Plusieurs types d’associations bactéries-invertébrés ont été décrites et étudiées. Le cas le
plus spectaculaire est celui du Pogonophore Riftia pachyptila, (Cavanaugh et al. 1981,
Bosch et Grassé, 1984a ; b ; Felbeck, 1981 ; Childress et al., 1985) mais différents niveaux
d’associations ont également été découverts chez les deux bivalves géants Calyptogena et
Bathymodiolus (Cavanaugh, 1983 ; Fiala-Medioni, 1984 ; Le Pennec et Prieur, 1984).
Alvinellapompejana (Desbruyères et Laubier, 1980) construit des tubes organiques à la
surface des diffuseurs à sulfure de zinc appelés également fumeurs blancs (Desbruyères et
al., 1985). Dans cette zone, le fluide hydrothermal qui est enrichi en minéraux (sulfures
polymétalliques, Si, Ca), réducteur, acide et chaud se mélange à l’eau de mer plus froide
qui elle est oxygénée et riche en sulfates.
Ces fluides contiennent des taux importants de gaz dissous (méthane, CO 2 , H 2 S) (Lilley et
al., 1983) et leur mélange produit un gradient physicochimique qui s’étend sur une
distance de 20 à 30 cm. C’est dans cette zone que l’on observe de nombreuses précipitations minérales (Pb, Zn, As) (Desbruyères et al., 1985). C’est également dans cette zone,
propice à la chémosynthèse bactérienne, que prospèrent les Alvinellinae. Leur biotope est
localisé à la bordure externe du gradient thermique (20°-40°C) mais l’hypothèse d’une
incursion possible de ces organismes dans les zones plus chaudes n’est pas exclue.
En effet, l’observation de coupes transversales de diffuseurs révèle la présence de tubes
d'Alvinella dans la partie centrale de ces édifices où la température excède 200°C.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Des exemplaires du Ver de Pompéï (Alvinella pompejana) provenant de deux sites
hydrothermaux dorsale du Pacifique oriental à 2600 m de fond du 21° N (mission
américaine OASIS avec le sous-marin ALVIN) et du 13° N (missions françaises BIOCYATHERM et BIOCYCARISE avec la soucoupe CYAN A) ont été étudiés à l’aide de la
microscopie électronique à balayage (MEB) et à transmission (MET) (Desbruyères et al,
1983 ; Gaill et al, 1984a). Les expériences in situ ont été réalisées en plaçant des animaux
pendant 24 heures dans de l’eau de mer contenant du bicarbonate marqué à
14 C (20). Les
accumulations minérales ont été analysées dans les tissus par microanalyse X (Gaill et al,
1984b) et analyseur ionique (Laubier et al, 1983).
MORPHOLOGIE DES BACTÉRIES ASSOCIÉES AU VER DE POMPÉÏ
L’observation d'Alvinella pompejana a permis de distinguer des types bactériens morphologiquement variés. Quatre groupes de bactéries peuvent être constitués en fonction de
leur disposition sur l’épiderme (Desbruyères et al, 1983 ; Gaill et al, 1984a ; Gaill et al, in
press).
A. Bactéries dispersées à la surface de l’animal. - Trois types principaux ont été observés :
le premier type correspond à des bacilles reliés à la cuticule de l’animal par de fins
filaments. Le second type correspond à des bactéries pédonculées. Les bactéries spiralées
constituent un troisième type (fig. 1, C).
Ces trois types de bactéries sont bien différenciés et abondants. D’autres formes ont été
mises en évidence en microscopie électronique à transmission, certaines pouvant correspondre aux types décrits ci-dessus.
B. Bactéries associées en bouquet. - Certaines portions de la cuticule des Vers sont
localement transformées. Ces transformations se situent principalement dans les zones
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