Lorsque les développements des deux souches sont analogues, on observe un accroissement de la vitesse de la cellulolyse par rapport à celle enregistrée dans les monocultures de
la souche C ou dans les dicultures où la souche C prédomine. Cette accélération de
l’hydrolyse de la cellulose avait déjà été observée par Ng et al.( 1981) sur des cocultures
associant Clostridium thermocellum (souche thermophile cellulolytique) et Clostridium
thermohydrosulfuricum (souche thermophile, non-cellulolytique, capable de dégrader
de nombreux sucres dont le cellobiose). Les auteurs en avaient conclu que dans la
diculture, la consommation rapide par la souche non-cellulolytique, de produits hydrolytiques tels que des sucres réduits pouvait faciliter la dégradation de la cellulose. Ces
produits hydrolytiques réduits ne seraient ni le glucose, ni le cellobiose qui, ne s’accumulant jamais dans le milieu de culture, n’apparaissent pas comme des facteurs limitant la
cellulolyse.
- Les tricultures (souche C + souche F + souche M)
Les tricultures dégradent la CMC en acétate, gaz carbonique, et méthane, avec production variable d’hydrogène, formate, lactate, propionate et éthanol (fig. 3).
Figure 3 : Triculture
(Souche C + Souche F + Souche M sur CMC)
Figure 3a : Dégradation de la CMC en fonction
du temps.
Figure 3b : Production d’Acétate et CH 4 en fonction du temps.
Bactéries / ml
Figure 3c : Evolution des populations bactériennes en fonction du temps.
Certaines expériences ont mis en évidence des phénomènes d’inhibition : lorsque le
développement des deux souches fermentatives est particulièrement important, on
observe une inhibition temporaire ou définitive du développement de la souche méthanogène. Une telle inhibition dont le mécanisme n’a pas encore été éclairci avait déjà été
observée par Weimer et Zeikus (1977) dans des dicultures associant Clostridium thermocellum (souche cellulolytique thermophile) et Methanobacterium thermoautotrophicum
(souche méthanogène thermophile).
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