Les teneurs rencontrées pour le zinc sont assez homogènes, les deux sites présentant des valeurs
notablement supérieures aux autres étant la rade de Lorient et la Gironde. Les moules régulant très fortement
leur contenu en cuivre, seules les données portant sur des huîtres sont exploitables pour ce métal. Les
résultats ne mettent en évidence qu'un seul site présentant des concentrations très supérieures aux autres, à
savoir la Gironde. Pour le mercure, tous les points de prélèvement présentent des moyennes inférieures à
0.6 mg/kg , correspondant à des niveaux faibles au regard des conventions internationales.
Les sites présentant les niveaux les plus élevés en cadmium , avec la Gironde déjà citée , sont l'estuaire de la
Seine, le bassin de Marennes-Oléron , l'embouchure de l'Adour, et l'étang de Bages-Sigean dans l'Aude. Les
résultats concernant celui-ci ne sont pas présentés dans le corps de cet ouvrage car trop peu nombreux.
Cependant les fortes concentrations en cadmium mesurées dans quelques échantillons ont justifié une étude
spéciale menée en 1990, qui a confirmé la forte contamination de l'étang , comparable en niveau à celle de la
Gironde (CLAISSE et al, 1990, 1991 ). Les teneurs les plus élevées en plomb sont rencontrées dans les
estuaires de Seine et de Loire, ainsi que sur le littoral de la Provence rhodanienne et de la Côte d'Azur.
Outre l'estuaire de la Seine, plusieurs sites présentent des niveaux moyens en PCB considérés comme forts
au regard des conventions internationales : ce sont la rade de Lorient, l'estuaire de la Loire, La Nivelle et la
Bidassoa, le delta du Rhône et la baie du Lazaret à Toulon . Les teneurs en DDT montrent une répartition
remarquable, avec des valeu rs plus fortes au sud de la Loire et en Méditerranée. Les niveaux de présence les
plus élevés ont été rencontrés dans le bassin d'Arcachon. Toutefois, il faut considérer la décroissance rapide
et généralisée de ceux-ci (voir plus loin). Les teneurs en cxHCH sont très homogènes et faibles sur tout le
littoral, sauf dans le Pertuis Breton , le bassin de Marennes-Oléron, et la Gironde. Cette répartition se retrouve,
quoique légèrement décalée vers le nord, pour le y HCH. Enfin, les PAH se trouvent en quantité assez faible
sur le littoral, exception faite de l'estuaire de la Seine , de la rade de Lorient, de la Nivelle et de la Bidassoa,
ai nsi qu e du golfe de Fos.
Cependant, les niveaux de contamination ainsi exprimés doivent être nuancés par la connaissance de leur
évolution dans le temps. Les résultats acquis depu is 1979 permettent le plus souvent de mettre en évidence
les tendances d'évolution de la contamination. La droite de corrélation entre les niveaux observés et le temps
donne une image , sans doute réductrice , mais très parlante d'une tendance. Le niveau de probabilité calculé
sur la pente de cette droite indique si celle-ci est statistiquement significative ou non. Cette technique a été
appliquée sur les données de tous les points de prélèvement pour tous les contaminants suivis. Les résultats
exhaustifs de cette étude ont été publiés dans l'édition 1991 du bulletin RNO (RNO, 1991 ). Ils sont résumés ici
dans le graphique 3.1.
Le phénomène le plus remarquable est sans conteste la chute généralisée des teneurs en DDT. Les cas non
significatifs sont peu nombreux et portent toujours sur des stati ons suivies pendant un nombre d'années
insuffisant. On remarque que la proportion de tendances significatives dim inue entre le DDT et ses
métabolites DDD et ODE . Ceci peut être dû au processus de dégradation du DDT. Les deux seuls cas
d'augmentation significative sont observés pour le ODE sur des stations suivies de 1979 à 1983. De fait, on
observe souvent sur les autres stations que la diminution des teneurs a été précédée de la tendance inverse
jusqu'en 1983.
Zn
Cu
Hg
Cd
Pb
PCB
DDT
DD ~
ODE
0
EDDT
cxHCH
y HCH
PAH
total
40
60
80
100
% de tendances décroissantes
•
% de tendances croissantes
Graphique 3. 1. : Tendances d'évolution de la con tamination du milieu marin littoral.
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