3.4. Phytoplancton
La surveillance exercée par le REPHY a permis d'acquérir une quantité importante de données sur les
popu lations phytoplanctoniques du littoral français , et en particulier sur les espèces toxiques. Le
développement plus ou moins important de certaines espèces peut conduire à des événements de plusieurs
types : "eau colorée" , mortalité d'an imaux marins, contamination des coquillages les rendant dangereux pour
la consommation.
Les eaux colorées ont pour origine la prolifération massive d'une espèce (bloom) : l'eau de mer, surchargée
en cellules phytoplanctoniques, prend ainsi la couleur des pigments de ces cellules (eau rouge, verte,
brune ... ). Il s'agit d'un phénomène naturel, la plupart du temps sans conséquence ; dans certains cas
cependant, la dégradation des cellules en fin de bloom peut provoquer une diminution importante de l'oxygène
disponible, suffisante pour occasionner des mortalités d'animaux marins. Il semble que la tendance mondiale
à l'augmentation des blooms ait accompagné un enrichissement global des eaux côtières en nutriments
(nitrates, phosphates, silicates) (SMAYDA, 1990). En France, le recensement de ces phénomènes est trop
récent pour déceler une quelconque tendance ; cependant la fréquence des eaux colorées semble plus
importante autour des grands estuaires, enrichis en nutriments par les apports fluviaux. Les espèces
responsables de blooms les plus fréquemment rencontrées sont : Gymnodinium sp-1982, occasionnant des
eaux vertes sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique, Prorocentrum minimum et Prorocentrum micans,
responsables d'eaux rouges en Atlantique et Méditerranée , Noctiluca scintillans, à l'orig ine d'eaux rouges en
Atlantique.
Des mortalités d'animaux marins, outre les mortalités indirectes par manque d'oxygène évoquées ci-dessus,
peuvent être liées au développement de certaines espèces de phytoplancton. Les mécanismes d'action sont,
soit la production de toxines extra-cellulaires à action directe sur les animaux (toxines hémolytiques pour
Gymnodinium cf. nagasakiense), soit une action mécanique (irritation des branchies de poissons pour
Dictyocha speculum). Ainsi , Gymnodinium cf. nagasakiense (ex Gyrodinium aureolum) fut responsable de
1976 à 1987 de nombreuses mortalités et inhibitions de croissance chez les coquilles Saint Jacques en
Bretag ne ouest (ERARD-LE DENN et al., 1990), mais ne s'est plus manifesté en quantité importante dans les
eaux côtières depuis 1988. Gyrodinium spirale, espèce soupçonnée nuisible, mais dont la toxicité n'a pas été
prouvée, a parfois été associé à des mortalités de coquillages. Dictyocha speculum fut responsable en 1987
de la mort de 15 tonnes de truites en Bretagne ouest.
Le tableau 3.2. ci-dessous récapitule les principaux blooms de 1987 à 1991 : il s'agit le plus souvent d'eaux
colorées sans conséquence ; dans quelques cas cependant, ces blooms concernent des espèces toxiques
pour l'homme ou pour les animaux marins.
NORD-PAS DE CALAISPICARDIE
HAUTE ET BASSE
NORMANDIE
BRETAGNE NORD
BRETAGNE SUD
PAYS DE LA
LOIRE
POITOU-CHARENTES
AQUITAINE
LANGUEDOCROUSSILLON
1987
G ymnodinium cf.
nagasakiense +
+ Gyrodinium spirale
Gonyau/ax spinifera
Prorocentrum micans
Pyramimonas parkeae
Oictyocha speculum
Glenodinium sp.
Gymnodinium cf.
nagasakiense
Leptocylindrus sp.
Navicula sp. +
Thalassiosira sp.
Oxyrrhis marina
Prorocentrum minimum
Rhizosolenia sp.
Gymnodinium sp.
Prorocentrum minimum
Skeletonema costatum
Prorocentrum minimum
PROVENCEProrocentrum micans
COTE D'AZUR - CORSE
Prorocentrum minimum
1988
Noctiluca scintillans
Phaeocystis globosa
Alexandrium minutum
Chlorophycée
Prorocentrum micans
Rhizosolenia delicatula
Chaetoceros sp.
