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Efflorescences toxiques des eaux côtières françaises :écologie, écophysiologie, toxicologie
En ce qui concerne le risque « santé humaine »
ce sont évidemment les phycotoxines bioaccumul ables dans les chaînes alimentaires marines
qui présentent le plus d' intérêt. À cet égard, la
situation du marc hé frança is des coquillages, de
1989 à 1994, n' a été concernée en priorité que
par les phycotoxines diarrhéiques (DSP) et, secondai rement, paralysante (PSP). Il éta it donc essentiel que dès 1990, des actions de recherche ayant
trait aux processus d'accumulation et d'épuration
de ces deux types de poisons par les bivalves
commerciaux soient engagés.
Les études ont porté préférentiellement sur :
- le biotransfert expérimenta l chez des poissons
herbi vores, de l'acide okadaïque (AO) produit par
des dinoflagel lés des Caraïbes et la rec herche
d' AO dans des poissons provenant de ces biotopes ciguatérigènes ;
- la physiologie alimentai re d'huîtres Crassostrea
gigas mises en présence de producteurs de PSP ;
- la bioaccumulation et l' épuration PSP de plusieurs espèces comestibl es de b ivalves en fonction des conditions expérimental es.
,
Etude expérimentale
du biotransfert de l'acide
okadaïque chez
des poissons herbivores
Les espèces phytoplanctoniques actuellement
connues comme productrices d' AO et de ses dérivés (les dinophysistoxines) sont regroupées chez
deux genres de dinoflagellés marins : Oinophysis
et Prorocentrum.
Le premier n'a fa it l' objet que de rares études
concernant sa tox ic ité in situ (Lee et al., 1989 ;
Cembella, 1989 ; Masselin et al., 1992) et sa toxic ité en culture n' est pas connue puisqu 'auc une
des espèces toxinogènes recensées (0. fortii,
O. acuta, O. acuminata, O. sacculus) n' a pu être
conservée sur milieux nutritifs.
Le second concern e excl usivement certaines
espèces benthiques et épiphytes des biotopes
coralliens, telles que P. lima, P. concavum, P. hoffmannianum, P. mac ulosum (Morton et Bomber,
1994 ; Hu et al., 1993 ; Zhou et Fritz, 1994).
Ces dernières sont généralement associées à
d' autres dinoflagellés toxiques impliqués dans le
syndrome ciguatérique sévissant dans plusieurs
zones tropicales (Tindall et al., 1984). Les plus
connues de ces espèces neurotoxiques sont Cambierdiscus toxicus, Ostreopsis siamensis et Coolia
monotis (Faust, 1995).
L' hypothèse d' une contamination de poissons carnivores en fin de chaîne alimentaire, à la fois par
I'AO et par les c iguatoxines, c'est-à-dire les deux
types de phycotoxines présents dans ces biotopes
particul iers, a été avancée par Gamboa et al. ,
1992, depuis la découverte d' AO dans un extrait
de chair de barracuda impliqué dans un épisode
ciguatérique à Puerto Ri co.
Une souche de P. concavum provenant de cette
zone s'est révélée productrice d' AO Ou ranovic et
al., 1993). Elle a été cultivée en masse à l' Université d'Ari zona dans des conditions optimales de
croissance et de production tox inique (25 °C, photopériode 14/ 10, salinité: 32 o/oo). Après 21 jours de
culture, les cellules sont concentrées par centrifugation, lyophilisées et mélangées ou non à la rat1 on
alimentaire de base de poissons herbivores tropicaux Oascillus trimaculatus (poisson demoiselle).
Trois groupes de poisso ns ont été observés en
aquarium, leurs régimes respectifs étant les suivants : ration de base (témoins), ration de base et
cellules de P. concavum dans un rapport 50/50,
cellules de P. concavum seules (1 00/0). En fin
d'expérience, régimes alimentaires, viscères, tétes
et chairs des poissons ont été séparés et extrai ts à
l'acétone, puis avec un mél ange méthanol/eau
(après lavage à l'hexane) et enfin au chloroforme.
La recherche de l' AO a ensuite été opérée par
CLH P-FL après dérivation à l'ADAM, selon la
méthode de Lee et al. (1987). Les rations alimentaires 50/50 et 100/0 renfermaient respectivement
une teneur en AO de 21,9 et 50,0 IJg pour 0,1 g
de nou rriture.
