début de ce travail, il est possible d’estimer l’importance relative de deux types de
métabolismes nitrifiants, soit le nombre d’individus multiplié par l’activité nitrifiante
spécifique. On obtient ainsi une estimation du pouvoir nitrifiant autotrophe et hétérotrophe de l’eau et du sédiment des deux biotopes étudiés. Ces résultats sont exprimés en pg
de N-NO2 produit/heure/ml d’eau ou /ml de sédiment (tab 3). D’après ces données,
Estuaire
Infralittoral
A
0,5627
0,2715
Eau
H
0,0393
0,0011
A
1631,83
70,32
Sédiment
H
68,46
0,06
Tableau 3 : Estimation du pouvoir nitrifiant autotrophe (A) et hétérotrophe (H). Les résultats sont exprimés
en pgN-NO 2 /heure/ml d’eau ou de sédiment.
l’estuaire, plus riche en organismes nitrifiants mais dont les cellules sont moins actives,
aurait un pouvoir nitrifiant beaucoup plus important que la zone marine de l’étage
infralittoral. L’examen de ce tableau montre également que 1 ml d’eau serait beaucoup
moins productif que 1 ml de sédiment ce qui semble normal puisque les peuplements de
nitrifiants y sont toujours beaucoup moins denses. Enfin, d’après ce tableau, le pouvoir
nitrifiant hétérotrophe serait beaucoup plus faible que l’activité nitrifiante autotrophe et
ceci bien que les peuplements de nitrifiants hétérotrophes dominent largement les autotrophes. Si l’on calcule le pourcentage de l’hétérotrophie dans le processus de nitrification
des biotopes étudiés (tab 4), on constate que ce type de nitrificaiton semble jouer un rôle
minime. Elle est de 4 % à 6 % dans l’estuaire et inférieure à 1 % dans l’étage infralittoral.
Estuaire
Infralittoral
Eau
6,52
0,40
Sédiment
4,03
0,09
Tableau 4 : Part de l’hétérotrophie, en termes d’activité, dans le processus de la
nitrification. Les résultats représentent les pourcentages de l’activité nitrifiante hétérotrophe par rapport à l’activité nitrifiante globale.
Le plus grand pourcentage observé dans le biotope estuarien peut s’expliquer par la
présence de très nombreux organismes nitrifiants hétérotrophes dont le développement
est favorisé par les conditions du milieu (grande richesse en matière organique et faible
oxygénation). Toutefois, il faut noter que ces résultats ne sont que des estimations car
nous nous sommes basés sur l’activité de souches isolées dont on ne sait rien de la
représentabilité dans le milieu naturel. Avant de confirmer ces résultats, il serait peut-être
bon de comparer notre technique d’étude à une méthode plus globale qui pourrait
consister en l’incubation de portions d’écosystème avec ou sans inhibiteur de la nitrification autotrophe.
CONCLUSIONS
En conclusion de ce travail, principalement axé sur les organismes de la nitrification, on
peut estimer la part relative des deux types de nitrification qui aboutissent à la production
de nitrite. D’après nos résultats, il semblerait que dans les écosystèmes que nous avons
étudiés (estuaire et zone marine de l’étage infralittoral), la forte densité des peuplements
de nitrifiants hétérotrophes ne leur donne pas une part prépondérante dans le processus
de la nitrification du fait de leur très faible activité spécifique. Cependant, si l’on se base
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