Analyse des amino-acides
Les A.A. dissous, préalablement concentrés sur résine échangeuse d’ions (Dreze et
al, 1954), sont séparés et dosés par une technique de chromatographie en phase liquide
haute performance (C.L.H.P.). Cette méthode permet de séparer les A.A. naturels et
radioactifs présents dans les échantillons.
L’appareil utilisé est de type Kontron (système compact LCS 620). Il se compose de deux
pompes, d’une chambre de mélange et d’un programmateur. En sortie de colonne deux
détecteurs sont branchés en flux continu : un spectrofluorimètre (Kontron SFM 23/B),
dont la cuve de mesure fait 20 p\, et un détecteur de radioactivité par scintillation liquide
(Kontron Flo-one DR). Un intégrateur-calculateur Delsi (Enica 10) est joint à l’ensemble
pour enregistrer et intégrer les chromatogrammes.
Nous avons employé la technique de séparation de partage en polarité de phase inversée
(Lindroth et Mopper, 1979). La colonne est garnie de silice greffée C 1C 18 (Beckman
Ultrasphère-ODS 4,6. 250 mm granulométrie 5 µm). La séparation se fait par un gradient
d’élution de deux solvants polaires. Le solvant A est un mélange de tétrahydrofurane, de
méthanol et de tampon acétate 0,05 M à pH = 5,9 (8:192:800 vol/vol) le solvant B un
mélange de méthanol et de tampon acétate 0,05 M pH = 5,9 (800:200 vol/vol) (Hogan et
a/,1982).
Numérations bactériennes
Les numérations sont effectuées de façon directe par comptage au microscope à épifluorescence, sur des échantillons fixés au formol à 37% et filtrés sur membrane Nuclépore de
porosité 0,22 //m (Hobbie et al, 1977). Les bactéries hétérotrophes aérobies viables sont
comptées après ensemencement sur le milieu gélosé 2216 E, à partir de dilutions de 10 en
10 (Oppenheimer et Zobbel, 1952).
RÉSULTATS
Répartition de la radioactivité entre l’eau et le sédiment
L’utilisation des A.A. par les bactéries se traduit entre autres par un dégagement de
14 C-CO 2 provenant de la respiration. Les résultats obtenus au cours de notre expérimentation font apparaître une émission globale, à l’issue des deux heures, correspondant à 10%
de la radioactivité initiale. La phase de respiration maximale se situe entre 10 et 30
minutes. Il est probable qu’un certain délai soit nécessaire entre la pénétration de l’A.A.
dans la cellule et le rejet de CO 2 (dilution isotopique) (fig. 2). Ceci expliquerait le décalage
entre la baisse du taux d’A. A. libres retrouvés dans la phase aqueuse et le dégagement de
CO 2 .
Le transfert des A. A. de l’eau vers le sédiment peut être dû soit à la sédimentation de
particules, soit à la diffusion moléculaire ; toutefois cette deuxième hypothèse peut être
éliminée en raison de la concentration en acides aminés libres dissous (A. A.L.D) de l’eau
interstitielle qui est toujours supérieure à celle des A.A.L.D de l’eau sus-jacente. L’importance du mécanisme physique d’adsorption et de transfert du traceur vers le sédiment a été
estimée à partir de l’expérimentation réalisée à 0°C. Les mesures de radioactivité du
liquide sus-jacent font apparaître une baisse régulière de la radioactivité globale en
fonction du temps.
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