Chlorophycée
Gymnodinium sp- 1982
Noctiluca scintillans
Gymnodinium sp-1982
Gymnodinium sp-1982
Chrysophycée
Prorocentrum minimum
1989
Asterionella glacialis
Phaeocystis globosa
Eutreptiella sp. +
Prorocentrum balticum
Gymnodinium sp- 1982
Alexandriu m minutu m
Detonula confervacea
Plagiogramma sp.
Oxyrrhis marina
Chaetoceros armatum
Gymnodinium sp- 1982
Katodinium sp.
Mesodinium rubrum
Phaeocystis sp.
Gymnodinium sp-1982
Noctiluca scintillans
Gymnodinium sp- 1982
Noctiluca scintillans
Noctiluca scintillans
Rhizoso/enia styliformis
Scenedesmus sp .
Gymnodinium sp.
Noctiluca scintilla ns
Prorocentrum micans
Prorocentrum minimum
Skeletonema sp.
1990
Phaeocystis globosa
Coccolithophoridée
Gymnodinium sp-1982
Alexandrium minu tum
Chaetoceros socialis
Coccolithophoridée
Gonyaulax spinifera
Prorocentrum micans
Chaetoceros armatum
Mesod inium rubrum
Noctiluca scintillans
Noctiluca scintillans
Heterocapsa triquetra
Peridinium trochoïdeum
Prorocentrum minimum
1991
Asterionella glacialis
Chaetoceros armatum
Asterionel/a glacia/is
Eutreptiella
Fragillaria islandica +
Plagiogramma
Chaetoceros armatum
Chaetoceros sp.
Glenodinium sp.
Gymnodinium sp-1982
Mesodinium rubrum
Prasinophycée
Prorocentrum micans
Rhizosolenia sp.
Gymnodinium sp-1982
Gymnodinium sp-1982
Leptocylindru s sp.
Oscillatoria chalybea
Alexandrium insuetum
Alexandrium minutum
Prorocentrum minimum
Prorocentrum micans
Tableau 3.2. : Espèces phytoplanctoniques responsables des principaux blooms, éventuellement accompagnés de toxicité PS P
ou de mortalités d'animaux marins. Seules les espèces toxiques à prolifération abondante ont été recensées dans ce tableau.
La surveillance exercée par le REPHY a permis d'acquérir une quantité importante de données sur les
popu lations phytoplanctoniques du littoral français , et en particulier sur les espèces toxiques. Le
développement plus ou moins important de certaines espèces peut conduire à des événements de plusieurs
types : "eau colorée" , mortalité d'an imaux marins, contamination des coquillages les rendant dangereux pour
la consommation.
Les eaux colorées ont pour origine la prolifération massive d'une espèce (bloom) : l'eau de mer, surchargée
en cellules phytoplanctoniques, prend ainsi la couleur des pigments de ces cellules (eau rouge, verte,
brune ... ). Il s'agit d'un phénomène naturel, la plupart du temps sans conséquence ; dans certains cas
cependant, la dégradation des cellules en fin de bloom peut provoquer une diminution importante de l'oxygène
disponible, suffisante pour occasionner des mortalités d'animaux marins. Il semble que la tendance mondiale
à l'augmentation des blooms ait accompagné un enrichissement global des eaux côtières en nutriments
(nitrates, phosphates, silicates) (SMAYDA, 1990). En France, le recensement de ces phénomènes est trop
récent pour déceler une quelconque tendance ; cependant la fréquence des eaux colorées semble plus
importante autour des grands estuaires, enrichis en nutriments par les apports fluviaux. Les espèces
responsables de blooms les plus fréquemment rencontrées sont : Gymnodinium sp-1982, occasionnant des
eaux vertes sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique, Prorocentrum minimum et Prorocentrum micans,
responsables d'eaux rouges en Atlantique et Méditerranée , Noctiluca scintillans, à l'orig ine d'eaux rouges en
Atlantique.
