Le sulfure (fig. 1c) présente des concentrations très variables d’un sédiment à l’autre. Il est
absent (ou présent uniquement à l’état de traces) des dépots aérobies : sable (station C) et
couches superficielles des vases. Il existe toutefois quelques exceptions à ce schéma
général puisqu’il est possible d’observer des sables fortement anoxiques tel celui de
Port-Elizabeth dans la région centrale de l’archipel. Les sédiments anoxiques peuvent être
par contre très riches en sulfure puisque les teneurs atteignent des valeurs supérieures à 62
matg/1 (2000ppm), chiffre important comparé à ceux cités dans les travaux récents tels
ceux de Vosjan et al( 1977), Blake et al (1982), Skyring et al ( 1983) et Ahmed et al (1984).
Lorsqu’il est présent, le sulfure suit une évolution saisonnière très voisine de celle du
carbone organique.
Figure 2 : Variations saisonnières des microflores sulfatoréductrices de divers sédiments de la baie du
Morbihan.
Les bactéries sulfatoréductrices (fig. 2) ne sont pas limitées aux seuls sédiments anoxiques. Elles sont présentes, bien qu’en quantité restreinte, dans les sables de la station C et
sont aussi nombreuses dans les couches superficielles aérobies que dans les couches
anoxiques profondes des vases telles que celle de l’anse du halage. Cette présence indiscutable de la microflore sulfatoréductrice dans des environnements typiquement aérobies
confirme l’existence de microniches avancée par Jorgensen (1977 b). La présence de
phases de croissance intense de cette population semble exclure toute hypothèse basée sur
l’existence de cellules inactives. La respiration anaérobie à partir du sulfate peut donc
s’effectuer sans apparition mesurable de sulfure. Si les bactéries sulfatoréductrices apparaissent bien comme responsables de la majeure partie de la production du soufre réduit, il
n’y a accumulation dé ce dernier que si les conditions physiques du sédiment (texture,
hydrodynamisme etc...) et les phénomènes de bioturbation le permettent en réduisant la
diffusion et la réoxydation qui est effective dans la région étudiée, au moins durant la
période estivale (Delille, 1977).
Les variations saisonnières de la microflore sulfatoréductrice apparaissent beaucoup plus
directement liées à celles des autres microflores hétérotrophes (microflore hétérotrophe
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