............................... ................ ........................................................... ~in~p~ys~s. spp.
Les cellules de O. cf. acuminata observées par
Berl and et al. (1995b) contenaient de nombreux
chloroplastes bruns rougeâtres. Une fluorescence
orange jaunâtre a été observée dans les cellules
de Oinophysis cf. acuminata et dans celles de
O. sacculus. En outre, les chloroplastes présentaient une structure en agrégats avec des pyrénoïdes groupés au centre. Les images au microscope électronique de Oinophysis cf. acuminata
ont révélé de gros chloroplastes présentant deux
faisceaux de thylakoïdes et deux membranes
dans l'enveloppe chloroplastique. Ces auteurs
ont éga lement observé un pyrénoïde en position
terminale et des tylakoïdes couplés avec une
lumi ère à forte concentration d' électrons dans
les chloroplastes.
Schnepf et Elbrachter (1988) font l'hypothèse que
les chloroplastes de Oinophysis spp. sont des
structures cellu laires de type cryptophytique qui
ont été capturées par myzocytose dans des cellules cryptophytes libres (aspiration du contenu
cel lulaire sans le plasmalemne de la proie), et
devraient donc être désormais considérées comme une association symbiotique assez ancienne.
Cette hypothèse est cohérente avec la découverte
que plusieurs dinoflagellés appartenant à des
genres différents abritent des cryptomonades
endosymbiotiques (Wilcox et Wedemayer, 1984),
ou bien se nourrissent de petits cryptophytes dont
les ch loropl astes pourraient rester photosynthétiquement actifs après ingestion (Larsen, 1988). À
l' inverse, les organites cryptomonadiques tels que
mitochondries, éjectosomes ou nucléomorphes
n' ont jamais été observés chez Oinophysis spp.
(Lucas et Vesk, 1990 ; Schnepf, 1988 ; Berland et
al. (1995b). L'origine exacte des chloroplastes de
Oinophysis spp. reste donc encore inconnue.
Équipement pigmentaire
En travaillant avec des populations naturelles
concentrées par filtration différentielle suivie d'une
séd imentation inverse (Maestrini et al., 1995), de
telle sorte que O. cf. acuminata devienne prédominant (85 %du nombre total de cellules, avec
O. sacculus représentant seulement 4 %), Maestrini et al. (1996) ont pu obtenir quelques chromatogrammes CLHP. La présence chez O. cf. acuminata de chlorophylle a, de c hlorophylle c, d'alloxanthine, de (~-carotène et de diadinoxanthine
a été observée. Les chromatogrammes indiquent
également la présence de péridinine.
Les auteurs n' ont pu apporter la preuve formelle de
la présence de ce pigment chez O. cf. acuminata,
car des cellules de Prorocentrum micans étaient
encore présentes dans le mélange expérimental ;
toutefois, le nombre très faible de ces cellules ne
pouvait justifier le pic relatif à la péridinine
observé sur les chromatogrammes. Ce résultat est
en accord avec ceux de Hallegraeff et Lucas
(1988) qui rapportent la présence de péridinine
dans un assemblage mixte dominé par O. acuminata et O. fort ii. Le spectre d'absorption obtenu avec ce même matériel montrait un épau lement à 570 nm qui est caractéristique des phycobilines c ryptomonadiques ; cette observation
concorde avec celles de Vesk et al. (1996) qui
ont démontré au moyen d' une méthode immunologique la présence de phycoérythrine chez
O. acuminata et O . fortii.
La co-occurrence chez des Oinophysis, outre les
chlorophylles, d' un pigment phycobilique, d' alloxanthine et surtout de péridinine serait, pour
l'instant, unique pour les dinoflagellés, mais cette
observation demande à être confirmée. D' autres
dinoflagellés présentant des pigments biliprotéiques ont été décrits (Hu et al., 1980 ; Wilcox et
Wedemayer, 1984; Gordon et al., 1994). Ils recèlent tous des endosymbiontes cryptomonadiques
ou cyanobactériens. Schnepf et Elbrachter (1988)
attribuent aux phycobilines la fluorescence orangée précédemment observée chez O. norvegica
par Lessard et Swift (1986).
D'autre part, Geider et Gunter (1989), à partir de
spectres de fluorescence obtenus sur des cellules
isolées à l'aide d' un microspectrofluorimètre, ont
établi la présence de phycoérythrine chez O. norvegica. Ces auteurs pensent que les dinoflagellés
bleus et rouges ont pour origine une symbiose
avec des cyanobactéries, des cryptomonades ou
des rhodophytes contenant des phycobilines et
suggèrent des recherches complémentaires pour
identifier l' endosymbionte hypothétique de O.
norvegica. Aucun organite obsolète prouvant la
présence d' un endosymbionte n'ayant cependant
été observé chez Oinophysis spp (voir ci-dessus),
l' origine de l'alloxanthine et des phycobiliprotéines chez Oinophysis spp. reste donc également
une question non résolue.
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