A nalyse chimique du pétrole résiduel
L’analyse chimique du pétrole résiduel montre, après 3 semaines de séjour dans l’eau, des
différences avec le pétrole initial plus ou moins accentuées selon les saisons.
Les n-paraffines en C 10 , C 11 et C12 disparaissent dans les bassins H et HE, quelle que soit
la saison, sous l’effet de la seule évaporation ou sous l’effet combiné de l’évaporation et
d’une activité microbienne. Dans les périodes “froides” la différence sur les chromatogrammes obtenus en CPV entre les bassins H et HE portent, tout au plus, sur les
n-paraffines en C14 mais l’analyse en RMN du proton révèle que l’apport d’engrais
correspond aussi à une légère attaque des chaînes longues. En périodes “chaudes” les
différences entre les bassins H et HE sont beaucoup plus nettes ; en particulier, la période
juin-juillet correspond, pour le bassin HE, à une disparition presque totale des
n-paraffines.
L’analyse en RMN du proton permet de constater aussi que tous les types moléculaires
sont alors l’objet d’une oxydation surtout en présence d’engrais, résultats confirmés, pour
les structures aromatiques, par les chromatogrammes obtenus en CLHP qui montrent des
variations dans les rapports de concentrations des composés formés de 2 à 5 cycles
aromatiques.
DISCUSSION
La biodégradation des hydrocarbures en mer se réalise avec des vitesses qui sont incompatibles avec les activités économiques de l’homme. La pêche, le tourisme et les richesses
ornithologiques sont, entre autres, touchés par les déversements massifs de pétrole. Il
s’agit donc d’accélérer la biodégradation afin de limiter leurs effets nocifs. De plus, il est
nécessaire d’éviter les modifications chimiques que subissent les produits pétroliers sous
l’influence de la lumière solaire et qui les rendent moins biodégradables (Tagger et al.,
1983). L’engrais azoté et phosphoré utilisé dans ce travail avait pour but d’accroître la
vitesse de dégradation du pétrole en augmentant, par l’intermédiaire des microorganismes, le potentiel de dégradation des eaux polluées.
Toutes les analyses biologiques et chimiques démontrent que l’apport d’engrais détermine
une biodégradation plus accentuée du pétrole. De plus, quelle que soit la saison d’expérience, le pétrole résiduel traité ne “colle” plus aux doigts comme il le fait encore après 3
semaines de séjour dans les bassins lorsqu’il n’a pas été traité. L’apport d’engrais a
effectivement eu un certain nombre d’effets attendus sur la microflore hétérotrophe et la
microflore capable de dégrader les hydrocarbures qui sont toujours plus importantes
dans les bassins HE ayant reçu pétrole + engrais. L’engrais agit également par l’intermédiaire du phytoplancton dont le développement peut être très important dans les bassins
traités, surtout en période chaude, avec évidemment une diminution de la diversité des
espèces qui reste cependant toujours très modérée. Ce développement phytoplanctonique
constitue un facteur favorable au développement microbien, car il représente une source
de matières organiques assimilables, et au maintien d’une teneur en oxygène dissous
compatible avec la biodégradation du pétrole.
La résultante de l’évolution de ces facteurs est l’augmentation du potentiel de dégradation
des eaux qui se traduit par la modification de la composition chimique du pétrole résiduel.
L’accélération de la biodégradation par l’engrais a été relativement plus faible en
novembre-décembre mais il faut tenir compte du facteur important que représente la
température des eaux dont l’influence sur la biodégradation a été précisée. Or cet effet doit
se manifester avec n’importe quel processus d’enrichissement des eaux.
Enfin, il est certain que cet engrais, immédiatement assimilable par les micro-organismes,
doit être apporté dans le milieu marin de façon lente et continue afin de ne pas provoquer
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