces de
poissons. En Israël, les essais de polyculture avec carpe n'ont pas
dépassé en routine 500 kg/ha/an.
• Elevage semi-intensif
C'est le système utilisé par la majeure partie des pays producteurs. Les
juvéniles ne sont plus capturés dans le milieu naturel mais produits
régulièrement dans une unité spécialisée, l'écloserie. Le grossissement
se fait dans des bassins creusés en terre où l'environnement est plus
contrôlable. Le cheptel est géré : ensemencements et récoltes planifiés,
13
Précédent

- 27/394

Suivant