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Efflorescences toxiques des eaux côtières françaises : écologie, écophysiologie, toxicologie
Australie (Cannon, 1989 ; Hallegraeff et al., 1988)
et en Nouvelle-Zélande (Mackenz ie, 1993 ;
Chang, 1995).
Néanmoins, A. minutum a été éga lement observée
dans des eaux moins clémentes comme en mer
Baltique (Nehring, 1994), dans le port de Cork en
Irlande (Gross, 1988) et le long des côtes de Bretagne (Beli n et al., 1995 ; Nezan & Le Doux, 1989).
Alexandrium minutum semble donc se confiner
dans des zones côtières « sensibles » recevant des
eaux douces continentales comme les estu aires,
les golfes, les baies et/ou des eaux chargées en
apports anthropiques comme les ports.
En baie de Morlaix, on suppose que les kystes d'A.
minutum jouent un rôle important dans l' initiation
d' un bloom et qu'à la suite de leur germination ils
colonisent les eaux. Cependant si l'on veut savoir
si les populations pélagiques estivales sont issues
d' un ensemencement à partir du sédiment, il est
nécessa ire de connaître les conditions favorables
à la germination de ces stades dormants hivernaux.
La plupart des travaux référencés sur les phénomènes de désenkystement des dinoflagellés (Endo
& Nagata, 1984 ; Anderson & Keafer, 1987 ; Blanco, 1990 ; Cannon (b), 1993) concerne des études
menées en laboratoire à partir de kystes isolés des
sédiments. Pour se rapprocher des conditions du
milieu de la baie de Morlaix, des expérimentations en laboratoire combinant des conditions
extrêmes de température (14 à 20 °C) et de salinité (18 à 37 o/ oo) ont été réalisées sur le kyste d'A.
minutum, maintenu dans son milieu sédimentaire
(Erard-Le Denn, données non publiées).
Ces expériences ont montré l' importance de certains paramètres comme agents stimulateurs de
la germination des kystes. Au bout d' un jour d' incubation, quelles que soient la température ou la
sali nité, auc un kyste ne se revivifie. Après deux
jours, à une température minimale de16 oc et une
salinité inférieure à 32 o/oo, 15 % des kystes germent. Après trois jours, la division cellulaire interfère sur le taux de revivification.Ces informations
expérimentales sont intéressantes, d' une part, parce qu'elles confirment les va leurs de taux de doublement cellulaire, à savoir qu' il faut au minimum
deux jours dans les meilleures conditions pour
avoir une nouvelle cellule, et d'autre part, parce
qu'elles viennent à l'appui des observations relevées en milieu nature l lors des apparitions de
bloom en baie de M orl aix ; c itons pour exemple
celui observé en 1993 durant lequel la température était de 16,2 oc et la salinité de 31 o/oo.
Au cours des si x dernières années, plusieurs phénomènes d 'eau co lorée à A. minutum ont été
observés en baie de Morlaix. Dans l' intention de
connaître les facteurs de l'environnement déterminant ces proliférations et de cerner au mieux
leurs apparitions, un suivi des stades pélagiques a
été entrepris en collaboration avec le laboratoire
IFREM ER de Concarneau.
D' après les données collectées depuis 1989, la
tendance générale est à la diminution dans la fréquence d 'apparition d' A. minutum. Le nombre
d'observations positi ves est passé de 48 % en 1989
à 34 % en 1994. La période favorable pour ces
observations s'étend de la mi-mars à septembre.
Parallèlement à cette dim inution, on observe également une hétérogénéité dans la distribution des
espèces associées. Durant les blooms, la communauté algale n'est pas exclusivement composée
d' A. minutum, qui ne représente depuis ces dernières années que 40 à 50% de la popul ation.
D 'autres taxons sont dénombrés tels que Kryptoperidinium foliaceum, Gonyaulax spinifera,
Scrippsiella spp. (dinoflagellés) et Chaetoceros
spp., Leptocylindrus spp., Nitzschia spp. (dia tomées). Néanmoins, les efflorescences d'A. minutum supérieures à un million de cellules par litre
sont apparues quatre fois au cours des six années
d' observation. Le bloom débute généralement en
période de stabilité des eaux (morte-eau), de fort
ensoleillement et ne dure au maximum que deux
jours. Sur cette base d'observations, une approche
explicative permettant une prédiction des efflorescences est proposée à partir des conditions environnementales propres au site, notamment de l'importance des crues et de la durée de l' insolation .
Depuis 1989, les phénomènes d' efflorescences
algales (nombre de cellules supérieur à un m illion
de cellules au litre) se sont produits après un maximum de débit des cours d'eau et un excès d'ensoleillement propice à l'échauffement de la masse
d'eau (fig. 7, p. 61 ). Dans l'estuaire de Morlaix, il
a été reconnu qu'un débit supérieur à 3 m 3.s-1
pouvait être un des facteurs nécessaires à l'apparition du phénomène. On constatait ainsi en 1993,
qu'une diminution de 4 %o en salinité coïnc idait
avec une augmentation de 39 % de la population
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