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f((/orescences roxiques des eaux côrières françaises : écologie, écophysiologie, roxrcologie
Il reste cependant à préciser certain s aspects,
notamment les facteurs physiques ou chimiques,
qui , à l' interface (front, thermocline ou panache),
permettent le développement et/ou l' accumul ation de Dinophysis spp, mais aussi l' impact du
broutage sur le déroulement de la floraison, les
mécanismes responsables du déclin ou de la dispersion de l'efflorescence.
Des ca mpagnes pluridisci plinaires ont débuté
pour étudier la dynamique des efflorescences à
Dinophysisdans cette région et seront poursuivies
pendant 2 ou 3 années. En effet la variabilité interannuelle très importante dans l' ampleur des floraisons nécessite des études portant sur plusieurs
années.
• En ce qui concerne Cymnodinium cf. nagasakiense, espèce ichtyotoxique, les résultats obtenus
sont importants :
-i l a été montré l'existence d' une sous-population
de « petites cel lules » à taux de multipli cation
rapide et suggéré que ce mécanisme pourrait
contribuer dans une large mesure au développement de l' efflorescence;
-sur le front d' Iroise, le rôle capital de la thermocl ine, et celui d' une régénération rapide de l'azote
à partir de la matière organique dans le développement de cette espèce ont été prouvés ;
- le rôle régulateur d'exotoxines (de nature lipidique) vis-à-vis des compétiteurs et des brouteurs
a été mis en évidence. Ces toxines ont été identifiées comme étant un ac ide gras insaturé en C18 :
5ro3 et un glycolipide. Les facteurs du milieu
infl uant sur cette tox icogénèse ont éga lement été
étudiés;
- il a été montré que le contrôle des populations
de ce dinoflagellé par le broutage des copépodes
n'est pas très efficace.
Enfin l'étude de deux autres processus vient tout
juste d'être abordée et nécessite donc d'être poursu ivie :
- Les modifications rhéologiques de l'eau de mer
par suite de sécrétions de polymères par C. cf.
nagasakiense, et leur conséquence sur les populati ons de poissons ;
- Les interaction s à mi cro-échelle de ces organismes toxiques (vitesses de déplacement, taux de
collision dans un milieu à faible turbul ence).
Influence de la turbulence dans le taux de collision entre particules, pouvant conduire à la floculation de l'efflorescence et à sa sédimentation.
Ce genre d'études, à savoir l' impact d' exotoxines
et des modifications rhéolog iques du milieu sur
divers organismes, devrait être étendu à d'autres
espèces algales produisant des substances similaires, et qu i ont été trouvées le long des côtes de
France.
• Un des points positifs du programme est d' avoir
développé un inventaire et une surveill ance le
long du littoral français, d'espèces de toxici té
douteuse ou reconn ue, n' appartenant pas à la
classe des dinofl agellés.
L'observation de plusieurs espèces appartenant
aux genres Chrysochromulina, Fibrocapsa, Heterosigma (avec une efflorescence toxique en 1994)
a confirmé l' importance de cette opération.
Étant donné l' importance des cultures marines le
long des côtes françaises, une surveillance des
espèces autres que les dinoflagellés est plus que
jamais nécessaire. Les espèces Pseudonitzschia
potentiellement to xiques devront dans le futur
être introduites dans l' inventaire.
• Enfin, un autre point important est la mise en
évidence de la toxicité de différents clones de Prorocentrum minimum, dinoflagell é connu pour
form er des eaux rou ges dans les zones estuari ennes. Des études compl émentaires sont en
cours pour tenter d'élucider la nature ch imique
et le mode d' action de ces toxines. Cette espèce
ne figure plus parmi les espèces cibles prioritaires
du programme depuis 1991 .
La confirmation de l' existence de certains clones
toxiques, directement ou par la microflore bactérienne qui les accompagne, et l'apparition de plus
en plus fréquente de floraisons exceptionnelles de
cette espèce devrait inc iter le PNEAT à reconsidérer les études sur P. minimum parmi les priorités du programme ; en particulier une étude chronologique de la dynamique d ' un bloom serait
souhaitable.
Bien que la ciguatera soit un syndrome touchant
chaque année près de 50 000 personnes, et que
la France par ses départements et ses territoires
d'outre-mer ne soit pas épargnée, le PNEAT n' a
pas pris en compte les espèces assoc iées à la
ciguatera. A l' inverse des aspects toxicologiques
(épidémiologie, chim ie des toxines, tests de dépistage), les aspects biologiques et écologiques liés
à ce syndrome ont reçu peu d' attention de par le
monde. Aucun programme français ou même
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