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Efflorescences roxiques des eaux c6rières françaises : écologie, écophysiologie, roxicologie
Le genre Alexandrium compte une vingtaine d'espèces, sous réserve de confusions, vivement
débattues, avec les genres Gonyaulax et Protogonyaulax. L'espèce dangereuse pour les consommateurs français, Alexandrium minutum, ne fait
parler d'elle que depuis peu :c'est seulement en
1988 que les premières manifestations ont été
observées, lors d' une prolifération à 80 000 cellules par litre en rivière de Penzé (Finistère-nord).
Depuis, Alexandrium minutum sévit toujours le
long des côtes de la Bretagne, tout particulièrement dans les abers et en baie de Morlaix (Erard
et al., 1993) et parfois en Méditerranée (rade de
Toulon, 1990).
Sur la base de ces observations et des problèmes
occasionnés, comme l' interdiction de la pêche et
de la commercial isation des coquillages contaminés, il a été reconnu nécessaire, à partir de
1989, de tenter d' expliquer l'apparition de ces
phénomènes en tenant compte :
• des caractéristiques de l'agent responsable du
phénomène, c'est-à-dire l'algue (mise en culture,
description morphologique, toxicité et caractéristiques écophysiologiques) ;
• du phénomène d'efflorescence (initiation, développement et sénescence du bloom).
Agent responsable
du phénomème
Mise en culture et description
morphologique
À partir de différentes proliférations, des clones
d' A lexandrium minutum ont été isolés : le clone
AM89BM provenant de la baie de Morlaix, maintenu en culture depuis 1990 (Erard-Le Denn, 1991
a) et le clone 0ALTR94 (Emdadi, données non
publiées) isolé de la rade de Toulon en 1994, mais
dont la culture suggère quelques difficultés
d' adaptation. Grâce à ce matériel une description morphologique de l'espèce a pu être réalisée,
basée sur les observations d'Halim en 1960 et de
Balech en 1985.
On sait, depuis 1960, qu' Alexandrium minutum
est un petit dinoflagellé observé pour la première
fois lors d' une « eau rouge » dans le port
d'Alexandrie (Egy pte). La description fournie à
l'époque par Halim laissait divers doutes sur la
morphologie et la position taxinomique de l'organi sme. En 1990 une nouve lle description
détaillée de l'espèce a été réalisée par Balech ,
qui a confirmé l' individualité et la légal ité du
genre Alexandrium et de l'espèce minutum.
À l'heure actuelle, certains caractères restent
encore controversés au vu des observations microscopiques, comme l'ornementation de la thèque
de certaines souches, la dimension de certaines
plaques, la présence et l' importance du pore ventral et la connexion entre les plaques Po et 1 ' .
Afin de clarifier cette situation, ou d' aider à la
détection et l'identification, différentes techniques
se développent telles que l' épifluorescence
(Andersen and Kristensen, 1995), l'analyse d' image
(Culverhouse, 1995), l' immunologie (Costas et al.,
1995 ; Taylor & Lewis, 1995) et surtout l' amplification génétique (Scholin & Anderson, 1994) qui
permet de regrouper phylogénétiquement les différentes souches. Ains i ces derniers auteurs ont
démontré que la souche australienne et la souche
française AM89BM seraient caractérisées par des
profil s de restri ction semblables. Néanmoins
l'observation microscopique est toujours d'actualité, et ell e a permis de distinguer les deux
clones français AM89BM et OALTR94.
AM89BM, souche de Morlaix est une petite cellule arrondie (fig. 1.a, p. 55), sans corne ni épine,
quelquefois irrégulièrement ovale. La partie apicale est de forme conique et l'apex est rond à plat.
Le cingulum est profondément accentué. Le suleus est légèrement creusé. Les plaques montrent
une suture simple, la connexion est directe entre
la plaque Po et la plaque 1' (fig. 1 .b, p. 55) et il n'y
a pas de pore ventral sur la plaque 1 '. La plaque
6" est étroite et la compression dorsoventrale très
peu prononcée.
Les variations de forme de cette espèce sont rares,
mais les variations de taille sont importantes, de
17 à 29 j.Jm, le plus souvent 24 à 28 j.Jm . Le protoplasme est sombre et l'abondance de réserves
cytoplasmiques rend difficile l'observation du
noyau transversal.
