Alexandrium minutum
ALEXANDRIUM MINUTUM
Evelyne Erard-Le Denn
IFREMER, Centre de Brest, BP 70, 29280 Plouzané, France
Résumé
Depuis 1988, Alexandrium minutum prolifère le
long des côtes de France. Susceptible de contaminer les coquillages et d' être à l'origine de graves
intoxications P.S. P. transmises à l' homme, ce dinaflagellé demande une vigilance particulière.
Des clones de cette algue ont été isolés et maintenus en culture. Une description morphologique
précise a pu être réalisée montrant certains caractères distinctifs encore controversés. La capacité
toxinogène d' une souche locale a également été
démontrée et l' identification de deux tox ines
(GTX2 et GTX3) a pu être réalisée. Les deux
toxines sont identiques à celles détectées chez
les bivalves prélevés dans les zones touchées.
L' influence de certains facteurs physiques (salinité, lumière et température) a été recherchée. Les
résultats montrent que cette espèce supporte une
certaine dessalure des eaux et qu' elle est bien
adaptée à de faibles éclairements. Dans ces conditions expérimentales la température influence
l'augmentation du taux de doublement qui passe
de 0,1 3 à 0,45 entre 12 et 20 °(.
La présence dans les sédiments de kystes de résistance a été établie. Une cartographie sédimentaire
des kystes a été réalisée le long des côtes de la
Bretagne. Celle-ci a fa it ressortir deux zones à
risque : la baie de Morlaix et la baie de Lannion .
Choisie comme site privilégié, la baie de Morlaix
a fait l' objet d' une étude qui a montré le rôle de
la dynamique sédimentaire sur la distribution des
kystes d'A. minutum. Une disparité de répartition
des kystes a été observée avec une densité plus
forte à l' amont correspondant au sens du transport
des sédiments. La dynamique sédimentaire a également permis de relier les efflorescences algales
estivales avec le cyc le érosion-sédimentation
contrôlé par l'alternance crue-étiage en estua ire.
Introduction
Parmi les microalgues qui constituent le phytoplancton nuisible, Alexandrium minutum est une
des espèces les plus redoutables puisqu'elle est
associée a des contaminations neurotoxiques
après consommation de coquill ages. En effet,
comme la plupart des dinoflagellés du genre
Alexandrium, A. minutum produit des toxines
paralysantes responsables, c hez l' homme, du syndrome « PSP » ou Paralytic Shellfish Poisoning.
Les symptômes provoqués par ce type de toxines
sont en général des picotements et un engourdissement de la bouche, des lèvres et des doigts,
ainsi qu'une faiblesse musculaire généralisée,
pouvant entraîner la mort. Les toxines de ces algues
peuvent également tuer des animaux et ce à tous
les niveaux de la chaîne alimentaire marine: il y a
quelques années, des harengs sont morts par
tonnes dans la baie de Fundy (Canada) après avoir
consommé des petits invertébrés planctoniques qui
eux-mêmes avaient ingéré des dinoflagellés du
genre Alexandrium. Du point de vue de la santé
humaine, il est heureux que les poissons d' intérêt
commercial soient sensibles à ces toxines et,
contrairement aux coquillages, meurent avant que
les toxines paralysantes ne s'accumulent dans leur
chair à des concentrations dangereuses pour
l'homme (Anderson, 1 994).
Mots-dés : Phytoplancton, dinoflagellé, Alexandrium minutum, toxines paralysantes, kyste.
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ALEXANDRIUM MINUTUM
Evelyne Erard-Le Denn
IFREMER, Centre de Brest, BP 70, 29280 Plouzané, France
Résumé
Depuis 1988, Alexandrium minutum prolifère le
long des côtes de France. Susceptible de contaminer les coquillages et d' être à l'origine de graves
intoxications P.S. P. transmises à l' homme, ce dinaflagellé demande une vigilance particulière.
Des clones de cette algue ont été isolés et maintenus en culture. Une description morphologique
précise a pu être réalisée montrant certains caractères distinctifs encore controversés. La capacité
toxinogène d' une souche locale a également été
démontrée et l' identification de deux tox ines
(GTX2 et GTX3) a pu être réalisée. Les deux
toxines sont identiques à celles détectées chez
les bivalves prélevés dans les zones touchées.
L' influence de certains facteurs physiques (salinité, lumière et température) a été recherchée. Les
résultats montrent que cette espèce supporte une
certaine dessalure des eaux et qu' elle est bien
adaptée à de faibles éclairements. Dans ces conditions expérimentales la température influence
l'augmentation du taux de doublement qui passe
de 0,1 3 à 0,45 entre 12 et 20 °(.
La présence dans les sédiments de kystes de résistance a été établie. Une cartographie sédimentaire
des kystes a été réalisée le long des côtes de la
Bretagne. Celle-ci a fa it ressortir deux zones à
risque : la baie de Morlaix et la baie de Lannion .
Choisie comme site privilégié, la baie de Morlaix
a fait l' objet d' une étude qui a montré le rôle de
la dynamique sédimentaire sur la distribution des
kystes d'A. minutum. Une disparité de répartition
des kystes a été observée avec une densité plus
forte à l' amont correspondant au sens du transport
des sédiments. La dynamique sédimentaire a également permis de relier les efflorescences algales
estivales avec le cyc le érosion-sédimentation
contrôlé par l'alternance crue-étiage en estua ire.
Introduction
Parmi les microalgues qui constituent le phytoplancton nuisible, Alexandrium minutum est une
des espèces les plus redoutables puisqu'elle est
associée a des contaminations neurotoxiques
après consommation de coquill ages. En effet,
comme la plupart des dinoflagellés du genre
Alexandrium, A. minutum produit des toxines
paralysantes responsables, c hez l' homme, du syndrome « PSP » ou Paralytic Shellfish Poisoning.
Les symptômes provoqués par ce type de toxines
sont en général des picotements et un engourdissement de la bouche, des lèvres et des doigts,
ainsi qu'une faiblesse musculaire généralisée,
pouvant entraîner la mort. Les toxines de ces algues
peuvent également tuer des animaux et ce à tous
les niveaux de la chaîne alimentaire marine: il y a
quelques années, des harengs sont morts par
tonnes dans la baie de Fundy (Canada) après avoir
consommé des petits invertébrés planctoniques qui
eux-mêmes avaient ingéré des dinoflagellés du
genre Alexandrium. Du point de vue de la santé
humaine, il est heureux que les poissons d' intérêt
commercial soient sensibles à ces toxines et,
contrairement aux coquillages, meurent avant que
les toxines paralysantes ne s'accumulent dans leur
chair à des concentrations dangereuses pour
l'homme (Anderson, 1 994).
Mots-dés : Phytoplancton, dinoflagellé, Alexandrium minutum, toxines paralysantes, kyste.
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