Es/]ffes potentiellement tox1ques
'
ESPECES POTENTIELLEMENT TOXIQUES
Chantal Billard (1 ), Marie-Josèphe Chrétiennot-Dinet (2)
(1) Université de Caen, laboratoire de Biologie et Biotechnologies marines,
Esplanade de la Paix, 14032 Caen Cedex, France
(2) CNRS, laboratoire Arago, B.P. 44, 66651 Banyuls-sur-Mer Cedex, France
Résumé
Une étude des phytoflage llés potentiellement
toxiques a été réalisée le long du littoral français.
Les données proviennent à la fois de prélèvements
d'efflorescences centralisés au laboratoire pour
expertise taxonomique et de suivis floristiques de
zones sélectionnées réparties sur les côtes françaises de la Manche et de la Méditerranée. Les
tech niques de la microscopie électronique (MET
et MEB) ont été utilisées pour la détermination de
la plupart des flagellés .
Parmi les espèces nuisibles dont la liste est fournie, certaines n'étaient pas mentionnées dans les
rapports précédents (Sournia et al., 1 991 ), ainsi le
genre Chrysochromulina (Haptophycées) et l'ensemble de la classe des Raphidophycées. Plus
d' une douzaine d'espèces de Chrysochromulina
ont été identifi ées dans le présent travail, dont
l' espèce toxique, C. /eadbeateri, mais aucune
efflorescence n'a été observée.
En ce qui concerne les Raphidophycées, deux
espèces ichtyotoxiques ont été fréquemment
observées, Fibrocapsa japonica et Heterosigma
carterae (= H. akashiwo), cette dernière responsable d' un bloom toxique majeur ayant provoqué
des mortalités de poissons d' élevage en Bretagne
en septembre 1994. H. carterae, dont la présence
est maintenant confirmée le long de la plupart des
côtes de France, pourrait devenir une menace
récurrente dans les zones piscicoles.
Différentes souches d'espèces toxiques ou potentiellement nuisibles ont été isolées et sont disponibles pour de futures études écophysiologiques.
Introduction
Le bloom toxique massif de Chysochromulina
po/y/epis Manton et Parke de 1 988 dans les eaux
scandinaves (Rosenberg et al., 1 988), dont l' impact économique reçut une couverture médiatique importante en Europe, fut l'événement qui
déclencha la mise en place du programme
PNEAT. Malgré l'existence d' une surveillance des
algues planctoniques récurrentes telles que Dinophysis, la France était à l'époque très peu sensibilisée aux effets de Chrysochromulina et des phytoflagellés en général. Les efflorescences algales
nuisibles autres que celles provoquées par les
dinoflagellés ont pourtant été plus fréquemment
signalées au cours de la dernière décennie. En
conséquence, une action spécifique fut entreprise dès le départ au sein du PNEAT, et consacrée à
l'étude des phytoflagellés potentiellement nuisibles le long du littoral français.
Le principal inconvénient aux travaux sur les phytoflagellés est dû à leur nature délicate (absence
d'une paroi cellulaire ferme) qui ne permet pas
une bonne conservation ou fixation avec les fixateurs habituels (Billard et Chrétiennot-Dinet,
1 995). Les cellules sont préférablement identifiées
à l'aide de matériel vivant. En outre, la systématique se base souvent sur des détails subm icroscopiques (Chrétiennot-Dinet et al., 1 993).
Les objectifs de la mission sont les suivants :
-centralisation des données sur les proliférations
de phytoflagellés après expertise taxonomique au
laboratoire ;
-inventaire des espèces potentiellement nuisibles
dans certaines zones sélectionnées avec prélèvement mensuel ou bimensuel ;
Mots-clés : PhytoOagellés, Fibrocapsa japonica, Heterosigma carterae, Chrysochromulina spp., Phaeocystis spp., Gymnodinium sp.,
Dictyocha spp., Prasinophyceae.
97
Précédent

- 92/205

Suivant