L’introduction de la prédation par deux catégories de ciliés ne modifie pas les résultats (3 e
hypothèse). Par contre, le développement du zooplancton (fonctions attribuées dans la
simulation présentée : broutage du phytoplancton et des bactéries ; production de pelotes
fécales essentiellement constituées de matériel organique réfractaire) conduit à une évolution analogue à celle observée lors du développement de ces organismes et à la multiplication des vibrions. Différentes hypothèses ont été testées pour expliquer cet effet du
zooplancton (suppression éventuelle des antimétabolites par broutage du phytoplancton,
prédation sur les bactéries, production de matière organique par le zooplancton) et en
définitive, comme l’avaient suggéré Koguré et al (1980), il apparaît que la dynamique
obtenue est essentiellement liées à la matière organique excrétée par les zooplanctontes.
On a également utilisé cette démarche pour tenter d’évaluer la contribution respective du
zooplancton et des bactéries aux processus de reminéralisation dans cet écosystème. Dans
ce cas, les expérimentations et les simulations effectuées montrent deux phases de niveau
d’activité hétérotrophe différentes selon que le phytoplancton est en croissance active ou
au contraire en déclin, période où la reminéralisation est la plus intense. La faible teneur
en matières organiques ne permet pas une régénération importante pendant la phase de
croissance du phytoplancton. L’excrétion d’azote ammoniacal devient très significative
lors du développement du zooplancton (fig. 3) mais on peut observer une reminéralisation
d’origine bactérienne modérée mais non négligeable dans cette phase si l’on supprime
artificiellement l’activité du zooplancton (fig. 3). L’accumulation de matériel organique
réfractaire à une dégradation rapide montre l’importance à plus long terme des bactéries
dans la lente minéralisation des déchets. Par contre, les bactéries autotrophes, également
prises en compte dans les modèles élaborés ne montrent aucune activité significative dans
l’écosystème planctonique étudié, de même que les ciliés dont les effectifs et surtout la
biomasse demeurent très limités.
CONCLUSION
Cette stratégie montre que parmi les facteurs de régulation de la dynamique des communautés bactériennes, la matière organique provenant des algues ou issue du zooplancton
(pelotes fécales) apparaît essentielle alors que d’autres facteurs, quoique susceptibles de
moduler le comportement des communautés (substances antibiotiques élaborées par le
phytoplancton surtout et, dans une moindre mesure, effets de la prédation exercée par les
ciliés et le zooplancton sur les bactéries) paraissent jouer un rôle moins déterminant. Cette
démarche permet également de distinguer la contribution des bactéries dans les phénomènes de reminéralisation. Cependant, une évaluation plus précise de la contribution
respective de ces différentes variables aux phénomènes observés ne peut être obtenue qu’à
partir de l’expérimentation et de mesures réelles. L’utilisation des modèles autorisera
cependant une estimation de l’importance relative des différentes variables prises en
compte dans le système étudié et peut ainsi guider l’élaboration des plans expérimentaux
indispensables à la quantification.
BELL W„ MITCHELL R., 1972. Chemotactic and growth responses of marine bacteria to algal extracellular
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CAHETG., MARTIN Y.P., 1978. Production primaire et activité bactérienne en eutrophisation expérimentale
(lagune du Brusc, automne 1977). Publ. CNEXO, Actes de colloq., 1979, 7 : 351-366.
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