L'élevage en continu
Les femelles. Dans une cohorte, la sous-population de femelles grossit
lentement mais de façon homogène (figure 2.5). Les cohortes de femelles
ensemencées en système continu sont donc facilement identifiables et
se suivent à intervalles réguliers jusqu'à atteindre la taille de capture.
Elles sont peu concernées par le phénomène de croissance compensatoire
lié à la pêche sélective de gros animaux. Leur croissance est lente,
environ 1,5 à 2 g/mois jusqu'au douzième mois, âge auquel elles
commencent à être récoltées à la maille de 25 mm (figure 2.6).
1.4. Conclusion
Ces éléments montrent que, dans ce schéma d'une apparente simplicité
de mise en œuvre (régularité des ensemencements et des pêches), la
gestion de la population est complexe. Une bonne croissance et donc
un bon rendement ne sont obtenus que pour une biomasse adéquate
(60 g/m
2 environ). En deçà, le rendement diminue ; au delà, le système
se bloque et il faut alors pêcher massivement pour relancer la croissance.
Or, la biomasse dépend de facteurs aléatoires comme la survie des
postlarves à l'ensemencement ou l'efficacité de la pêche sélective. Pour
cette raison, les résultats de production sont extrêmement variables.
La ferme Charpentier en Martinique est l'exemple d'une convergence
de facteurs favorables et d'un suivi de l'élevage très régulier et bien
adapté au schéma de production (figure 2.7). Cet exemple illustre
parfaitement la théorie du mode de gestion en continu mais n'est pas
représentatif de la majorité des résultats obtenus.
En résumé, le système continu classique a l'avantage d'être simple et
facile d'utilisation. C'est un système qui permet de produire toute l'année
de gros animaux de taille homogène avec un seul bassin. Mais l'absence
de contrôle du cheptel au début et en cours d'élevage en font une
technique de production sujette à une grande variabilité de résultats
surtout lorsque le milieu d'élevage est mal maîtrisé. Ce caractère aléatoire
justifie qu'on ait cherché à améliorer cette technique.
2. Système continu multiphase
2.1. Evolution à partir du continu simple
Le schéma décrit ci-dessus, mis au point aux Antilles en 1983 et importé
en Guyane en 1985, a subi une adaptation au cours du temps. En
effet, la norme de 18 PL/m
2 /an qui donnait de bons résultats sur les
fermes antillaises en 1982-83, intégrait en fait une perte de postlarves
importante à l'ensemencement. Les progrès enregistrés dans la gestion
de la qualité d'eau se sont répercutés sur leur survie, entraînant des
surdensités de plus en plus fréquentes qui freinaient la production. La
réponse logique à ce problème, à partir de 1988, fut de baisser le
nombre d'animaux introduits annuellement.
95
Les femelles. Dans une cohorte, la sous-population de femelles grossit
lentement mais de façon homogène (figure 2.5). Les cohortes de femelles
ensemencées en système continu sont donc facilement identifiables et
se suivent à intervalles réguliers jusqu'à atteindre la taille de capture.
Elles sont peu concernées par le phénomène de croissance compensatoire
lié à la pêche sélective de gros animaux. Leur croissance est lente,
environ 1,5 à 2 g/mois jusqu'au douzième mois, âge auquel elles
commencent à être récoltées à la maille de 25 mm (figure 2.6).
1.4. Conclusion
Ces éléments montrent que, dans ce schéma d'une apparente simplicité
de mise en œuvre (régularité des ensemencements et des pêches), la
gestion de la population est complexe. Une bonne croissance et donc
un bon rendement ne sont obtenus que pour une biomasse adéquate
(60 g/m
2 environ). En deçà, le rendement diminue ; au delà, le système
se bloque et il faut alors pêcher massivement pour relancer la croissance.
Or, la biomasse dépend de facteurs aléatoires comme la survie des
postlarves à l'ensemencement ou l'efficacité de la pêche sélective. Pour
cette raison, les résultats de production sont extrêmement variables.
La ferme Charpentier en Martinique est l'exemple d'une convergence
de facteurs favorables et d'un suivi de l'élevage très régulier et bien
adapté au schéma de production (figure 2.7). Cet exemple illustre
parfaitement la théorie du mode de gestion en continu mais n'est pas
représentatif de la majorité des résultats obtenus.
En résumé, le système continu classique a l'avantage d'être simple et
facile d'utilisation. C'est un système qui permet de produire toute l'année
de gros animaux de taille homogène avec un seul bassin. Mais l'absence
de contrôle du cheptel au début et en cours d'élevage en font une
technique de production sujette à une grande variabilité de résultats
surtout lorsque le milieu d'élevage est mal maîtrisé. Ce caractère aléatoire
justifie qu'on ait cherché à améliorer cette technique.
2. Système continu multiphase
2.1. Evolution à partir du continu simple
Le schéma décrit ci-dessus, mis au point aux Antilles en 1983 et importé
en Guyane en 1985, a subi une adaptation au cours du temps. En
effet, la norme de 18 PL/m
2 /an qui donnait de bons résultats sur les
fermes antillaises en 1982-83, intégrait en fait une perte de postlarves
importante à l'ensemencement. Les progrès enregistrés dans la gestion
de la qualité d'eau se sont répercutés sur leur survie, entraînant des
surdensités de plus en plus fréquentes qui freinaient la production. La
réponse logique à ce problème, à partir de 1988, fut de baisser le
nombre d'animaux introduits annuellement.
95
