composés réduits jouant le rôle de donneurs d’électrons (S 2 , H2, CH4 + , NO2 , FE2+,
MN 2
+ ), comme la température de 20°C, sont des conditions où de nombreuses bactéries
chémolitotrophes colonisent, en fonction de leurs besoins métaboliques, des substrats
variés. Les substrats incluent le tégument des invertébrés se trouvant dans cette zone.
Cette hypothèse est confirmée par les récentes expérimentations réalisées in situ avec des
produits marqués (Alayse-Danet et al., 1985 ; Tuttle et al., 1983) qui ont mis en évidence
l’existence d’activité chémosynthétique d’une partie de la flore associée au Ver de Pompéï.
Des cultures bactériennes incluant les métabolismes mixo et hétérotrophes ont également
été récemment isolées à partir des échantillons prélevés sur les tubes.
Le Ver de Pompéï n’est pas le seul Polychète à coloniser cet environnement, d’autres
amnélides telle Paralvinella grasslei peuvent en effet être très abondantes dans certains
sites (Desbruyères et al, 1985). Il faut noter néanmoins que si l’on considère l’ensemble des
Polychètes présentes dans ces sources, seule Alvinella pompejana présente une telle
densité de bactéries filamenteuses. Ajoutons qu’excepté les Polynoïdes, colonisées par des
bactéries bioluminescentes, l’épibiose bactérienne du Ver de Pompéï ne comporte aucun
équivalent chez les Polychètes actuellement connues (Sieburth, 1975).
Les bactéries associées au tégument d'Alvinella pompejana se développent dans un
microenvironnement limité par l’épiderme de l’animal et son tube. Ces bactéries peuvent
utiliser des composés inorganiques provenant soit du fluide hydrothermal, soit de l’animal (CO2, CH4), comme des composés organiques provenant de l’activité du ver (acides
aminés, polysaccharides) (Gaill et al, in press). Le ver lui-même peut utiliser les composés
organiques dissous issus du métabolisme bactérien ; cette utilisation peut avoir lieu au
niveau de l’épiderme qui est une zone très irriguée.
Une telle association peut avoir plusieurs origines et il est possible que ces bactéries jouent
un rôle de détoxification. L’environnement d'Alvinella pompejana est riche en H
2
S qui
est un produit toxique pour les organismes. L’utilisation intensive de ce produit par les
bactéries pourrait réduire de manière significative les concentrations locales en H
2
S.
L’abondance des éléments métalliques trouvés à proximité de certaines associations
(Laubier et al, 1983 ; Gaill et al, 1984b) pourrait être le résultat de cette utilisation.
La signification fonctionnelle de cette épibiose reste encore incertaine et les analyses en
cours, comme les prochaines expérimentations, devraient nous permettre de préciser la
nature et le fonctionnement de ces associations bactériennes.
ALAYSE-DANET A.M., GAILL F. & DESBRUYÈRES D., 1985. Studies on the relationship between the Pompei
worm and epibiotic bacteria - J. Mar. Biol. Soc. U.K. sous presse.
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BOSCH & GRASSE P. P., 1984 b. Cycle partiel des bactéries chimiautotrophes symbiotiques et leurs rapports avec
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symbiotiques et des bactériocytes - C.R. Acad. Sci. Paris, 299 (10) : 413-419.
CAVANAUGH C.M., GARDINER S.L., JONES M.L., JANNASCH H.W.& WATERBURY J.B., 1981. - Prokaryotic cells
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