OALTR94, souche de Toulon est de plus petite
taille. La thèque mesure de 18 à 25 j .J m et,
Efflorescences roxiques des eaux c6rières françaises : écologie, écophysiologie, roxicologie
Le genre Alexandrium compte une vingtaine d'espèces, sous réserve de confusions, vivement
débattues, avec les genres Gonyaulax et Protogonyaulax. L'espèce dangereuse pour les consommateurs français, Alexandrium minutum, ne fait
parler d'elle que depuis peu :c'est seulement en
1988 que les premières manifestations ont été
observées, lors d' une prolifération à 80 000 cellules par litre en rivière de Penzé (Finistère-nord).
Depuis, Alexandrium minutum sévit toujours le
long des côtes de la Bretagne, tout particulièrement dans les abers et en baie de Morlaix (Erard
et al., 1993) et parfois en Méditerranée (rade de
Toulon, 1990).
Sur la base de ces observations et des problèmes
occasionnés, comme l' interdiction de la pêche et
de la commercial isation des coquillages contaminés, il a été reconnu nécessaire, à partir de
1989, de tenter d' expliquer l'apparition de ces
phénomènes en tenant compte :
• des caractéristiques de l'agent responsable du
phénomène, c'est-à-dire l'algue (mise en culture,
description morphologique, toxicité et caractéristiques écophysiologiques) ;
• du phénomène d'efflorescence (initiation, développement et sénescence du bloom).
Agent responsable
du phénomème
Mise en culture et description
morphologique
À partir de différentes proliférations, des clones
d' A lexandrium minutum ont été isolés : le clone
AM89BM provenant de la baie de Morlaix, maintenu en culture depuis 1990 (Erard-Le Denn, 1991
a) et le clone 0ALTR94 (Emdadi, données non
publiées) isolé de la rade de Toulon en 1994, mais
dont la culture suggère quelques difficultés
d' adaptation. Grâce à ce matériel une description morphologique de l'espèce a pu être réalisée,
basée sur les observations d'Halim en 1960 et de
Balech en 1985.
On sait, depuis 1960, qu' Alexandrium minutum
est un petit dinoflagellé observé pour la première
fois lors d' une « eau rouge » dans le port
d'Alexandrie (Egy pte). La description fournie à
l'époque par Halim laissait divers doutes sur la
morphologie et la position taxinomique de l'organi sme. En 1990 une nouve lle description
détaillée de l'espèce a été réalisée par Balech ,
qui a confirmé l' individualité et la légal ité du
genre Alexandrium et de l'espèce minutum.
À l'heure actuelle, certains caractères restent
encore controversés au vu des observations microscopiques, comme l'ornementation de la thèque
de certaines souches, la dimension de certaines
plaques, la présence et l' importance du pore ventral et la connexion entre les plaques Po et 1 ' .
Afin de clarifier cette situation, ou d' aider à la
détection et l'identification, différentes techniques
se développent telles que l' épifluorescence
(Andersen and Kristensen, 1995), l'analyse d' image
(Culverhouse, 1995), l' immunologie (Costas et al.,
1995 ; Taylor & Lewis, 1995) et surtout l' amplification génétique (Scholin & Anderson, 1994) qui
permet de regrouper phylogénétiquement les différentes souches. Ains i ces derniers auteurs ont
démontré que la souche australienne et la souche
française AM89BM seraient caractérisées par des
profil s de restri ction semblables. Néanmoins
l'observation microscopique est toujours d'actualité, et ell e a permis de distinguer les deux
clones français AM89BM et OALTR94.
AM89BM, souche de Morlaix est une petite cellule arrondie (fig. 1.a, p. 55), sans corne ni épine,
quelquefois irrégulièrement ovale. La partie apicale est de forme conique et l'apex est rond à plat.
Le cingulum est profondément accentué. Le suleus est légèrement creusé. Les plaques montrent
une suture simple, la connexion est directe entre
la plaque Po et la plaque 1' (fig. 1 .b, p. 55) et il n'y
a pas de pore ventral sur la plaque 1 '. La plaque
6" est étroite et la compression dorsoventrale très
peu prononcée.
Les variations de forme de cette espèce sont rares,
mais les variations de taille sont importantes, de
17 à 29 j.Jm, le plus souvent 24 à 28 j.Jm . Le protoplasme est sombre et l'abondance de réserves
cytoplasmiques rend difficile l'observation du
noyau transversal.
OALTR94, souche de Toulon est de plus petite
taille. La thèque mesure de 18 à 25 j .J m et,
