Efflorescences
Résumé
Brigitte Berland
CNRS, Centre d' O céanologie de Marseille, Station Marine d'Endoume,
Rue de la Batterie des Lions, 13007 Marseille, france
Malgré le nombre restreint de chercheurs impliqués dans le Programme National Efflorescences et
la difficulté à appréhender sur le terrain des phénomènes aussi fugaces que les efflorescences, des
résultats conséquents ont été obtenus.
• Dès 1991 , un document de synthèse sur les
organismes provoquant des nuisances le long des
côtes françaises a été publié. Il passe en revue
divers aspects : morphologie, cytologie, physiologie, biochimie, répartition, exigences écologiques
et conditions d' apparition en mer, toxicité, nuisances et prévention. Ceci a permis de dégager des
priorités pour la su ite du programme.
• L'espèce productrice de neurotoxines, Alexandrium minutum, présente dans les abers bretons,
a été mise en cu lture. Ceci a permis d'en fai re
une description morphologique détaillée, d'en
connaître le spectre toxinique et de déterminer
certaines caractéristiques écophysiologiques.
La recherche de kystes dans les sédiments a fait
ressortir les zones à risq ues le long des côtes bretonnes et à montré l' importance des processus
d' enkystement/désenkystement liés au transport
sédimentaire, dans la dynamique des efflorescences de cette algue. Un suivi des stades pélagiques a été effectué en baie de Morlaix de 1989
à 1994. Les résultats confrontés à des données
d' ordre climatique ont permis de mettre en évidence le rôl e du débit fluvial, celui de l'ensoleillement, et de proposer un schéma explicatif
permettant une prédiction des efflorescences.
Celui-ci demande toutefois à être vérifié par une
étude chronologique de l'événement « efflorescence » et ce de manière pluridisciplinaire.
Le nombre d'équipes investies dans cette problématique reste cependant trop restreint face à l'importance et l' extension préoccupantes de cette
espèce le long des côtes françaises.
• Malgré des essais nombreux, des cultures permanentes de Dinophysis spp. ne sont toujours pas
obtenues. Si certains aspects physiologiques ou
biologiques peuvent être appréhendés par des
mesures ou des expérimentations in situ, d' autres,
en parti culier les voies métaboliques de synthèse
des toxines, les cinétiques de production, de
même que certains aspects du cycle biologique,
ne pourront l' être qu 'en établissant des cultures
viables. Cependant ces essais, ainsi que des
observations sur des populations naturelles,
auront permis de montrer que ces organismes, qui
possèdent des c hloroplastes fonctionnels mais
atypiques d' un point de vue structure et composition pigmentaire, sont vraisemblablement mixotrophes. Pour la première fois des kystes ont été
décrits chez ce genre, ainsi que l' existence de
stades biologiques (cellules de petite taille) au rôle
inconnu. La diagnose des espèces de Dinophysis
impliquées le long des côtes françaises dans les
intoxications diarrhéiques a été effectuée. Il s' avère qu'elles appartiennent à un groupe taxinomique de morphologie peu stable. Dans ce cas,
l' emploi d' outils moléculaires spécifiques semble
une nécessité et doit être développé. Une sonde
nucléique spécifique de Dinophysis cf. acuminata a été obtenue, qui permettra la détection de cette espèce dans une population naturelle à partir
de densités faibles (30 cell.l- 1 ).
Un certain nombre de points importants ont été
acquis concern ant la dynamique des efflorescences de Dinophysis, en particulier le rôle de la
stratification sur l'abondance et la distribution verticale de Dinophysis spp. et le transport des cellules du large vers le littoral avec le régime des
marées dans les pertuis charentais. Ce schéma
n'est cependant pas généralisable sur l'ensemble
des côtes françaises. En effet pour le site d' Antifer,
où les concentrations de cellules rencontrées généralement au début de l'été, dans des eaux stables,
sont à peu près 10 fois plus élevées que celles trouvées sur d'autres sites de l' hexagone, il semble
que l'extension du panache de la Seine, influencé
par l' hydrodynamisme local et les vents dominants
de secteurs 5/SW, soit le facteur explicatif de cette
accumulation.
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