La technique d’enrichissement en eau peptonée alcaline est basée sur les propriétés
physiologiques majeures des vibrions : aérophilie, basophilie et rapidité de multiplication
cellulaire. Elle s’effectue à la température de 30°C et à 2 teneurs différentes de salinité : 25 g
par litre de chlorure de sodium et 0 g/litre de façon à favoriser les espèces halophiles ou
non.
L’isolement est pratiqué en stries sur 2 boîtes de Pétri, l’une contenant un milieu non
sélectif : l’eau peptonée alcaline gélosée, l’autre un milieu sélectif: le T. C. B. S. (Thiosulfate
- Citrate - Bile - Saccharose).
L’identification fait appel aux critères très classiques de morphologie, physiologie, biochimie et de sérologie. Les résultats des identifications ont été confrontés avec la description des espèces exposées notamment dans la taxonomie numérique de Kaper et coll.
(1983).
De façon concomittante à partir de l’eau, on a procédé à la numération des vibrions
susceptibles de cultiver à 42°C en eau peptonée alcaline enrichie à 7 % de chlorure de
sodium (technique du nombre le plus probable de germes). Chaque culture positive après
72 h d’incubation au bain-marie est repiquée sur milieu T.C.B.S. L’apparition de colonies
jaunes ou vertes après 18 h d’étuve à 42°C témoigne de la présence de vibrions que nous
qualifions de “halophiles et thermophiles” (présomption de Vibrio alginolyticus et de V.
parahaemolyticus). Les résultats sont exprimés par litre d’eau.
En plus de la recherche de vibrions, les coliformes totaux ont été dénombrés après culture
à 30°C pendant 48 h sur bouillon lactosé bilié au vert brillant et, parmi eux, les coliformes
fécaux après épreuve de Mac Kenzie à 44°C.
RÉSULTATS ET DISCUSSION
Mille cinq cent vingt souches de Vibrio ont été isolées des eaux et des sédiments ; elles se
répartissent presque toutes dans 5 espèces d’importance numérique inégale.
* Il convient d’abord de signaler l’absence de Vibrio cholerae sérotype 01 de l’ensemble
des prélèvements. Par contre, 127 souches de V. cholerae non-agglutinables (nag) ont été
récoltées pendant une période d’analyse de 2 ans. Les biotypes 2 de Heiberg (1936),
c’est-à-dire saccharose-positif, arabinose et mannose négatifs et 1 (saccharose +, arabinose -, mannose +) prédominent avec respectivement 59 et 52 souches, vient ensuite le
biotype 5, saccharose-négatif que Brenner et Davis (1981) considèrent comme une nouvelle espèce sous le vocable V. mimicus. On peut négliger les biotypes 3 (2 souches), 4 et 7
(une souche chacun).
La région concernée est celle de la rivière l’Eyre et de son estuaire dans un rayon de 8 km
c’est-à-dire la portion sud-est du bassin caractérisée par une salinité sujette à variations
selon le lieu et l’état de la marée. Ainsi pratiquement nulle dans la rivière, la teneur en sels
atteint en moyenne pour les prélèvements intéressés 12 à 13 g/1. De plus, cette région
présente une teneur en matière organique élevée notamment dans les sédiments. La
majorité des isolements (74 %) provient des prélèvements effectués de mai à octobre,
période où la température de l’eau égale ou dépasse 15°C. Cette catégorie de vibrions se
rencontre surtout dans les eaux (81 %). Ces deux remarques sont valables quel que soit le
groupe biochimique examiné.
Le biotype 2 se rencontre surtout dans les eaux de la rivière et du proche estuaire, peu
fréquent dans les sédiments (14 %) dont il est pratiquement absent en période froide. Le
biotype 1 présente un comportement similaire à cette différence près que les pourcentages
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