O n a pu ainsi estimer que les poissons des trois
groupes ava ient reçu respectivement 0 , 110 et
250 IJg d'AO tous les jours. Ce régime particulier
a eu pour effet un changement de comportement
des poissons ayant commencé à consommer
P. concavum : léthargie, perte de coul eur, refus
de nou rriture. Les taux de mortalité observés sont
plus importants pour le mélange 50/50 (44 % ) que
Efflorescences toxiques des eaux côtières françaises :écologie, écophysiologie, toxicologie
En ce qui concerne le risque « santé humaine »
ce sont évidemment les phycotoxines bioaccumul ables dans les chaînes alimentaires marines
qui présentent le plus d' intérêt. À cet égard, la
situation du marc hé frança is des coquillages, de
1989 à 1994, n' a été concernée en priorité que
par les phycotoxines diarrhéiques (DSP) et, secondai rement, paralysante (PSP). Il éta it donc essentiel que dès 1990, des actions de recherche ayant
trait aux processus d'accumulation et d'épuration
de ces deux types de poisons par les bivalves
commerciaux soient engagés.
Les études ont porté préférentiellement sur :
- le biotransfert expérimenta l chez des poissons
herbi vores, de l'acide okadaïque (AO) produit par
des dinoflagel lés des Caraïbes et la rec herche
d' AO dans des poissons provenant de ces biotopes ciguatérigènes ;
- la physiologie alimentai re d'huîtres Crassostrea
gigas mises en présence de producteurs de PSP ;
- la bioaccumulation et l' épuration PSP de plusieurs espèces comestibl es de b ivalves en fonction des conditions expérimental es.
,
Etude expérimentale
du biotransfert de l'acide
okadaïque chez
des poissons herbivores
Les espèces phytoplanctoniques actuellement
connues comme productrices d' AO et de ses dérivés (les dinophysistoxines) sont regroupées chez
deux genres de dinoflagellés marins : Oinophysis
et Prorocentrum.
Le premier n'a fa it l' objet que de rares études
concernant sa tox ic ité in situ (Lee et al., 1989 ;
Cembella, 1989 ; Masselin et al., 1992) et sa toxic ité en culture n' est pas connue puisqu 'auc une
des espèces toxinogènes recensées (0. fortii,
O. acuta, O. acuminata, O. sacculus) n' a pu être
conservée sur milieux nutritifs.
Le second concern e excl usivement certaines
espèces benthiques et épiphytes des biotopes
coralliens, telles que P. lima, P. concavum, P. hoffmannianum, P. mac ulosum (Morton et Bomber,
1994 ; Hu et al., 1993 ; Zhou et Fritz, 1994).
Ces dernières sont généralement associées à
d' autres dinoflagellés toxiques impliqués dans le
syndrome ciguatérique sévissant dans plusieurs
zones tropicales (Tindall et al., 1984). Les plus
connues de ces espèces neurotoxiques sont Cambierdiscus toxicus, Ostreopsis siamensis et Coolia
monotis (Faust, 1995).
L' hypothèse d' une contamination de poissons carnivores en fin de chaîne alimentaire, à la fois par
I'AO et par les c iguatoxines, c'est-à-dire les deux
types de phycotoxines présents dans ces biotopes
particul iers, a été avancée par Gamboa et al. ,
1992, depuis la découverte d' AO dans un extrait
de chair de barracuda impliqué dans un épisode
ciguatérique à Puerto Ri co.
Une souche de P. concavum provenant de cette
zone s'est révélée productrice d' AO Ou ranovic et
al., 1993). Elle a été cultivée en masse à l' Université d'Ari zona dans des conditions optimales de
croissance et de production tox inique (25 °C, photopériode 14/ 10, salinité: 32 o/oo). Après 21 jours de
culture, les cellules sont concentrées par centrifugation, lyophilisées et mélangées ou non à la rat1 on
alimentaire de base de poissons herbivores tropicaux Oascillus trimaculatus (poisson demoiselle).
Trois groupes de poisso ns ont été observés en
aquarium, leurs régimes respectifs étant les suivants : ration de base (témoins), ration de base et
cellules de P. concavum dans un rapport 50/50,
cellules de P. concavum seules (1 00/0). En fin
d'expérience, régimes alimentaires, viscères, tétes
et chairs des poissons ont été séparés et extrai ts à
l'acétone, puis avec un mél ange méthanol/eau
(après lavage à l'hexane) et enfin au chloroforme.
La recherche de l' AO a ensuite été opérée par
CLH P-FL après dérivation à l'ADAM, selon la
méthode de Lee et al. (1987). Les rations alimentaires 50/50 et 100/0 renfermaient respectivement
une teneur en AO de 21,9 et 50,0 IJg pour 0,1 g
de nou rriture.
O n a pu ainsi estimer que les poissons des trois
groupes ava ient reçu respectivement 0 , 110 et
250 IJg d'AO tous les jours. Ce régime particulier
a eu pour effet un changement de comportement
des poissons ayant commencé à consommer
P. concavum : léthargie, perte de coul eur, refus
de nou rriture. Les taux de mortalité observés sont
plus importants pour le mélange 50/50 (44 % ) que
