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Efflorescences roxiques des eaux côtières françaises :écologie. écophysiologie, toxicologie
Pour O. acuta, en revanche, les grosses cellules
présentaient la morphologie classiq ue de l'espèce,
alors que les petites cellules étaient semblables à
O. dens.
Il est donc possible que la plupart des autres morphotypes couplés, tels que O. acuminata- O. skagi, O. caudata - O. d iegensis, O. fortii- O. lapidistrigiliformis, O. norvegica - O. crassior, soient
éga lement des « morphes >> sexuels de la même
espèce. Déterm iner véritablement les différents
morphotypes présents dans une même communauté phytoplanctonique est donc p lus que
jamais une gageure.
Berl and et al. (1995a) ont également observé deux
types de cellules de tailles différentes chez O. cf.
acuminata, l'espèce dominante du genre le long
des côtes atlantiques françaises et, également,
chez O. acuta. Les petites cell ules ont en général
une thèque plus mince que les grosses cellules,
tandis que la collerette cingulaire et la crête apicale sont peu développées. Des petites cellules
ont été observées en cours de division et de production de kystes ressemblant à ceux produits
par de grosses cellules. Un à quatre corpuscules
ressemblant à des kystes ont été observés à l' intérieur de cellul es petites et grosses (planche Il,
p. 25). Ces corps contenaient eux-mêmes de nombreuses petites cellules flagellées (photographies
6, 7, 8 et 9, planche Ill p. 26) se mettant rapidement à nager dès que la membrane des corpu scules se rompait. Leur comportement ultérieur et
la manière dont ils pourraient donner naissance à
des cellules végétatives n' ont toutefoi s pas été
observés. Néanmoins, au v u des différences
importantes observées aux microscopes optique
et électronique, les auteurs pensent qu' il ne s'agit
pas de parasi tes fongiques et proposent l' hypothèse de travail suivante pour expliquer les images
observées :des corpu scules de type kyste, formés
à l' intérieur des cellules végétatives, produisent
de petits zooïdes mobi les qui grandissent et donnent lieu à des formes végétatives habituelles;
cell es-ci agissent ensuite comme des gamètes;
peu après la conjugaison, le zygote s'enkyste, parfois après s'être divisé une ou deux foi s. Cette
hypothèse nécessite d' être validée à l'aide de travaux compl émen tai res effectués avec des
approches différentes.
Température
L' importance de la température pour la c roissance
des Oinophysis spp. n' a pas fait l' objet de
recherches de laboratoire comme pour d' autres
espèces ; la seule expérience décri te pour l' instant est celle de Berl and et al. (1994) qui ont mesuré l' activité photosynthétique de O. cf. acuminata
à différentes températures. Les données actu ellement disponibles concernent donc principalement
la relation éventuelle entre la température de l'eau
de mer et les c hangements de densité cellu lai re
au sein des communautés naturelles.
Yoshimatsu et al. (1983) ont observé pendant deux
ans l' occurrence de O. fortii dans la mer intérieure de Seto, au Japon. Ils ont observé que des
cellules de O. fortii, indécelables en hiver, apparaissent dès que la température de l'eau atteint
10,5 oc. La concentration cellulaire de O. fortii
augmente ensuite, en même temps que la température ; la concentration cellulaire maximale (5 x
10 3 cellules. l -
1
) a été enregistrée autour de 1819 oc. Alors que la température de l'eau de mer a
continué d'augmenter jusqu' à 26 °C, la densité de
O. fortii a, par contre, fortement diminué, à 22 oc
elle était descendue en dessous du seuil de détection (50 cellules. l- 1 ). O. fortii n' a toutefois pas disparu aux températures les plus élevées. Ozaka
(1985) a également noté que O. fortii est absent
en hiver et devient détectable dans la baie de Mutsu lorsque la température des eaux de surface
dépasse 8 oc; il a utilisé cette valeur comme signal
pour activer le système de surveill ance des effets
liés à l' intoxication de type DSP.
Dans la zone du détroit de Georgia au Canada,
Haigh et Taylor (1990) ont concl u à partir d' une
analyse de régression multiple que la température
de surface affecte positivement les quatre princ ipales espèces de Oinophysis présentes (0. acuminata, O. fortii, D. ovum, O. norvegica); la concentration cellulaire de ces espèces, notamment, augmente avec la température. Ces auteurs, cepen -
dant, n' indiquent pas de fourchette de températures favorables.
À proximité du bassin de Marennes-Oléron le
long de la côte atl antique française, Del mas et al.
