Il est intéressant de remarquer que dans des expériences simil aires de contamination sur moules
(lassus et al., 1993), mais avec une espèce produisant un nombre plus élevé de gonyautoxines :
A. tamarense, le seu il de salubrité n' était pas
atteint en 15 ou même 30 jours d' épuration pour
des tox ici tés in itial es vari ant de 300 à
2 300 IJg.équiv. STX.100 g- 1 .
Il est dès lors illusoire de vouloir établir, dans ce
cas précis, une relation linéaire: temps de décontamination/accroissement de la toxicité initiale. Il
semble en revanche possible, parce qu'A. minutum a un profil toxinique « pauvre » et que les biotransformations des toxines au cours de la décontamination ne font apparaître que tardivement des
proportions signifi catives de STX, toxine paralysante la plus toxique parce que la moins substituée,
d'établir cette relation pour des contaminations de
bivalves par cette espèce, dès lors que la toxicité
initiale reste inférieure à 400 IJg. STX. 1 00 g- 1 .
Pour ce qui concerne la bioaccumulation et l' élimination de toxines paralysantes par la coquille
Sai nt-Jacques (Pecten maximus), deux séries d'expériences ont été réalisées en statique (renouvellement de l'eau des bacs tous les jours) avec une
c ulture d'A. tamarense de toxicité global e très
supérieure à cell e d' A. minutum (7 200 ng.éq.
STX/1 0 6 cellules contre 500 ng éq. STX/1 0 6 cellules). Il était en effet plus facile, de ce fait, de
contrôler en C LHP-AI (mêmes conditions que
pour l' expérience précédente) l'accumulation et
l'épuration par organe, soit, en l'occurrence, la
glande digestive, le muscle adducteur, la gonade,
et, secondairement, les reins.
Ces essais avaient pour but, entre autres, de vérifier la possibilité d' un transfert de toxines au cours
Glande digestive
Muscle
Jours
A
8
A
0
885
2 620
5
6
464
1 621
1.7
13
184
692
1.2
20
424
828
1.6
Bioaccumulation
de l'épuration, de la glande digestive (habituellement la plus contaminée) vers d' autres tissus
exploités commercialement, comme le muscle et
la gonade. En effet, en 1990, des analyses effectuées sur des lots de coquilles congelés en provenance d'Asie (embargo sur 44 containers) avaient
révélé des teneurs en toxines PSP voisines ou
supérieures au seuil sanitai re (80 1Jg.1 00 g· 1 chair)
alors que les contrôles opérés avant expédition
sur les glandes digestives aboutissaient à une
innocu ité théorique des muscles et gonades.
Les cu ltures d' A. tamarense ont été réalisées dans
des conditions voisines de celles précédemment
décrites : eau de mer naturelle de salinité 30 o/ oo,
filtrée sur Millipore 0,22 IJm et enrichie en solution E. S. de Provasoli, température 16 oc et photopériode 12/ 12. L'algue non toxique choisie pour
l'épuration était également T. suecica.
Si l'on compare globalement les deux séries d' expériences, on constate évidemment des si mil itudes en ce qui concerne la glande d igestive et le
muscle. Ces deux types de tissu montrent au cours
de l'épuration, le même profil toxinique en pourcentages, soit respectivement : GTX4 > GTX1 >
GTX2 > GTX3 > NEO > STX et GTX2 > GTX3.
La d imi nuti on du nombre de toxi nes dans le
muscle s'accompagne d' une réduction considérable de la concentration toxinique (tabl. 2) soit
de 3 à 7 fois moins au bout de 20 jours, pour une
concentration en début d'épuration de l'ordre de
150 à 850 fo is plus faible que dans la glande
digestive (G D). Bien que les rapports en poids
humide muscle/glande digestive soient de
l'ordre de 14/2 (en grammes) et expliquent en partie les plus fortes concentrations trouvées dans
les GD, il est cla ir que le muscle accumule peu
ou pas les toxines paral ysantes et que les faibles
Gonade
Gonade
Reins
et reins
8
A
8
8
31
96
41
4 103
24
135
77
1 804
10
93
111
2 178
4
191
148
2 219
Tableau 2 - Concentrations totales en pg.éq. STX par 100 g de chair dans chaque type de tissu pour la première (A) et la deuxième
série d 'expériences (8), au cours des 20 jours d 'épuration par T. sues ica.
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