Des mortalités d'animaux marins, outre les mortalités indirectes par manque d'oxygène évoquées ci-dessus,
peuvent être liées au développement de certaines espèces de phytoplancton. Les mécanismes d'action sont,
soit la production de toxines extra-cellulaires à action directe sur les animaux (toxines hémolytiques pour
Gymnodinium cf. nagasakiense), soit une action mécanique (irritation des branchies de poissons pour
Dictyocha speculum). Ainsi , Gymnodinium cf. nagasakiense (ex Gyrodinium aureolum) fut responsable de
1976 à 1987 de nombreuses mortalités et inhibitions de croissance chez les coquilles Saint Jacques en
Bretag ne ouest (ERARD-LE DENN et al., 1990), mais ne s'est plus manifesté en quantité importante dans les
eaux côtières depuis 1988. Gyrodinium spirale, espèce soupçonnée nuisible, mais dont la toxicité n'a pas été
prouvée, a parfois été associé à des mortalités de coquillages. Dictyocha speculum fut responsable en 1987
de la mort de 15 tonnes de truites en Bretagne ouest.
Le tableau 3.2. ci-dessous récapitule les principaux blooms de 1987 à 1991 : il s'agit le plus souvent d'eaux
colorées sans conséquence ; dans quelques cas cependant, ces blooms concernent des espèces toxiques
pour l'homme ou pour les animaux marins.
NORD-PAS DE CALAISPICARDIE
HAUTE ET BASSE
NORMANDIE
BRETAGNE NORD
BRETAGNE SUD
PAYS DE LA
LOIRE
POITOU-CHARENTES
AQUITAINE
LANGUEDOCROUSSILLON
1987
G ymnodinium cf.
nagasakiense +
+ Gyrodinium spirale
Gonyau/ax spinifera
Prorocentrum micans
Pyramimonas parkeae
Oictyocha speculum
Glenodinium sp.
Gymnodinium cf.
nagasakiense
Leptocylindrus sp.
Navicula sp. +
Thalassiosira sp.
Oxyrrhis marina
Prorocentrum minimum
Rhizosolenia sp.
Gymnodinium sp.
Prorocentrum minimum
Skeletonema costatum
Prorocentrum minimum
PROVENCEProrocentrum micans
COTE D'AZUR - CORSE
Prorocentrum minimum
1988
Noctiluca scintillans
Phaeocystis globosa
Alexandrium minutum
Chlorophycée
Prorocentrum micans
Rhizosolenia delicatula
Chaetoceros sp.
Chlorophycée
Gymnodinium sp- 1982
Noctiluca scintillans
Gymnodinium sp-1982
Gymnodinium sp-1982
Chrysophycée
Prorocentrum minimum
1989
Asterionella glacialis
Phaeocystis globosa
Eutreptiella sp. +
Prorocentrum balticum
Gymnodinium sp- 1982
Alexandriu m minutu m
Detonula confervacea
Plagiogramma sp.
Oxyrrhis marina
Chaetoceros armatum
Gymnodinium sp- 1982
Katodinium sp.
Mesodinium rubrum
Phaeocystis sp.
Gymnodinium sp-1982
Noctiluca scintillans
Gymnodinium sp- 1982
Noctiluca scintillans
Noctiluca scintillans
Rhizoso/enia styliformis
Scenedesmus sp .
Gymnodinium sp.
Noctiluca scintilla ns
Prorocentrum micans
Prorocentrum minimum
Skeletonema sp.
1990
Phaeocystis globosa
Coccolithophoridée
Gymnodinium sp-1982
Alexandrium minu tum
Chaetoceros socialis
Coccolithophoridée
Gonyaulax spinifera
Prorocentrum micans
Chaetoceros armatum
Mesod inium rubrum
Noctiluca scintillans
Noctiluca scintillans
Heterocapsa triquetra
Peridinium trochoïdeum
Prorocentrum minimum
1991
Asterionella glacialis
Chaetoceros armatum
Asterionel/a glacia/is
Eutreptiella
Fragillaria islandica +
Plagiogramma
Chaetoceros armatum
Chaetoceros sp.
Glenodinium sp.
Gymnodinium sp-1982
Mesodinium rubrum
Prasinophycée
Prorocentrum micans
Rhizosolenia sp.
Gymnodinium sp-1982
Gymnodinium sp-1982
Leptocylindru s sp.
Oscillatoria chalybea
Alexandrium insuetum
Alexandrium minutum
Prorocentrum minimum
Prorocentrum micans
Tableau 3.2. : Espèces phytoplanctoniques responsables des principaux blooms, éventuellement accompagnés de toxicité PS P
ou de mortalités d'animaux marins. Seules les espèces toxiques à prolifération abondante ont été recensées dans ce tableau.
