externes” ou “ectocrines”, pour ces substances médiatrices. De nombreux auteurs ont,
par la suite, apporté leur contribution à la connaissance de ces interactions.
Dans le domaine de la microbiologie marine, une distinction a rapidement été faite entre
les interactions algues-algues (Maestrini et Bonin, 1981b) et les relations bactériesbactéries ou bactéries-algues (Aubert et ai, 1981).
Pour les algues, la médiation chimique a été essentiellement invoquée comme facteur
influant sur la compétition entre les espèces et leur succession dans le temps (Smayda,
1963). La réalité du phénomène in situ n’est toutefois reconnue, par extension, que dans
les eaux eutrophes où les densités cellulaires sont élevées, car la presque totalité des
données expérimentales dont on dispose a été acquise à l’aide de cultures unispécifiques
en milieu non renouvelé, dans lesquelles les ectocrines peuvent s’accumuler. La littérature
compte peu de contributions suggérant l’influence de ces ectocrines algales dans les
populations phytoplanctoniques naturelles, même dans les zones eutrophes (Kutt et
Martin, 1975 ; Gauthier et al., 1975 ; Uchida, 1977 ; Keating, 1977, 1978 ; Honjo et al.,
1978) et seuls les travaux de Keating (1978) ont apporté la démonstration d’une inhibition
directe d’algues isolées du milieu par des eaux lacustres naturelles.
Les relations algues-bactéries ont également fait l’objet de nombreux travaux (Sieburth,
1968 ; Aubert et ai, 1981). Presque tous concernent les activités inhibitrices développées
par les algues sur les bactéries telluriques (E. coli, germes pathogènes pour l’homme) et
seules quelques études se sont intéressées aux relations entre les algues et les bactéries du
milieu marin (Rieper, 1976 ; Delucca et McCracken, 1977). De nombreuses souches
d’algues planctoniques produisent effectivement in vitro un ou plusieurs antibiotiques
(Aubert et ai, 1981) et diverses bactéries marines sont douées de propriétés antialgales
(Berland et ai, 1972). Peu d’éléments significatifs ont cependant été apportés pour
confirmer la présence in situ de ces ectocrines à des taux efficaces.
Au cours de cette étude, nous avons profité d’un essai de culture en continu de phytoplancton naturel, en grand volume et dans des conditions extérieures (expériences “EcoTRON”, développées sur nie des Embiez, littoral méditerranéen français) pour chercher à
mettre en évidence la production d’ectocrines inhibitrices par la biomasse algale, d’en
étudier la séquence d’apparition et d’analyser, dans la mesure du possible, les éventuelles
conséquences de cette production sur les peuplements bactériens et algaux. Le système
étudié, modérément eutrophe, correspondait à une situation nutritive intermédiaire entre
celles des cultures généralement pratiquées en laboratoire et celles rencontrées dans les
conditions naturelles.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Conditions expérimentales générales :
L’expérience a été réalisée dans un bassin extérieur et ouvert en béton d’environ 35 m 3 ,
alimenté en continu par l’eau de la lagune du Brusc de manière à assurer un renouvellement en 46 heures (soit un débit d’environ 13 l.mn -1 ). Les détails de cette installation ont
été fournis par ailleurs (Riva et Vicente, 1978 ; Lelong et al, 1980). A son arrivée dans le
bassin, l’eau a été enrichie en continu par des engrais azotés (NaNO3, 39 at.l -1 N),
phosphatés (Na2HPO4,4,2µgat.l- P) et en silicates (SiO2,39 µgat.l -1 Si). Le brassage des
eaux a été assuré par injection d’air au fond du bassin. Ce système fonctionnait donc à la
manière d’un fermentateur de grand volume, avec cependant un apport permanent
d’inoculum (micro-organismes de la lagune). De ce point de vue, la culture s’apparentait
en fait plutôt à un “upwelling”.
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par la suite, apporté leur contribution à la connaissance de ces interactions.
Dans le domaine de la microbiologie marine, une distinction a rapidement été faite entre
les interactions algues-algues (Maestrini et Bonin, 1981b) et les relations bactériesbactéries ou bactéries-algues (Aubert et ai, 1981).
Pour les algues, la médiation chimique a été essentiellement invoquée comme facteur
influant sur la compétition entre les espèces et leur succession dans le temps (Smayda,
1963). La réalité du phénomène in situ n’est toutefois reconnue, par extension, que dans
les eaux eutrophes où les densités cellulaires sont élevées, car la presque totalité des
données expérimentales dont on dispose a été acquise à l’aide de cultures unispécifiques
en milieu non renouvelé, dans lesquelles les ectocrines peuvent s’accumuler. La littérature
compte peu de contributions suggérant l’influence de ces ectocrines algales dans les
populations phytoplanctoniques naturelles, même dans les zones eutrophes (Kutt et
Martin, 1975 ; Gauthier et al., 1975 ; Uchida, 1977 ; Keating, 1977, 1978 ; Honjo et al.,
1978) et seuls les travaux de Keating (1978) ont apporté la démonstration d’une inhibition
directe d’algues isolées du milieu par des eaux lacustres naturelles.
Les relations algues-bactéries ont également fait l’objet de nombreux travaux (Sieburth,
1968 ; Aubert et ai, 1981). Presque tous concernent les activités inhibitrices développées
par les algues sur les bactéries telluriques (E. coli, germes pathogènes pour l’homme) et
seules quelques études se sont intéressées aux relations entre les algues et les bactéries du
milieu marin (Rieper, 1976 ; Delucca et McCracken, 1977). De nombreuses souches
d’algues planctoniques produisent effectivement in vitro un ou plusieurs antibiotiques
(Aubert et ai, 1981) et diverses bactéries marines sont douées de propriétés antialgales
(Berland et ai, 1972). Peu d’éléments significatifs ont cependant été apportés pour
confirmer la présence in situ de ces ectocrines à des taux efficaces.
Au cours de cette étude, nous avons profité d’un essai de culture en continu de phytoplancton naturel, en grand volume et dans des conditions extérieures (expériences “EcoTRON”, développées sur nie des Embiez, littoral méditerranéen français) pour chercher à
mettre en évidence la production d’ectocrines inhibitrices par la biomasse algale, d’en
étudier la séquence d’apparition et d’analyser, dans la mesure du possible, les éventuelles
conséquences de cette production sur les peuplements bactériens et algaux. Le système
étudié, modérément eutrophe, correspondait à une situation nutritive intermédiaire entre
celles des cultures généralement pratiquées en laboratoire et celles rencontrées dans les
conditions naturelles.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Conditions expérimentales générales :
L’expérience a été réalisée dans un bassin extérieur et ouvert en béton d’environ 35 m 3 ,
alimenté en continu par l’eau de la lagune du Brusc de manière à assurer un renouvellement en 46 heures (soit un débit d’environ 13 l.mn -1 ). Les détails de cette installation ont
été fournis par ailleurs (Riva et Vicente, 1978 ; Lelong et al, 1980). A son arrivée dans le
bassin, l’eau a été enrichie en continu par des engrais azotés (NaNO3, 39 at.l -1 N),
phosphatés (Na2HPO4,4,2µgat.l- P) et en silicates (SiO2,39 µgat.l -1 Si). Le brassage des
eaux a été assuré par injection d’air au fond du bassin. Ce système fonctionnait donc à la
manière d’un fermentateur de grand volume, avec cependant un apport permanent
d’inoculum (micro-organismes de la lagune). De ce point de vue, la culture s’apparentait
en fait plutôt à un “upwelling”.
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