(1992) ont observé à la profondeur de la thermocline une augmentation parallèle de la concentration des cellules de Oinophysis spp. : à la mi-avril,
Efflorescences roxiques des eaux côtières françaises :écologie. écophysiologie, toxicologie
Pour O. acuta, en revanche, les grosses cellules
présentaient la morphologie classiq ue de l'espèce,
alors que les petites cellules étaient semblables à
O. dens.
Il est donc possible que la plupart des autres morphotypes couplés, tels que O. acuminata- O. skagi, O. caudata - O. d iegensis, O. fortii- O. lapidistrigiliformis, O. norvegica - O. crassior, soient
éga lement des « morphes >> sexuels de la même
espèce. Déterm iner véritablement les différents
morphotypes présents dans une même communauté phytoplanctonique est donc p lus que
jamais une gageure.
Berl and et al. (1995a) ont également observé deux
types de cellules de tailles différentes chez O. cf.
acuminata, l'espèce dominante du genre le long
des côtes atlantiques françaises et, également,
chez O. acuta. Les petites cell ules ont en général
une thèque plus mince que les grosses cellules,
tandis que la collerette cingulaire et la crête apicale sont peu développées. Des petites cellules
ont été observées en cours de division et de production de kystes ressemblant à ceux produits
par de grosses cellules. Un à quatre corpuscules
ressemblant à des kystes ont été observés à l' intérieur de cellul es petites et grosses (planche Il,
p. 25). Ces corps contenaient eux-mêmes de nombreuses petites cellules flagellées (photographies
6, 7, 8 et 9, planche Ill p. 26) se mettant rapidement à nager dès que la membrane des corpu scules se rompait. Leur comportement ultérieur et
la manière dont ils pourraient donner naissance à
des cellules végétatives n' ont toutefoi s pas été
observés. Néanmoins, au v u des différences
importantes observées aux microscopes optique
et électronique, les auteurs pensent qu' il ne s'agit
pas de parasi tes fongiques et proposent l' hypothèse de travail suivante pour expliquer les images
observées :des corpu scules de type kyste, formés
à l' intérieur des cellules végétatives, produisent
de petits zooïdes mobi les qui grandissent et donnent lieu à des formes végétatives habituelles;
cell es-ci agissent ensuite comme des gamètes;
peu après la conjugaison, le zygote s'enkyste, parfois après s'être divisé une ou deux foi s. Cette
hypothèse nécessite d' être validée à l'aide de travaux compl émen tai res effectués avec des
approches différentes.
Température
L' importance de la température pour la c roissance
des Oinophysis spp. n' a pas fait l' objet de
recherches de laboratoire comme pour d' autres
espèces ; la seule expérience décri te pour l' instant est celle de Berl and et al. (1994) qui ont mesuré l' activité photosynthétique de O. cf. acuminata
à différentes températures. Les données actu ellement disponibles concernent donc principalement
la relation éventuelle entre la température de l'eau
de mer et les c hangements de densité cellu lai re
au sein des communautés naturelles.
Yoshimatsu et al. (1983) ont observé pendant deux
ans l' occurrence de O. fortii dans la mer intérieure de Seto, au Japon. Ils ont observé que des
cellules de O. fortii, indécelables en hiver, apparaissent dès que la température de l'eau atteint
10,5 oc. La concentration cellulaire de O. fortii
augmente ensuite, en même temps que la température ; la concentration cellulaire maximale (5 x
10 3 cellules. l -
1
) a été enregistrée autour de 1819 oc. Alors que la température de l'eau de mer a
continué d'augmenter jusqu' à 26 °C, la densité de
O. fortii a, par contre, fortement diminué, à 22 oc
elle était descendue en dessous du seuil de détection (50 cellules. l- 1 ). O. fortii n' a toutefois pas disparu aux températures les plus élevées. Ozaka
(1985) a également noté que O. fortii est absent
en hiver et devient détectable dans la baie de Mutsu lorsque la température des eaux de surface
dépasse 8 oc; il a utilisé cette valeur comme signal
pour activer le système de surveill ance des effets
liés à l' intoxication de type DSP.
Dans la zone du détroit de Georgia au Canada,
Haigh et Taylor (1990) ont concl u à partir d' une
analyse de régression multiple que la température
de surface affecte positivement les quatre princ ipales espèces de Oinophysis présentes (0. acuminata, O. fortii, D. ovum, O. norvegica); la concentration cellulaire de ces espèces, notamment, augmente avec la température. Ces auteurs, cepen -
dant, n' indiquent pas de fourchette de températures favorables.
À proximité du bassin de Marennes-Oléron le
long de la côte atl antique française, Del mas et al.
(1992) ont observé à la profondeur de la thermocline une augmentation parallèle de la concentration des cellules de Oinophysis spp. : à la mi-avril,
