CoastGIS’99: geomatics and coastal environment
Résultats
Les résultats de l’analyse ont été particulièrement complexes à interpréter. Les vingt-cinq premiers axes factoriels ne regroupent que 70 %
de l’information, ce qui impose, outre une très longue description analytique des contributions de chaque axe, l’emploi de méthodes de classification pour opérer une synthèse des résultats de l’analyse. La faible
inertie des axes s’explique par la relative indépendance qui existe entre
les variables. Ce résultat contribue à valider la pertinence des variables
qui ont été déduites de l’exploitation de la BIG. Par ailleurs, ces résultats décrivant à la fois les attributs thématiques du milieu littoral et les
relations de continuité spatiale entre les différents ensembles traduisent
bien la grande diversité paysagère du littoral de l’archipel.
Les trois premiers axes factoriels expliquent 25 % de la variance totale
et décrivent les grandes tendances de la répartition des ensembles sédimentaires. Les figures 3 et 4 présentent les résultats du croisement de ces
trois axes. L’inertie de chacun des trois premiers axes est la suivante :
10,4 % pour l’axe 1, 9,2 % pour l’axe 2, 5,4 % pour l’axe 3.
L’axe 1 oppose les milieux à prédominance de sédiments sableux à ceux
majoritairement composés de sédiments sablo-vaseux.
L’axe 2 se caractérise principalement par sa dissymétrie. Il met en évidence les formations rocheuses sans redécouper les deux premiers groupes
opposés sur l’axe 1. Le phénomène rocheux s’oppose à toutes les variables
impliquant une organisation spatiale et indique ainsi son caractère
azonal. Cette information révèle le poids de l’héritage structural. Bien
que n’apparaissant que de manière ponctuelle sur le terrain, les buttes
rocheuses laissées sur place après la dernière transgression jouent un rôle
important dans l’édification de ce delta à divers niveaux en favorisant,
en particulier, la sédimentation dans des secteurs relativement exposés
aux houles.
L’axe 3 a une bonne symétrie et découpe en sous-ensembles les groupes
identifiés sur l’axe 1. Ce découpage est complexe. Il se fonde à la fois
sur la distance des milieux à l’embouchure du fleuve et sur une opposition entre les formes liées aux houles, caractérisées par un contact
sableux franc, et la partie précontinentale de l’archipel, dans laquelle
se trouvent de larges estrans sablo-vaseux et mixtes. Les bolons à sédimentation sablo-vaseuse les plus proches du front marin sont clairement
mis en évidence. Le croisement des axes 2 et 3 présente une grande
dissymétrie liée à l’axe 2. Aux formations rocheuses et mixtes mises en
évidence par l’axe 2, l'axe 3 oppose la partie interne de l’archipel encore exposée aux houles. La taille des estrans semble être dans ce cas un
élément explicatif important avec des surfaces de polygones comprises
entre 200 et 600 ha et des estrans très larges. Dans ces zones de forte
sédimentation, les formations anciennes héritées sont absentes de la
zone littorale et laissent place à des formes sédimentaires typiques des
ensembles séclimentaires ou deltaïques embryonnaires.
La carte de synthèse présentée en figure 5 résume les grandes tendances
du littoral de l’archipel des Bijagos dans ses formes, sa dynamique et
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