Sorensen et al., 1979) ; mais son rôle quantitatif exact au sein des processus hétérotrophiques reste à déterminer.
Durant les années 1968 à 1972, dix stations sédimentaires aussi variées que possible ont
été prospectées au mieux bimensuellement. La mise en évidence de phénomènes à la
dynamique très rapide (Delille et Cahet, 1984) ont rendu nécessaire un resserrement du
rythme de prélèvement. Une étude plus régulière d’une des stations les plus représentatives a été reprise durant une année entière ( 1982) à raison d’un prélèvement par semaine.
La régularité des évolutions saisonnières obtenues en milieu subantarctique permet une
évaluation in situ des vitesses de production des sulfures et de dégradation de la matière
organique. Bien que ce type d’expérience ait déjà été envisagé (Sweeney et Kaplan, 1980)
la plupart des mesures de taux de sulfatoréduction actuellement réalisées utilisent le 35S in
vitro (Sorokin, 1962; Ivanov, 1964; Jorgensen, 1978).
Il nous est ainsi devenu possible d’estimer l’importance relative des bactéries sulfatoréductrices au sein de la microflore hétérotrophe.
MATÉRIEL ET MÉTHODE
Chaque série de prélèvements concerne à la fois la couche aérobie superficielle (toujours
inférieure au cm pour la station de référence de l’anse du halage) et la couche anoxique
profonde. L’échantillonnage est directement effectué à marée basse à l’aide de microcarottes stériles de 2 ml pour les stations intertidales et au moyen d’un carottier Reineck
pour les stations sublittorales.
La population bactérienne totale est estimée par comptage direct en épifluorescence
(Hobbie et al., 1977, légèrement modifiée ; Bouvy, 1984), à l’aide d’un microscope Olympus BHA.
La population hétérotrophe viable aérobie est évaluée par la méthode du M.P.N. sur le
milieu Zobell 2216 (Marine Broth Difco ; 6 tubes par dilution). Les microflores sulfatoréductrices sont dénombrées par la méthode du M.P.N. sur le milieu d’Abd el Malek et Risk
(1958).
Les microflores minéralisatrices de la matière organique soufrée sont estimées par la
méthode du M.P.N. sur un milieu peptoné additionné de cystéine (Lagarde et Cahet,
1964).
Les teneurs en carbone organique sont mesurées sur sédiment préalablement decarbonate
à l’aide d’un analyseur LECO IR 212 (détection à l’infra rouge du CO
2
dégagé après
combustion dans un four à induction à 1200°C).
Les concentrations en sulfure sont mesurées par iodométrie après déplacement sulfurique
et entraînement par courant d’azote sur le sédiment humide fixé à l'acétate de zinc.
RESULTATS ET DISCUSSION
Avec une moyenne de 6°C la température au sein du sédiment (fig. 1a) est caractéristique
du milieu subantarctique. Elle présente une évolution saisonnière régulière et bien marquée qui se retrouve au niveau des deux paramètres chimiques étudiés.
La station de référence choisie (anse du halage) est une vase de teneur en eau moyenne de
72 %. Elle est particulièrement riche en carbone organique avec des valeurs dépassant 6 %
alors que les teneurs reportées pour ce type de sédiment dépassent rarement 2,5 % (Dale,
1974, Krom et Berner, 1980, Schröder et Van Es, 1980, Sargent et al., 1983). Minimum en
hiver (juillet-août) le carbone organique croit assez régulièrement jusqu’aux maxima
estivaux (fig. 1 b). Ce type d’évolution a déjà été signalé (Dale, 1974; Hartwig, 1976;
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