Selon l’éthologie alimentaire (filtreurs, brouteurs d’épistrates, mangeurs de dépôts...) et la
taille des organismes étudiés, certains problèmes méthodologiques se posent à l'expérimentateur. En premier lieu, il convient de présenter la nourriture sous une forme aussi
proche que possible de celle rencontrée par l’animal dans la nature. Par exemple, à un
organisme benthique non filtreur seront offertes des sources trophiques “sédimentées” ou
“fixées” sur des supports. En second lieu, parce que la méthode la plus fiable permettant à
la fois d’identifier et de quantifier la nourriture consommée est basée sur l’utilisation de
traceurs radioactifs (Sorokin, 1968 ; Conover & Francis, 1973...), il convient de marquer
les sources trophiques, le marquage devant être uniforme, stable dans le temps et d’autant
plus élevé que la taille des consommateurs diminue.
Dans le présent travail, préliminaire à l’étude de la nutrition d’organismes benthiques non
filtreurs de petite taille (méiofaune), nous avons testé la capacité de fixation de microorganismes sur des substrats inertes tels que billes de verre et grains de sable, ainsi que les
conditions optimales de leur marquage et l’évolution de ce marquage dans le temps.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Deux souches pures isolées à partir du sédiment ont été utilisées dans cette étude : -une
bactérie du genre Pseudomonas, et une diatomée du genre Navicula. Les souches sont
cultivées à 20°C en milieu liquide : Zobell 2216 (Oppenheimer & Zobell, 1952) à
l’obscurité pour les bactéries, et F/2 (Guillard & Ryther, 1962) en cycle jour/nuit
(12/ 12h) pour les diatomées. Les comptages bactériens sont effectués par étalement sur
milieu solide (1.5% agar) après dilutions successives en eau de mer stérile. Les diatomées
sont dénombrées au microscope sur cellule de Thoma après fixation au lugol.
Présentation de la nourriture
Du fait de leur taille (16.5 µm x 6.45 µm), les diatomées sédimentent rapidement et ne
posent pas de problème majeur de présentation. En revanche, les bactéries, plus petites
(3.9 µm x 1.4 µm), tendent à rester en suspension, et une étude de fixation sur divers
supports a dû être menée. Les supports utilisés se composent de billes de verre et grains de
sable dont la médiane est proche de celle du sédiment habité par les consommateurs
étudiés (230 µm).
Une première étude est menée en fonction du temps sur des billes de 250 µm de médiane.
Au temps 0, 10 tubes à essai contenant 5 ml de milieu de culture et 1 g sec de “support” sont
inoculés avec 2 x 10 6 bactéries. Après différents temps d’incubation (3 heures à 6 jours), le
milieu de culture est éliminé et les billes rincées délicatement. Après agitation vigoureuse
et prolongée (5 à 10 mn), les bactéries “fixées” sont comptées.
Une seconde étude est menée en fonction de la nature du support sur des billes de verre de
250 µm de médiane, des billes de verre concassées (200 µm de médiane) et du sable
dépourvu de matière organique (4 h à 400°C) de 230 µm de médiane. Au temps 0,3 flacons
contenant 20 g secs de “support” et 10 ml de milieu de culture sont ensemencés avec 5 x 10 5
bactéries. Après 48 h, les “supports” sont rincés et les bactéries “fixées” comptées.
Marquage des sources trophiques
Il s’agit de déterminer à quel instant et sous quelle forme l’isotope radioactif ( 14 C) doit être
introduit dans la culture pour que son incorporation soit optimale. L’isotope
(200µCi. U
1 ) est fourni soit sous la forme de 14C-acide glutamique, soit sous la forme de
14 C-glucose aux bactéries, et sous la forme de 14 C-bicarbonate aux diatomées. Au temps
394
taille des organismes étudiés, certains problèmes méthodologiques se posent à l'expérimentateur. En premier lieu, il convient de présenter la nourriture sous une forme aussi
proche que possible de celle rencontrée par l’animal dans la nature. Par exemple, à un
organisme benthique non filtreur seront offertes des sources trophiques “sédimentées” ou
“fixées” sur des supports. En second lieu, parce que la méthode la plus fiable permettant à
la fois d’identifier et de quantifier la nourriture consommée est basée sur l’utilisation de
traceurs radioactifs (Sorokin, 1968 ; Conover & Francis, 1973...), il convient de marquer
les sources trophiques, le marquage devant être uniforme, stable dans le temps et d’autant
plus élevé que la taille des consommateurs diminue.
Dans le présent travail, préliminaire à l’étude de la nutrition d’organismes benthiques non
filtreurs de petite taille (méiofaune), nous avons testé la capacité de fixation de microorganismes sur des substrats inertes tels que billes de verre et grains de sable, ainsi que les
conditions optimales de leur marquage et l’évolution de ce marquage dans le temps.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Deux souches pures isolées à partir du sédiment ont été utilisées dans cette étude : -une
bactérie du genre Pseudomonas, et une diatomée du genre Navicula. Les souches sont
cultivées à 20°C en milieu liquide : Zobell 2216 (Oppenheimer & Zobell, 1952) à
l’obscurité pour les bactéries, et F/2 (Guillard & Ryther, 1962) en cycle jour/nuit
(12/ 12h) pour les diatomées. Les comptages bactériens sont effectués par étalement sur
milieu solide (1.5% agar) après dilutions successives en eau de mer stérile. Les diatomées
sont dénombrées au microscope sur cellule de Thoma après fixation au lugol.
Présentation de la nourriture
Du fait de leur taille (16.5 µm x 6.45 µm), les diatomées sédimentent rapidement et ne
posent pas de problème majeur de présentation. En revanche, les bactéries, plus petites
(3.9 µm x 1.4 µm), tendent à rester en suspension, et une étude de fixation sur divers
supports a dû être menée. Les supports utilisés se composent de billes de verre et grains de
sable dont la médiane est proche de celle du sédiment habité par les consommateurs
étudiés (230 µm).
Une première étude est menée en fonction du temps sur des billes de 250 µm de médiane.
Au temps 0, 10 tubes à essai contenant 5 ml de milieu de culture et 1 g sec de “support” sont
inoculés avec 2 x 10 6 bactéries. Après différents temps d’incubation (3 heures à 6 jours), le
milieu de culture est éliminé et les billes rincées délicatement. Après agitation vigoureuse
et prolongée (5 à 10 mn), les bactéries “fixées” sont comptées.
Une seconde étude est menée en fonction de la nature du support sur des billes de verre de
250 µm de médiane, des billes de verre concassées (200 µm de médiane) et du sable
dépourvu de matière organique (4 h à 400°C) de 230 µm de médiane. Au temps 0,3 flacons
contenant 20 g secs de “support” et 10 ml de milieu de culture sont ensemencés avec 5 x 10 5
bactéries. Après 48 h, les “supports” sont rincés et les bactéries “fixées” comptées.
Marquage des sources trophiques
Il s’agit de déterminer à quel instant et sous quelle forme l’isotope radioactif ( 14 C) doit être
introduit dans la culture pour que son incorporation soit optimale. L’isotope
(200µCi. U
1 ) est fourni soit sous la forme de 14C-acide glutamique, soit sous la forme de
14 C-glucose aux bactéries, et sous la forme de 14 C-bicarbonate aux diatomées. Au temps
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