Bioaccumulation
BIOACCUMULATION
Patrick Lassus (1 ), Jean-Marc Frémy (2), Patrick Bourdeau (3),
Douglas L. Park (4), Simone Puiseux-Dao (5), Jean-Paul Vernoux (6)
(1) IFREMER, Centre de Nantes, laboratoire DEL/PN, BP 21105,44311 Nantes Cedex 03, France
(2) CNEVA/LCHA, 43 rue de Dantzig, 75015 Paris, France
(3) ENV, laboratoire de Parasitologie appliquée, CP 3013, 44087 Nantes Cedex 03, France
(4) Department of Nutritional Sciences, University of Arizona, Tucson 84721, USA
(5) Université de Paris VIl, Laboratoire de Toxicologie, 2 place Jussieu, 75251 Paris, France
(6) Université de Caen, Laboratoire de Physiologie Cellulaire et Moléculaire,
Esplanade de la Paix, 14032 Caen Cedex, France
Résumé
Les possibilités d'accumulation de l'acide okadaïque dans les poissons subtropicaux et, les caractéristiques des processus d'accumulation/épuration des toxines paralysantes dans les bivalves
commerciaux ont été étudiées. La contamination
directe d' un poisson herbivore, Dascillus trimacu/atu s par Prorocen trum lima, n'a pas permis de
mesurer une bioaccumu lation significative, même
pour une dose journalière de 250 IJg AO dans les
aliments. Les analyses CLHP réalisées sur des
extra its de plusieurs poissons provenant de zones
ciguatériques n'ont pas, non plus, permis de déceler une accumulation significative de I'AO, bien
que plusieurs dinoflagellés endémiques de ces
zones se soient révélés toxiques sur souris et sur
cultures cellulaires.
Pour ce qui est des toxines paralysantes (PSP), les
études écophysiologiques sur l' huître creuse (Crassostrea gigas) ont confirmé la sensibilité de ce
bivalve à la souche toxique utilisée (Aiexandrium
tamarense). La contamination expérimentale de
coquilles Saint-Jacques avec la même souche
révèle le rôle important, au cours de la phase
d'épuration, des organes d'élimination (reins) dans
la rétention prolongée des toxines à des concentrations élevées (2 200 IJg.eq. STX/1 00 g chair).
Enfin, des essais de contamination/décontamination de moules (Mytilus edulis) et palourdes (Ruditapes philippinarum) avec une espèce faiblement
toxique (A. minutum) ont montré que 1 00 cellules.ml-1 suffisaient à entraîner une toxicité supérieure au seuil de consommabilité en 5 à 10 jours,
tandis qu ' une toxine peu ou pas présente dans
l'algue, la saxitoxine, s' accumule dans les tissus
des moules au cours de l'épuration . L'augmentation de la densité d'algues non toxiques au cours
de l'épuration paraît un moyen efficace de ra ccourcir les délais de détoxification.
1 ntroduction
Un certain nombre de phycotoxines ont un effet
direct sur le milieu extracellu laire, soit parce
qu'elles sont évacuées des cellules productrices,
soit en raison d'effets toxiques « par contact ».
C'est le cas de plusieurs ichthyotoxines dont la
nocivité s'exprime davantage en terme de risque
pour les ressources marines vivantes qu'en terme
d'effet toxique sur le consommateur. Il ne faut
cependant pas perdre de vue que des études
récentes tendent à mettre en évidence un double
effet (toxicité directe et bioaccumulation dans la
chair de bivalves ou de poissons) pour des toxines
du type de celles produites par Gymnodinium
breve et Chrysochromulina po/y/epis (Pierce,
1987 ; Baden et al., 1984 ; Aune et al., 1991 ; Stabell et al., 1993).
Mots-clés: acide okadaïque, toxines paralysantes, bioaccumulation, épuration biologique, Dascil/us trimaculatus, Crassostrea gigas,
Mytilus edu/is, Pecten maximus, Ruditapes phi/ippinarum, Prorocentrum concavum, Alexandrium spp.
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